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Dossier : Le made in Sénégal qui s’exporte

Atos Sénégal

L’innovation à l’africaine

Le Sénégal a très tôt misé sur les TIC et particulièrement sur les infrastruc­tures de communication, consentant d’importants investissements pour accroître ses capacités et moderniser son réseau.

Résultats : une numérisation à 100 % de son réseau de télécommunications avec une boucle de 3 000 km de fibre optique à travers tout le territoire. Le haut débit est, aujourd’hui, présent dans toutes les capitales régionales.

Le taux de pénétration de la télé­phonie mobile atteignait 116 % au 30 juin 2016 et celui des services internet 57,88 %. Ce qui place le pays de la Téranga en tête des pays africains pour les connexions.

Pole position

Avec 10 % du PIB réalisé dans les TIC et les télé-services, en plus de ressources humaines de qualité, le Sénégal dispose donc d’avantages concurrentiels indéniables, parmi lesquels : des infrastructures modernes, un écosystème de plus de 300 entreprises, un secteur privé organisé (par l’association professionnelle Optic), des incubateurs et accélérateurs de croissance, un pôle d’enseignement supé­rieur sous régional, le soutien de l’état et des bailleurs qui se traduit, entre autres, par la construction du parc des technologies numé­riques de Diamniadio.

Autant d’avantages qui ont attiré de très grands noms de l’industrie informatique et du commerce électronique ayant très tôt fait la démarche de venir s’ins­taller au Sénégal, parmi lesquels le français Atos.

Aujourd’hui présent dans neuf pays africains, Atos réalise un chiffre d’affaires annuel de 12 milliards d’euros et emploie quelque 100 000 collaborateurs dans 72 pays. Dirigé par Thierry Breton, Atos a choisi d’installer un centre de développement dans la capitale sénégalaise, le premier en Afrique subsaharienne.

« Mon ambition est de faire en sorte que le Sénégal devienne un exportateur de services informatiques à l’image de l’Inde », avait déclaré en 2015 l’ancien ministre fran­çais de l’Économie.

Dès le départ, il a donc prévu d’installer une plateforme technolo­gique dans la nouvelle ville numérique de Diamniadio, susceptible de générer « la créa­tion de plus de 2 000 emplois d’ici à trois ans ».

Au siège administratif d’Atos Sénégal, Mour Seck, un ingénieur informaticien, est aux commandes. Ce polytechnicien confirme que le déménagement à Diamniadio, où un hub de 25 hectares doit être créé à 40 kilo­mètres de Dakar, est toujours d’actualité : « Les travaux visant à doter la technopole d’infrastructures télécoms modernes ainsi que de centres d’hébergement de données et de formation technologique avancent bien et nous devrions être en mesure de déménager notre siège d’ici à 2019. »

En attendant, la filiale sénégalaise du géant français a officiellement inauguré le 23 juin 2016 son Centre de services numériques pour l’Afrique de l’Ouest, en présence de Macky Sall. D’emblée il a été prévu que l’effectif de 250 personnes qui y est actif depuis 2014 sera porté à 400 en 2017.

Quelque 2 000 ingénieurs doivent, à terme, y travailler. « Ce qui est une prévision revue à la hausse compte tenu de la forte demande », précise Mour Seck, En activité depuis décembre 2014, le centre a pour ambition de rayonner en Afrique de l’Ouest et à l’international depuis son implan­tation dakaroise.

Réservoir de main-d’oeuvre

Pour le directeur général, la performance consiste à avoir déjà réussi à faire travailler ensemble 250 ingénieurs sénégalais, formés dans le pays ou à l’étranger, en les faisant adhérer à la culture d’entreprise propre à Atos.

La filiale sénégalaise a scellé un partenariat avec l’École supérieure polytechnique de l’université Cheikh- Anta-Diop de Dakar (UCAD). Pour Francis Meston, directeur exécutif Inde, Moyen Orient et Afrique, – qui est aussi directeur de la trans­formation digitale –, cette implantation durable d’Atos au Sénégal « offre à la jeunesse des perspec­tives d’emploi et de développement exaltantes », en partie aussi parce qu’elle s’appuie sur des « parte­nariats forts avec les acteurs locaux » (gouverne­ments, entreprises, écoles et universités).

Un rapprochement salué par le président Macky Sall : « Le numérique jouera un rôle impor­tant dans la mise en oeuvre du PSE comme facteur essentiel de démultiplication, de gain de producti­vité et d’amélioration de la productivité », s’était-il félicité en présence du PDG d’Atos.

« Nous avons décidé d’investir massivement en Afrique et notamment au Sénégal, avait répondu Thierry Breton. D’ici à 2020, nous avons l’ambition d’of­frir à plusieurs milliers d’ingénieurs l’opportunité de rejoindre Atos».

Une promesse en passe d’être tenue puisqu’avec des technologies comme le Big Data ou le Cloud, il devient possible de mettre en place des solutions dans le e-government, la e-éducation ou e-santé, ou encore le smart grid ou le développement de services mobiles impli­quant de nombreuses nouvelles offres, compre­nant notamment un important volet de cyber­sécurité.

Encadré

TIC et téléservices

Les entreprises sénégalaises spécialisées dans les TIC et les télé-services exportent leur savoir-faire depuis longtemps et notamment en Afrique de l’Ouest où certaines d’entre elles réalisent plus de 80 % de leur chiffre d’affaires.

Tous les domaines d’activité sont concernés par ces exportations : l’ingénierie logicielle en santé, banque, monétique, e-gov, suivi évaluation ; services Web (Internet, Intranet, Extranet, portails B2B-B2C, transformation digitale) ; les services des mobiles (applications mobiles, mobile banking, plateformes SMS) ; les conseils et stratégies en matière de système d’information ; les téléservices (centres d’appel, serveurs vocaux, télémarketing…) ; la formation (universités et écoles de formation) ; l’exploitation de l’énorme potentiel dans l’externalisation des services aux entreprises ; le développement de solutions et de contenu mobiles pour répondre aux forts taux de pénétration de la téléphonie ; le développement du commerce électronique…

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