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Dossier UA-UE : La jeunesse au cœur des débats

ENCADRE

Trois mesures pour lutter contre l’immigration clandestine

Toute la semaine et jusqu’à la fin des travaux, le jeudi 30 novembre, qui ont donné lieu à l’adoption d’une déclaration finale et d’une autre sur la Libye ayant fait l’objet de nombreux «amendements», notamment en ce qui concerne le gel des avoirs de Libyens soupçonnés de se livrer au trafic d’êtres humains, le sommet UA-UE d’Abidjan a résonné d’une indignation généralisée. Après le scandale né de la diffusion d’images de la chaîne américaine CNN d’un marché aux esclaves en Libye, toutes les délégations se sont fendues d’une déclaration dénonçant ces pratiques d’un autre âge.

Du coup, la lutte contre l’immigration clandestine s’est imposée comme le thème majeur de cette 5e rencontre au sommet UA-UE donnant lieu à trois décisions majeures qui ne devaient pas tarder à être appliquées.

À l’issue d’une réunion d’urgence avec neuf pays dont le G5, Emmanuel Macron a annoncé que celles-ci visaient, en premier lieu, à développer une coopération étroite au moyen d’une task force (« force d’intervention ») opérationnelle associant les services de police et d’intelligence dans le but de démanteler les réseaux et leur financement.

Pour le président français, les « trafiquants d’êtres humains » sont « profondément liés aux trafiquants d’armes, de drogue et aux mouvements terroristes qui opèrent dans toute la bande sahélo-sahélienne ».

Cette force d’intervention n’aura, toutefois, pas vocation à « intervenir sur le sol libyen ». Pas plus qu’il ne s’agira d’envisager une nouvelle action militaire, mais au contraire contribuer au « renforcement d’une coopération internationale préexistante », en vue d’obtenir davantage de résultats sur le sujet de la traite des êtres humains en Libye.

Secourir d’urgence

Toujours selon Emmanuel Macron, la deuxième décision vise à mener des « opérations d’évacuation d’urgence dans les prochains jours ou semaines » de ces migrants clandestins bloqués en Libye.

Lors de la conférence de presse finale, le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, a confirmé qu’une première vague de rapatriements d’urgence concernant quelque 3 800 migrants africains en Libye aurait lieu « prochainement » grâce notamment à la «mobilisation d’avions marocains soutenus par l’UE».

Majoritairement issus d’Afrique de l’Ouest, ces migrants ont été recensés dans un camp près de Tripoli par la commissaire en charge des affaires sociales de l’UA dépêchée sur place. Or, « il ne s’agit que d’un seul camp », a souligné Moussa Faki, indiquant que « le gouvernement libyen nous a dit qu’il y en avait 42. Certainement qu’il y en a plus que cela… ».

Entre 400 000 et 700 000 migrants africains vivent actuellement en Libye « dans des conditions inhumaines », a-t-il ajouté. « Il nous faut d’abord secourir d’urgence ceux qui sont dans cette situation et réfléchir ensemble, Libye, Union européenne, Union africaine, ONU, pour trouver des solutions plus pérennes à cette question de la migration ».

À ce propos – et c’est la troisième décision majeure du sommet d’Abidjan sur cette question –, il a annoncé la création d’une commission d’enquête de l’Union africaine sur le sujet qui aura pour but, entre autres, de proposer aux pays africains des pistes de communication à destination de leur jeunesse afin de décourager les départs clandestins. « Ce sommet doit être le point de départ d’une action résolue contre cette tragédie » de l’immigration clandestine et de ses conséquences, a martelé le président de la Commission de l’UA.

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Offensive des parlementaires à Abidjan

À l’occasion du 5e Sommet UA-UE d’Abidjan, les parlementaires panafricains et européens ont posé les bases d’un « partenariat égalitaire », réclamé depuis longtemps par les Africains. Depuis de nombreux mois, le Parlement européen travaille d’arrache-pied pour essayer d’apporter la voix des Européens dans les pourparlers afin que ceux-ci ne se limitent pas à une rencontre entre chefs d’État et de gouvernement.

À l’issue du pré-sommet des 27 et 28 novembre à Abidjan, les délégations du Parlement européen et du Parlement panafricain ont donc soumis aux chefs d’État et de gouvernements présents à Abidjan onze recommandations.

Tout en se rattachant aux Objectifs de développement durable tels que définis par les Nations unies, ces recommandations témoignent de la nécessité de veiller à ce que les accords soient « bénéfiques en priorité aux personnes ».

Les débats ayant précédé l’adoption du texte ont également mis en évidence la détermination de certains élus européens à « tourner la page de la domination », notamment dans les termes de l’échange. Une domination que les Africains récusent de plus en plus.

Approfondir la coopération

Aujourd’hui, l’Europe compte une prépondérance de gouvernements libéraux parmi ses 28 États membres. Cette orientation idéologique se ressent dans les options qui apparaissent dans les discussions lors des sommets eurafricains. L’Europe demande un changement dans le sens d’une plus grande orientation vers « l’utilité populaire et non élitiste des accords, des conventions et des financements », précise ce texte.

La résolution adoptée en un temps record par le Parlement européen « affirme » et « oriente » les relations avec l’Afrique « dans le sens d’une plus grande parité et d’une plus grande égalité », plaident ses défenseurs.

Selon un sondage, 55 % des parlementaires se déclarent satisfaits de la coopération bilatérale, 81 % voudraient que cette coopération soit approfondie et 7 % réclament plus de « codécision » dans le sens du Traité de Lisbonne.

Selon l’Institut Prospective & Sécurité en Europe, qui a réalisé ce sondage auprès de parlementaires européens, le chiffre « très satisfaisant » de réponses, 487 en une semaine, montre un net engouement pour l’Afrique de la part des élus. « La prochaine étape consistera à sonder les parlements africains sur ce qu’ils attendent de la coopération avec l’Europe. », précise Emmanuel Dupuy, de l’IPSE.

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