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African Business

Covid-19 : La France dégage 1,2 milliard d’euros

En concertation avec les pays européens et les chefs d’État africains, la France lance une initiative de 1,2 milliard d’euros en direction des pays touchés par la pandémie, en Afrique. Une réponse à l’urgence destinée à préparer l’après-crise.

Par Laurent Soucaille

Dans le cadre de l’initiative prise par le président français, Emmanuel Macron, et ses pairs africains, ainsi que de l’effort européen, l’AFD (Agence française de développement) lance « Covid-19 – Santé en commun ». L’Initiative porte sur 1,2 milliard d’euros d’ici à l’été 2020, en réponse à la crise sanitaire mondiale engendrée par la pandémie de Covid-19.

Cette initiative française entend apporter une réponse ciblée et partenariale à la crise sans précédent que traversent les pays en développement. Ce dispositif, complémentaire des actions des bailleurs de fonds multilatéraux et européens, cible en priorité le continent africain.

« L’initiative va permettre de mobiliser rapidement de l’expertise technique et des financements dédiés aux systèmes de santé, et aux conséquences immédiates de la crise, sur le plan économique et social », explique Rémy Rioux (AFD)

L’initiative comprend plusieurs leviers d’actions : 150 millions d’euros sous forme de dons. Puis un milliard d’euros, sous forme de prêts, afin de répondre aux enjeux de court terme des pays ou des banques publiques de développement partenaires de l’AFD. De plus, des modalités adaptées sont prévues pour accélérer la mise à disposition des fonds.

Dans un contexte de progression mondiale de l’épidémie, les pays africains sont particulièrement vulnérables et ont besoin d’un soutien rapide, du fait de la fragilité de leurs systèmes de santé, qu’il convient de renforcer durablement.

De plus, la dimension mondiale de la crise, « suppose un égal accès de toutes les régions du monde aux solutions qui émergent et pour éviter aussi de nouvelles vagues de la pandémie », explique l’AFD. 

Sans doute, le Covid-19 aura des conséquences économiques et sociales majeures, qui frapperont d’abord les populations et les territoires les plus pauvres. L’objectif de ce plan d’actions porté par l’AFD est de répondre immédiatement aux enjeux sanitaires de court terme mais aussi de commencer à préparer l’après crise.

ENCADRE

Des outils africains prêts à la production 

Des membres d’Honoris United Universities, réseau panafricain d’enseignement supérieur privé, ont développé un prototype de respirateur pour une ventilation non invasive, ainsi que des visières de protection, pouvant être produits rapidement et facilement, grâce à l’impression en 3D.

Les scientifiques souhaitent répondre aux demandes de solutions pour remédier à la pénurie de ventilateurs et autres équipements critiques pour contribuer à sauver des vies. L’Université Centrale, institution membre du réseau Honoris United Universities en Tunisie, s’est associée à Ditex, le centre d’excellence né de la collaboration entre Dassault Systèmes et l’université de Lorraine, et à la société d’ingénierie industrielle TECH-3D, pour produire un système de ventilation non invasive pouvant être fabriqué avec des composants facilement accessibles et peu coûteux.

Aucun brevet n’a été déposé pour le système de ventilation, le mettant à la disposition de tous. Il est composé d’un masque facial de protection imprimé en 3D et connecté à un insufflateur électrique, dont le corps, également imprimé en 3D, est équipé d’un réservoir d’oxygène lui permettant de fournir de l’oxygène à une concentration prédéterminée. 

De son côté, l’École marocaine des Sciences de l’ingénieur (EMSI), la plus grande école d’ingénieurs au Maroc, a vu trois de ses innovations sélectionnées dans le cadre d’un Hackathon panafricain (Marocovid 19) impliquant des étudiants, des start- up, des entrepreneurs, des professeurs et des ingénieurs. 

Enfin, en Afrique du Sud, Regent Business School a mobilisé ses pôles d’innovation pour fabriquer des prototypes d’équipements de protection. L’institution a ainsi imprimé en 3D des visières de protection dans ses trois pôles, à Durban, Johannesbourg et au Cap, et les a distribués gratuitement à certains établissements publics de santé. Le premier lot a été imprimé en quelques jours et la production n’a pas cessé depuis.

Les principaux pays bénéficiaires de cette initiative seront les 19 pays prioritaires de l’Aide publique française en Afrique, dans les bassins océaniques (Madagascar, Comores, Haïti) ainsi qu’au Proche-Orient. Cette initiative s’adresse aux États mais également aux organisations de la société civile, aux banques publiques de développement, au secteur privé et aux acteurs français de la santé mondiale.

Des fonds levés sur les marchés

L’AFD a distingué différents axes d’intervention pour ce dispositif. Le renforcement des réseaux régionaux de surveillance épidémiologiques. Des contributions aux plans nationaux de réponse au Covid-19 des pays africains.

Sans oublier des appuis aux principaux acteurs français de la réponse au Covid-19 (ONG, fondations, réseaux, organismes de recherche, etc.). Ainsi que des appuis budgétaires pour le renforcement des systèmes de santé.

L’Initiative « Covid-19 – Santé en commun » s’appuiera notamment sur Expertise France, qui rejoindra prochainement le groupe AFD, et sa plateforme d’assistance technique, constituée pour appuyer le renforcement des capacités des pays partenaires et permettre un meilleur accès des pays prioritaires aux moyens disponibles au niveau multilatéral.

Le 8 avril, l’AFD a émis avec succès sur les marchés une obligation d’un montant de 1,5 milliard d’euros, dont les fonds contribueront notamment au financement de l’initiative. Laquelle est aussi conçue comme complémentaire des actions des institutions multilatérales et dans le cadre d’une collaboration forte entre tous les acteurs de l’Union européenne.

« L’initiative va permettre de mobiliser rapidement de l’expertise technique et des financements dédiés aux systèmes de santé, qui vont être fortement sollicités dans les prochaines semaines, et aux conséquences immédiates de la crise, au plan économique et social.

Elle doit contribuer aussi à renforcer à plus long terme les systèmes de santé pour leur permettre de mieux faire face aux risques épidémiologiques. Au-delà de cette riposte de court terme à l’urgence sanitaire, d’autres réponses intégrant les conséquences sociales et économiques de la crise sont en préparation avec l’Union européenne et les grands bailleurs internationaux », déclare Rémy Rioux, directeur général de l’AFD. 

Les 19 pays concernés sont : Éthiopie, Bénin, Burkina Faso, Burundi, Togo, Iles Comores, Djibouti, République Centrafricaine, RD Congo, Tchad, Sénégal, Gambie, Guinée, Libéria, Mali, Madagascar, Mauritanie, Niger, Haïti.

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Written by Par Laurent Soucaille

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