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Dette : Le moratoire prolongé de six mois

Les pays du G20 ont prolongé de six mois, jusqu’au 30 juin 2021, le moratoire sur la dette des pays les plus pauvres. Une respiration attendue, mais jugée insuffisante par les ONG. D’autres mesures seront, tôt ou tard, indispensables.

Par Paule Fax

Les vingt pays les plus riches du monde ont reconduit la suspension du service de la dette des pays les plus vulnérables. Déjà effectif jusqu’à la fin de l’année, le délai est prolongé à fin juin 2021.

Les ministres des Finances et chefs des Banques centrales du G20 se sont réunis virtuellement le 14 octobre, sous la présidence de l’Arabie saoudite. « Nous avons convenu de prolonger l’Initiative de suspension du service de la dette de six mois», a déclaré le ministre saoudien des Finances Mohammed al-Jadaan, au sortir de cette réunion.

Un moratoire sur la dette doit se doubler de mesures d’accompagnement sur l’utilisation des fonds éventuellement dégagés. Ceux-ci doivent soutenir le développement économique, et non pas servir à rembourser la dette privée, ont souligné les membres du G20.

Un accord a été trouvé pour que la Chine, premier créancier des pays pauvres, soit partie prenante à cette mesure. La part de la Chine dans la dette totale due aux pays du G20 est passée de 45% en 2013 à 63% à la fin de 2019, selon des données de la Banque mondiale.

En revanche, la Chine détiendrait finalement moins de 40% – chiffre souvent avancé –, des créances auprès des pays les plus pauvres. La dette envers les créanciers gouvernementaux, dont la plupart sont des États du G20, a atteint 178 milliards de dollars en 2019.

Les participants à la réunion ont précisé que le moratoire pourrait être prolongé de nouveau, jusqu’à la fin de 2021, à l’occasion d’une réunion au printemps prochain du FMI et de la Banque mondiale.

De plus, les ministres du G20 ont évoqué, sans prendre de décision, une autre l’hypothèse : « Nous reconnaissons que des traitements de la dette au-delà de la suspension du service de la dette peuvent être nécessaires au cas par cas», précise le communiqué final. Les pays ont « convenu du principe d’un cadre commun » pour traiter cette question qui divise.

Ce cadre sera précisé lors d’une autre réunion extraordinaire du G20 finances avant le sommet du groupe, en novembre.

Cette décision fait suite aux appels du FMI et de la Banque mondiale d’aider les pays les plus pauvres. « La communauté internationale doit faire tout ce qu’elle peut pour soutenir les plus vulnérables », a insisté la présidente du FMI, Kristalina Georgieva.

« La tendance dans les crises de la dette était que les pays en difficulté passent par des rééchelonnements inefficaces qui les laissent plus faibles », a confirmé son homologue de la Banque mondiale. « Les créanciers peuvent leur permettre de passer à un processus de réduction de la dette, mais à un coût énorme pour les pauvres. Nous devons travailler mieux et plus vite cette fois-ci », a poursuivi David Malpass.

Inquiétudes envers la Zambie

Les ONG se montrent plus circonspectes ; elles auraient préféré un signal plus fort, par exemple un moratoire d’un an et non de six mois. Certains pays défendaient la nécessité d’un moratoire plus ambitieux, mais les réticences d’autres au cours des pourparlers ont conduit à ce compromis renouvelable.

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