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Dossier UA-UE : La jeunesse au cœur des débats

Cette « commu­nication conjointe » rendue publique début mai 2017 par Bruxelles a servi de base à la feuille de route du sommet. La Commission de l’UA l’a validée, « dans les grandes lignes », parce qu’elle l’a jugée « compatible » avec les objectifs de son Agenda 2063.

Un « pas dans la bonne direction », selon la plupart des spécialistes, car faute de sujets permettant un large consensus comme la jeunesse, l’UA se retrouve marginalisée dans les négociations du fait d’une intégration insuffisante entre ses États membres.

Alors qu’en face, malgré les divisions sur l’évolution à donner au parte­nariat avec les pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) après l’expiration des accords de Cotonou en 2020, les Européens ont été capables de se rassembler lorsque l’UE a sorti son document cadre sur les APE en 2016. Comme cela avait d’ailleurs déjà été le cas à La Valette, en novembre 2015, sur le dossier migratoire…

Parler d’une même voix

Tant que le financement de l’UA sera assuré par les contributions extérieures, à commencer par celle de l’UE, l’idée d’un partenariat d’égal à égal risque de demeu­rer une « vue de l’esprit ». Et ce n’est pas la nouvelle dénomination d’un sommet « UA-UE » désormais organisé entre deux structures institutionnelles comparables, au lieu d’une rencontre « UE-Afrique » avant que le Maroc ne rejoigne le giron de l’UA, qui va mettre un terme à cette asymétrie.

À Abidjan, comme auparavant au Caire, à Lisbonne, à Tripoli et à Bruxelles, « l’UA va venir avec une liste de courses qu’elle va demander à l’UE de financer et cette dernière risque d’en profiter pour imposer un agenda sur lequel les pays afri­cains n’auront aucune prise », selon la spécia­liste de l’International Crisis Group (ICG), Elissa Jobson. La controverse sur le coût réel du sommet d’Abidjan, 20 millions d’euros  selon des informations de presse ivoiriennes, dont huit octroyés par la France, semble lui donner raison.

Et ce ne sont pas les affirmations répé­tées du Président en exercice de l’UA, Alpha Condé, selon qui « l’Union africaine parle désormais de la même voix ! », qui vont faire oublier les questions qui fâchent sur le continent ; parmi elles, la présence du Front Polisario et de représentants de la République Sahraouie dans les allées du sommet ou bien encore l’absence d’un ambassadeur de l’organisation panafricaine à Bruxelles, sur le modèle de celui envoyé par l’UE à Addis- Abeba depuis juin 2016.

La jeunesse se fait entendre

Reste la forte mobilisation des jeunes qui ont réussi à faire passer diverses revendica­tions, lors du Sommet. D’autant qu’ils sont venus bien préparés. Comme à chaque édition, de nombreuses manifestations ont été organi­sées en parallèle.

Si le Forum de la société civile s’est tenu à Tunis, du 11 au 13 juillet, tous les autres rendez-vous ont eu lieu à Abidjan. Et, notamment, le 4e Forum de la jeunesse, riche de centaines de représentants venus de toute l’Afrique ; celui des acteurs économiques et sociaux, du 16 au 17 novembre et le 6e Forum des affaires ainsi que le sommet parlementaire, également très suivis.

Pour sa part, le président du Conseil européen, Donald Tusk, s’est réjoui que ces jeunes aient apporté « un dynamisme aux discussions », tandis qu’Alpha Condé s’est félicité que toutes les « questions délicates » liées à l’obtention des visas ou à l’immigra­tion y compris celle résultant des change­ments climatiques aient pu être abordées franchement.

Le président de la Guinée a également salué les efforts financiers consen­tis par la Commission européenne dont le président, Jean-Claude Juncker, a confirmé que 3,2 milliards de dollars additionnels allaient être débloqués pour « trouver des solu­tions immédiates à l’émigration clandestine des jeunes » en plus des 44 milliards du Plan d’investissement extérieur destinés à créer les conditions nécessaires pour que l’Afrique se développe «structurellement».

Le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, a rappelé l’urgence d’une coopération accrue incluant les agences spécialisées des Nations unies comme l’Organisation internationale des migrations (OIM), « pour s’attaquer aux causes profondes de l’immigration et traiter les migrants avec le respect qu’ils méritent ». Concernant l’UA, il a annoncé un Pacte sur la migration régulière et légale et un Pacte sur les réfugiés que les chefs d’État et de gouver­nement devront adopter dès 2018.

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