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Dossier : Le made in Sénégal qui s’exporte

Éducation

Partenariat pédagogique entre ISM et Galileo

La première Business School d’Afrique de l’Ouest, ISM (Institut supérieur de management), s’allie au groupe Galileo. Un partenariat placé sous le signe de l’ouverture au monde. Pour mieux s’inscrire dans le développement du continent africain.

Par Guillaume Weill-Raynal, envoyé spécial à Dakar

L’aventure a commencé il y a 25 ans. « Lorsque nous avons créé l’ISM en 1992, nous étions sept copains », raconte Amadou Diaw, son président-fonda­teur. Tout est parti d’un simple constat, celui de l’absence de toute école de management digne de ce nom dans l’enseignement public au Séné­gal.

À l’époque, Amadou et ses amis terminent leurs cursus en France. « J’y avais fait ma forma­tion en économie. Je me suis par la suite spécialisé en contrôle de gestion». Un parcours qui, au-delà de la formation professionnelle, leur permet aussi de s’ouvrir au monde. « Sur ces campus internationaux, j’avais appris à connaître l’autre, à me frotter à d’autres cultures. Je m’étais dit qu’il fallait recréer cela dans un contexte africain».

Sans aides ni subventions, les sept fondateurs mettent chacun la main à la poche pour financer le démarrage de leur école. Un Bachelor en mana­gement est créé, destiné aux élèves du secon­daire, puis un MBA pour ceux de l’enseigne­ment supérieur.

Les méthodes sont innovantes, fondées sur l’empathie et l’écoute des élèves, de leurs besoins et de leurs attentes. Les partena­riats se nouent avec des universités étrangères, en Europe, et même en Asie. Des accréditations internationales des diplômes délivrés par l’ISM viennent consacrer la reconnaissance de la qualité de l’enseignement dispensé.

En 2002, la barre des 5 000 diplômés est franchie. ISM crée de nouvelles filières, ajoutant à celui du management des cursus d’entrepre­neuriat, de droit des affaires, de marketing et de communication, d’ingénierie et de technolo­gies.

Aujourd’hui, le campus de l’école compte 8 000 étudiants de 30 nationalités différentes. De nombreux partenariats sont noués avec des universités étrangères, qui permettent l’échange – dans les deux sens – d’une centaine d’étudiants chaque année.

En 25 ans, 20 000 étudiants ont été formés, dont 2 000 boursiers. Ceux qui peuvent assumer leurs frais de scolarité ne viennent pas, pour la plupart, de la « jeunesse dorée ». Si le coût annuel de la scolarité est modeste (1 500 euros) les familles ne parviennent parfois à l’acquitter que grâce au soutien d’un frère ou d’un cousin expatrié en Europe.

Des valeurs partagées

Pourtant, l’ISM demande encore à se déve­lopper et entend faire de son 25e anniversaire une nouvelle étape, car de nombreux défis restent à relever. Chaque année, 11 millions de jeunes arrivent sur le marché de l’emploi en Afrique subsaharienne.

Ils seront 450 millions dans les prochaines années, alors que le rythme actuel de la croissance africaine ne permet d’espérer que la création de 250 millions d’emplois, et que la moyenne africaine d’accès à l’enseignement supérieur n’est aujourd’hui que de 8 % de la popu­lation, contre 32 % dans le reste du monde.

En 2016, de nombreux contacts avaient été noués avec d’éven­tuels partenaires. Et puis, tout est allé très vite. En septembre, Amadou Diaw rencontre Marc-François Mignot, président de Galileo France, membre du groupe Galileo Global Education, troisième opérateur mondial, possédant 50 écoles répar­ties en Europe, Asie et Amérique latine, adossé à Providence Equity, un fonds d’investissement leader mondial dans les secteurs des médias, de la communication, de la formation et de l’éducation.

En quelques semaines, l’accord est scellé : Galileo ne fera pas qu’apporter une aide financière, mais souhaite accompagner ISM dans tous les aspects de sa mutation.

Un mariage noué autour des valeurs que partagent les deux parties, notamment celles qui s’articulent autour de la transdisciplinarité : la maîtrise des techniques du marketing passe par celles du design, et la formation d’un mana­ger suppose une appréhension de la dimen­sion humaine et émotionnelle et l’entreprise.

« Former des scientifiques amoureux des lettres et des arts, et des littéraires curieux des sciences et des technologies », pour aider l’Afrique, à l’heure du village global, à s’ouvrir au reste du monde.

 Les ambitions d’un leader africain

« J’ai été bluffé par la qualité pédagogique d’ISM », reconnaît Marc-François Mignot. Les étudiants rencontrés avaient tous une envie de savoir, et au-delà de leur future carrière, portaient déjà en eux une vision des enjeux du monde de demain.

Après deux ou trois années d’études, tous ont renoncé à leur envie initiale de partir travailler en Europe ou aux États-Unis et ne rêvent plus désormais que de rester en Afrique, pour participer au développement du continent.

Concrètement, et dans un premier temps, Galileo financera la construction d’un nouveau campus, pour un budget qui devrait osciller entre 3 et 6 milliards de F.CFA (4,6 à 9,1 millions d’euros), afin de mettre les moyens technologiques les plus modernes au service des ambitions pédagogiques du projet des années à venir : « Se donner les moyens de la seconde étape. L’ISM a mis 25 ans à devenir le phare du Sénégal. Les 25 prochaines années en feront un acteur leader en Afrique ».

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