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Croissance fragilisée pour le Niger

  • Publiéavril 24, 2015

En dehors des secteurs du pétrole et de l’uranium, l’industrie du Niger est quasi-absente. Ainsi, « par manque d’infrastructures de stockage et de conservation, 30 % de la production d’oignon, une variété très prisée dans la sous-région est perdue chaque année », relate l’économiste du PNUD. Pour autant, « l’économie du Niger fonctionne globalement bien, en dépit d’une conjoncture extérieure difficile », constate le FMI qui encourage aussi le pays à diversifier son économie.  

Les économistes sont unanimes : la stratégie de croissance du Niger ne doit pas se limiter uniquement à la mise en valeur des ressources naturelles. « L’amélioration du climat des affaires contribuera à attirer davantage d’investissements privés générateurs d’emplois dans un plus large éventail de secteurs », estimait une étude du FMI, publiée au tournant de la décennie. Or, le Niger reste encore un pays où il n’est pas bon de faire des affaires, selon les critères Doing Business de la Banque mondiale.

Le Niger doit profiter des ressources minières pour créer les conditions qui vont permettre de développer une agriculture plus développée, et créer des industries de transformation des produits agricole.

Des efforts ont certes été consentis, « mais ces améliorations ne se traduisent pas pour le moment en indicateurs sur le climat des affaires », indique l’AFD. « Il y a encore des contraintes dans la mise en oeuvre des réformes envisagées par l’État », regrette Abdoulahi Garba. Aujourd’hui, créer une société au Niger reste encore plus difficile et prend énormément du temps. « Il faut à peu près deux semaines pour ouvrir une entreprise au Niger. Pour la même formalité, vous avez besoin de six jours au Sénégal par exemple », explique Mansour Ndiaye. 

Les économistes expliquent qu’en plus du défi pour satisfaire la demande en biens et services, le Niger est appelé à relever celui de la croissance démographique « qui neutralise la croissance du PIB ». Au Niger, ceux qui ne travaillent pas (les moins de 15 ans) sont anormalement plus nombreux que ceux qui travaillent, constate le PNUD, pour qui avoir de bons résultats de croissance économique ne constitue pas une garantie pour que les populations en bénéficient : « Ce qui est important, c’est un taux de croissance qui dure dans le temps et qui ne soit pas dépendant des variables exogènes. » 

Le Niger doit ainsi relever le défi de la résilience de son économie. « Pendant dix ans, les partenaires vont appuyer le gouvernement pour construire quelque chose. Mais une sécheresse, une inondation va arriver et détruire tout ce qui a été construit », explique l’économiste du PNUD. Les partenaires techniques et financiers du Niger recommandent que de mesures concrètes soient prises pour diversifier l’économie et créer d’autres emplois.

Le Niger doit « profiter des ressources minières pour créer les conditions qui vont permettre de développer une agriculture plus développée, et de créer des industries de transformation des produits agricoles », recommande la Banque mondiale. « Le Niger a toutefois un avantage : il peut profiter de l’expérience des autres », fait observer le FMI. « Il y a des ingrédients pour que le Niger tire mieux aujourd’hui de ses ressources qu’il n’a pu le faire que par le passé. Aussi, si tous les acteurs travaillent la main dans la main, le Niger sera dans dix ans un pays émergent », conclut Mansour Ndiaye.

Écrit par
African Business french

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