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Croissance fragilisée pour le Niger

Soumise aux aléas agricoles et à la volatilité des prix des produits minier et pétrolier, l’économie du Niger est mal diversifiée. Regards croisés des économistes sur un pays qui présente, en dépit de ses faiblesses, des perspectives encourageantes.

Malgré plusieurs chocs climatiques et humanitaires, l’économie du Niger reste en croissance. Une croissance trop fragile, trop aléatoire, constatent les économistes. Pourtant, ce pays continental et enclavé a enregistré une croissance moyenne de 5 %, ces trois dernières années, tirée notamment par les secteurs minier et pétrolier. Ainsi, en 2012, la croissance avait fait un bond de 12 % « du fait de l’entrée en production de la raffinerie de Zinder et à une bonne pluviométrie », rappelle Abdoulahi Garba, économiste de la Banque mondiale.

L’agriculture est la principale activité économique du pays. Le secteur emploie 80 % de la population active, essentiellement en milieu rural.

De son côté, Mansour Ndiaye, conseiller économique du PNUD (Programme des Nations unies pour le développement) insiste sur les bienfaits, depuis 2012, du Plan de développement économique et social (PDES) adopté par le pays. « Les investissements dans les secteurs pétrolier et minier ouvrent certes les perspectives d’un avenir économique meilleur, mais il ne sera pas facile de réaliser pleinement le potentiel économique du Niger », soutient de son côté le FMI. 

Selon l’AFD (Agence française de développement), les projections pour le Niger font état d’une croissance sensiblement plus importante, dans un horizon qui sera marqué par une augmentation de l’activité pétrolière et des grands projets comme celui de l’exploitation du brut et la mise en valeur de la vallée du Niger à travers le projet du barrage de Kandadji.

D’après le FMI, l’augmentation des recettes pétrolières et minières, si elle est judicieusement mise à profit, pourrait aider à promouvoir « une croissance dont tous les Nigériens pourraient recueillir les fruits ». La croissance du Niger pourrait ainsi réduire le taux pauvreté estimé à 48,2 %. Il faut toutefois prendre en compte, « toutes les questions de la redistribution équitables des fruits de la croissance et de la hausse de la démographie », prévient Philippe Renault, directeur de l’AFD au Niger. 

L’agriculture est la principale activité économique du pays. Le secteur emploie 80 % de la population active, essentiellement en milieu rural. Cependant, il est fortement dépendant des facteurs climatiques.

 l’économie nigérienne n’est pas assez diversifiée ; le secteur manufacturier et les secteurs de services ne représentent pas 10 % du PIB. Or, ces secteurs peuvent tirer l’économie avec moins de fluctuation

En 2013, par exemple, l’activité du secteur primaire avait reculé de 1,4 %. « Les graves pénuries alimentaires de ces dernières années » viennent rappeler que « le Niger est vulnérable aux chocs climatiques, notamment les sécheresses, et à l’insécurité alimentaire », souligne le FMI. 

Le secteur agricole représente 43 % du PIB. Aussi, « ces chocs affectent profondément l’économie du Niger », indique Mansour Ndiaye qui constate : « Lorsque la pluviométrie est bonne, le PIB augmente, lorsque la pluviométrie est mauvaise, il baisse. » Pour cette raison, l’économie du Niger est « extrêmement fragile et volatile », commente Philippe Renault. L’économiste de la Banque mondiale déplore : « D’un côté, on a les produits minier et pétrolier dont les prix sont volatils sur les marchés, et de l’autre, on a l’agriculture qui est volatile en fonction de la production agricole. » À son sens, « l’économie nigérienne n’est pas assez diversifiée ; le secteur manufacturier et les secteurs de services ne représentent pas 10 % du PIB. Or, ces secteurs peuvent tirer l’économie avec moins de fluctuation ».

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