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Dossier : Système bancaire en Tunisie

Cependant, et tout en saluant « l’adoption d’une législation essentielle concernant le secteur bancaire », le FMI, le principal bailleur de fonds de la Tunisie, estime, dans l’un de ses récents rapports, que « des mesures supplémentaires sont nécessaires pour restructurer les banques publiques et renforcer le cadre de résolution et de supervision bancaires ». L’organisme interna­tional préconise, à cet effet, le développement des bureaux de crédits et le déplafonnement des taux des prêts pour permettre d’élargir l’accès aux financements et mieux contribuer ainsi au financement de l’économie. 

ENCADRE

Un bon cru 2016

Selon les statistiques de la BCT, les concours des banques tunisiennes à l’économie se sont accrus en 2016 de 9,6 % grâce à la progression des crédits aux particuliers et des crédits de court terme accordés aux professionnels. Mais cet accroissement doit beaucoup à une opération ponctuelle : le financement bancaire de l’acquisition de la licence 4G par les opérateurs téléphoniques (Tunisie Telecom, Ooredoo Tunisie et Orange Tunisie).

Les dépôts ont également augmenté en 2016. Dans une étude consacrée au secteur, l’intermédiaire en Bourse MAC SA relève, particulièrement, une accélération de l’épargne des ménages notamment dans les comptes spéciaux d’épargne et estime que « cette évolution pourrait refléter un comportement de reconstitution de l’épargne après les augmentations salariales enregistrées au début de l’année 2016 ».

Cette évolution des dépôts de 8,6 % en 2016 contre seulement 3,3 % en 2015 est le fruit d’une intensification de l’effort de collecte par les banques. Le rythme de croissance des crédits a doublé en 2016 comparé à 2015. L’ensemble des crédits accordés à la clientèle par les banques cotées a augmenté de 9,6 % en 2016 contre 4,8 % en 2015.

Dans un contexte de relèvement des taux, les banques ont, également, intensifié leur activité placement. En effet, les taux obligataires sont en hausse appréciable par rapport au TMM depuis 2015, avec à titre d’illustration un rendement sur le BTA 10 ans qui est passé de 6,543 % à fin 2014 à 7,275 % actuellement.

L’investissement dans les bons du Trésor, considérés comme étant des « actifs liquides de niveau 1», permet aussi aux banques d’améliorer leur ratio de liquidité.

L’année 2016 a été marquée par l’augmentation à deux chiffres (12,8 %) du produit net bancaire (PNB) après une année 2015 plutôt atone (+6,5 %). Cette accélération a été entraînée principalement par la marge sur commissions plutôt que par les revenus de placement, estime encore MAC SA.

L’intermédiaire en Bourse fait remarquer que, malgré le contexte monétaire tendu et le manque de liquidité, les revenus du portefeuille continuent de progresser à un rythme soutenu.

Seul bémol dans ce tableau, cette croissance de l’activité a accéléré la hausse des charges opératoires, altérant légèrement le coefficient d’exploitation moyen du secteur qui s’est retrouvé à fin 2016 à 47,3 % contre 46,6 % en 2015.

Parmi les signes rassurants quant à la capacité de résilience du secteur bancaire, malgré ses problèmes structurels et une conjoncture économique encore difficile, on remarque que la majorité des banques cotées sur la Bourse de Tunis a fini l’année 2016 en territoire positif.

Pour celles-ci, les activités d’intermédiation et de placement se sont nettement améliorées par rapport à 2015. Ce qui, au niveau de l’exploitation, a permis au PNB de retrouver des niveaux de croissance à deux chiffres en 2016 et à l’efficacité opérationnelle de s’améliorer.

Suite aux programmes d’assainissement intense mis en route depuis 2013, le renforcement du cadre réglementaire, la recapitalisation des deux banques publiques (STB et BH), le secteur semble mieux se comporter malgré un contexte économique fébrile, un climat d’investissement encore indécis et une liquidité serrée poussant à une concurrence rude entre les banques.

« L’année 2017 sera, à cet égard, une année charnière pour les banques, qui devraient mettre en place, d’ici la fin de l’année, un système de notation lors de l’octroi de crédits, pour se conformer aux normes de Bâle II, comme préconisé par la nouvelle circulaire 2016-06 adressée par la BCT aux banques et aux établissements de crédit », poursuit MAC SA.

« Les banques devront mettre en place des règles rigoureuses en matière d’octroi de crédits qu’ils soient aux particuliers, aux entreprises, aux banques… Ces règles prudentielles permettront ainsi aux banques de réduire les risques d’insolvabilité et de créances raccrochées », ajoute l’intermédiaire en Bourse qui admet, cependant, que les banques tunisiennes ne sont pas toutes bien loties pour répondre à cet impératif de bonne gestion.

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