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African Business

Dette : Le moratoire prolongé de six mois

 « Avec le chaos économique causé par la Covid-19 qui menace de faire reculer la lutte contre la pauvreté de plusieurs décennies, la prolongation de la suspension du service de la dette était le strict minimum que pouvait faire le G20 », commente Jaime Atienza, d’Oxfam, cité par l’AFP. « Le fait de ne pas annuler les paiements de la dette ne fera que retarder le tsunami de la dette qui engloutira de nombreux pays parmi les plus pauvres du monde », a-t-il ajouté.

À ce jour, 46 pays, parmi les 73 les plus pauvres, ont demandé à bénéficier de la suspension du service de la dette ; la plupart sont des pays africains. Sur le continent, la Zambie inquiète particulièrement puisque plane la crainte d’un défaut de paiement de sa dette privée.

Ce pays était déjà endetté à hauteur de 88 % de son PIB avant la crise sanitaire, et les ministres des Finances redoutent un effet domino sur les quinze autres États africains surendettés. La dette de la Zambie atteindrait 11 milliards $, dont un tiers environ serait détenu par la Chine. Laquelle semble toujours refuser toute idée de restructuration.

Une initiative limitée ?

Parallèlement à la réunion du G20, le Réseau européen sur la dette et le développement (Eurodad) a publié un rapport sur la dette des pays pauvres. Selon son autrice, Iolanda Fresnillo, fait observer que «les suspensions accordées à ce jour ne représentent que 1,6% des remboursements dus par les pays en développement en 2020 ».

En effet, seuls 46 pays ont bénéficié du moratoire, pour un report de 5,3 milliards de dollars seulement, au lieu des 12 milliards initialement annoncés. « Cette initiative de suspension temporaire est très limitée, tant en termes de montant de la dette suspendue, que de pays bénéficiaires ou de créanciers concernés, surtout quand on tient compte de la gravité de la crise dans les pays en développement. »

D’autre part, un moratoire sur la dette doit se doubler de mesures d’accompagnement sur l’utilisation des fonds éventuellement dégagés.

Ceux-ci doivent soutenir le développement économique, et non pas servir à rembourser la dette privée, ont souligné les membres du G20. Lesquels poursuivent les négociations avec les institutions privées internationales pour les associer à l’allègement des dettes des pays pauvres.

PF

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