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Dette : Appui de la France au Sénégal

La France appuie les efforts du Sénégal dans cette période de relance de l’économie. Le service de la dette est allégé, à la faveur de l’initiative ISSD, tandis que divers programmes d’aides à l’agriculture sont renforcés.

Par Paule Fax

Quelques semaines après avoir obtenu une facilité de crédit de la part du FMI, le Sénégal s’offre un nouveau répit sur le front de la dette. Le gouvernement a conclu avec la France un deuxième accord relatif à l’Initiative de suspension du service de la dette.

Le programme Delta vise à renforcer la performance économique des systèmes agro-pastoraux, améliorer la résilience face aux changements climatiques et contribuer à une gestion plus durable des ressources dans la vallée du fleuve Sénégal.

L’ISSD, à l’œuvre depuis un an, a été lancée par les pays du G20, sous les auspices du Club de Paris. L’accord a été signé par Abdoulaye Daouda Diallo, ministre des Finances et du budget et Philippe Lalliot, ambassadeur de France au Sénégal.

« L’accord de suspension pour la période allant de janvier à juin 2021 porte sur un montant de 13,7 milliards de F.CFA (20,9 millions d’euros). Il fait suite à une première suspension sur la période de mai à décembre 2020 pour un montant de 18,6 milliards de F.CFA (28,36 millions d’euros », précise un communiqué publié à l’issue de la cérémonie de signatures.

En cumul, depuis le lancement de l’ISSD en mai 2020, le montant total d’échéances de dettes dues qui ont été suspendues entre le Sénégal et la France est de 32,3 milliards de F.CFA (49,24 millions d’euros). Le Sénégal entend utiliser cette facilité budgétaire au financement des dépenses sanitaires, sociales et économiques pour lutter contre les effets de la pandémie et contribuer à la relance de son économie.

La signature de l’accord de prorogation de l’ISSD « traduit l’excellence des relations diplomatiques, économiques et financières entre la République du Sénégal et la République française », se félicitent les deux parties.

Cette « excellence » s’est aussi matérialisée par la signature de deux conventions de financement entre l’ambassadeur Lalliot et le ministre sénégalais de l’Économie, du plan et de la coopération, Amadou Hott. D’un montant global de 36 milliards de F.CFA (environ 55 millions d’euros), elles portent sur les efforts du pays en faveur d’une agriculture durable et de la protection de la biodiversité.

La cérémonie de signatures s’est déroulée en présence de plusieurs personnalités, notamment du directeur général de la Société nationale d’aménagement et d’exploitation des terres du delta du Fleuve Sénégal et des vallées du fleuve Sénégal et de la Falémé (SAED), Aboubacry Sow. 

Une gestion plus durable des ressources

Amadou Hott a précisé : « Il s’agit des conventions de financement relatives au programme de développement économique local et de transition agro-écologique (Delta) de la vallée du fleuve Sénégal, pour un prêt d’un montant 40 millions d’euros, soit 26,2 milliards de F.CFA et une subvention de 10 milliards, soit 6,5 milliards de F.CFA. »

EN BREF – Hausse contenue de la dette publique 

Selon la Direction de la prévision et des études économiques, l’encours de la dette publique de l’administration centrale du Sénégal devrait atteindre 9 695 milliards de F.CFA (14,78 milliards d’euros) en 2021, contre 8 905 milliards en 2020, soit une hausse de 8,9%. Selon l’organisme, cet encours devrait représenter 64,7% du PIB, contre 62,8% en 2020. Toutefois, ce ratio devrait demeurer en dessous de la norme de 70% retenue dans le cadre du pacte de convergence de l’Uemoa.

Le programme Delta vise à renforcer la performance économique des systèmes agro-pastoraux, améliorer la résilience face aux changements climatiques et contribuer à une gestion plus durable des ressources de ce territoire.

Selon le ministre, « ce programme Delta, dont la maîtrise d’ouvrage sera exercée par le ministère de l’Agriculture et de l’Equipement rural, et déléguée à la société d’aménagement rural SAED, sera mis en œuvre dans treize communes des régions de Saint-Louis et Louga».

Le second financement relatif à la mise en œuvre de la deuxième phase du projet d’extension et d’appui à la protection des aires marines en Casamance et au Sine-Saloum porte sur un montant de 5 millions euros, soit 3,3 milliards de FCFA. Il vient compléter le projet de protection et de valorisation des aires marines protégées du Sénégal, qui fait déjà l’objet d’un financement de 5 millions d’euros en subvention.

Selon l’ambassadeur français, ce programme « poursuivra les principes d’une gestion communautaire pour réduire la pression sur les ressources naturelles, avec une ambition forte en faveur de la création d’activités génératrices de revenus pour les femmes ».

PF

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