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Afrique: les Américains investissent

Et 12 milliards $ pour électrifier l’Afrique

 Le président Obama a annoncé que 12 milliards $ allaient être attribués à l’initiative baptisée Power Africa (au lieu des 7 milliards préalables), dont l’objectif est d’améliorer l’approvisionnement électrique en Afrique.

Ce programme, doté de 26 milliards $ – en comptant les dotations de la Banque mondiale et celles du gouvernement suédois – doit permettre de raccorder 60 millions de foyers africains.

Douze agences gouvernemen­tales américaines, pilotées par l’Usaid, sont impliquées dans Power Africa, annoncée en 2013 lors du deuxième voyage du président américain sur le continent. Dans la première phase, six pays africains (anglophones), seulement, sont ciblés.

Tirant le bilan de la première année, Stephen Hayes du Corporate Council on Africa, l’organisme qui fédère les entreprises américaines présentes en Afrique, estime que la partie n’est pas encore gagnée : « Identifier des sites et finaliser des contrats sont deux choses différentes.

Et même lorsque vous avez un contrat, il faut du temps pour construire les centrales et les faire tourner. Les entreprises américaines ont essuyé les plâtres, elles sont allées en Afrique, mais les obstacles viennent surtout du financement, côté américain ».

Le déblocage de nouveaux fonds publics devrait permettre de régler ce problème. « L’accès à l’électricité est fondamental pour saisir les opportunités de ce monde. C’est la lumière qui permet à l’enfant d’étudier, l’énergie qui permet aux idées de devenir des grandes entreprises », a rappelé Barack Obama.

L’électrification, « est l’assurance pour les familles de subvenir à leur besoin, mais aussi la clé pour connecter l’Afrique à l’économie mondiale », a-t-il ajouté. Au-delà des 10 000 MW d’électricité « plus propre » supplémentaires annoncés lors du sommet, « avec l’objectif d’entraîner à terme 9 milliards $ d’investissement privé », selon la Maison-Blanche, ce qui a surtout marqué les dirigeants africains présents au sommet, c’est d’être pris au sérieux.

General Electric, par exemple, s’est engagé à ce que la Tanzanie et le Ghana produisent 5 000 MW de plus dans les cinq ans à venir. Et beaucoup d’autres entre­prises privées américaines et africaines ont également manifesté leur souhait d’investir en priorité dans l’énergie.

Le rôle de la diaspora

Du coup, le président tanzanien, Jakaya Kikwete, a été le premier à se réjouir de l’éta­blissement d’une relation désormais fondée sur l’investissement et le commerce, et non plus sur l’aide au développement. « Je me félicite que l’Afrique soit enfin prise au sérieux », a-t-il déclaré. « L’objectif n’est plus l’aide et l’assistance humanitaire, […] nous avons trop longtemps tardé à faire évoluer cette relation vers la sphère économique, où l’on peut quasiment arriver à un partenariat », a renchéri la ministre kényane des Affaires étrangères, Amina Mohamed.

Le président sénégalais, Macky Sall, et le tunisien Moncef Marzouki se sont, quant à eux, un peu agacés de la méconnaissance de l’Afrique constatée chez leurs interlocuteurs américains, que ce soit du monde politique ou des affaires.

Ils ont rappelé que ce continent compte 54 pays et que chacun présente des caractéristiques très différentes. « La crise actuelle en Libye ou l’épidimie de fièvre Ebola ne peuvent ternir l’image de tout un continent », ont-ils également fait valoir. De leur côté, les dirigeants américains ont pris grand peine à expliquer que si les liens avec le continent sont « forts », c’est à cause de la présence d’une importante diaspora africaine installée aux États-Unis.

René Lake, qui est aussi le fondateur du journal et portail en ligne SenePlus.com, spécialisé sur l’actualité du Sénégal dont il est originaire, doute que la diaspora puisse, pour l’instant, faire une différence.

« La diaspora africaine ne peut pas, dans l’immédiat, peser de manière significative dans les relations avec l’Afrique. Au stade des problématiques de leadership individuel, oui, elle a et elle continuera d’avoir un impact. Mais, en termes de groupe de pression structuré et ayant un véritable poids économique ou politique, nous n’y sommes pas encore ! », affirme-t-il. « Ceci dit, si par diaspora africaine, on entend la communauté noire incluant également les Afro-américains, alors là, oui, la situation est tout autre. C’est sûr qu’à ce niveau, l’impact est déjà important dans le monde des affaires, notamment, et il peut l’être de plus en plus », ajoute René Lake.

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