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Afrique: les Américains investissent

Les Américains ont décidé d’accélérer leurs échanges commerciaux avec le continent africain et d’y investir davantage.

Peu de monde se faisait d’illusions avant la tenue à Washington du sommet des leaders africains sur une éventuelle distribution de chèques, mais une fois la grand-messe dite, qu’en est-il des 33 milliards de dollars d’investis­sements publics et privés promis par Barack Obama pendant le sommet ?

Pour Amadou Sy, chercheur principal à la Brookings Institution, à Washington, la perception de l’Afrique comme le haut lieu de toutes les pandémies et de toutes les terreurs, explique que les entrepre­neurs américains aient longtemps été dissuadés d’y prendre pied.

Soucieux de rassurer la cinquantaine de chefs d’État et de gouvernement qui ont fait le déplacement à Washington, le président des États-Unis n’a cessé de marteler : « Nous ne nous intéressons pas à l’Afrique seulement en raison de ses ressources naturelles. Nous nous intéressons aussi à l’Afrique en raison de sa plus grande richesse, qui est son peuple, ses talents et leur potentiel. Nous ne voulons pas simplement extraire des minéraux du sol pour assurer notre croissance. Nous voulons construire de véritables partenariats qui soient générateurs d’emplois et permettent de créer les conditions d’une crois­sance mutuelle et durable en Afrique. C’est le genre de partenariat que l’Amérique offre ».

Cette philosophie, qui sous-tend les efforts de la Maison-Blanche depuis l’arrivée de Barack Obama, explique également les initiatives à l’égard de la société civile afri­caine et le type de relations que Washington entend développer avec l’ensemble du conti­nent, et non plus vis-à-vis de tel ou tel diri­geant.

Les pratiques commerciales agressives de la Chine sont jugées sévèrement par les Américains, car « elles conduisent à renforcer le pouvoir de despotes », a accusé tout de go l’ambassadeur Johnnie Carson, ancien secré­taire d’État adjoint pour les Affaires africaines, aujourd’hui vice-président de l’Institut pour la paix.

Et même si les officiels du Département d’État et de la Maison-Blanche, venus rensei­gner les journalistes africains accrédités au sommet, ont répété à l’envi qu’il n’y avait pas de compétition entre les États-Unis et la Chine en Afrique, tel n’est pas l’avis des experts.

« En 2013, font-ils valoir chiffres à l’appui, les échanges commerciaux entre l’Afrique et la Chine ont totalisé 210 milliards $, plus du double de ceux entre les États-Unis et le conti­nent (85 milliards $). Et la première économie du monde est, seulement, le troisième partenaire économique de l’Afrique, après l’Union euro­péenne et la Chine ».

Quelque 14 milliards $ d’investissements privés

Pour Amadou Sy, chercheur principal à la Brookings Institution, à Washington, où il coordonne le projet de recherche « Africa Growth Initiative », la perception de l’Afrique comme le haut lieu de toutes les pandémies et de toutes les terreurs, explique que les entrepre­neurs américains aient longtemps été dissua­dés d’y prendre pied.

« Mais l’Afrique, c’est aussi un vaste réservoir de matières premières qui a très tôt aiguisé l’appétit des majors pétro­liers et miniers américains, poursuit-il. Avec la découverte du gaz au Mozambique et du pétrole au Kenya et en Ouganda, on peut s’attendre à un regain d’intérêt pour le continent noir de la part des mastodontes américains des hydrocarbures et des minéraux. Enfin, le dernier prisme est celui de la compétition avec la Chine qui est en train de changer radicalement la perception américaine de l’Afrique, devenue clairement une terre d’opportunités économiques et commer­ciales », au vu des immenses besoins d’une classe moyenne en train d’émerger.

« Ce qui n’a d’ailleurs pas échappé à l’administration américaine », commente Amadou Sy.

Après l’organisation d’un Forum écono­mique, auquel ont participé une centaine de sociétés américaines, une cascade d’in­vestissements privés américains d’une valeur de 14 milliards $ a été annoncée par Barack Obama.

Il s’agit de nouveaux contrats, la plupart en cours de signature, dans des secteurs aussi divers que la banque, le BTP, l’aviation, l’assainissement de l’eau ou la production d’électricité. Coca-Cola entend investir 5 milliards $ dans de nouvelles usines et de nouveaux équipements, ainsi que dans des programmes d’accès à l’eau potable, au cours des six prochaines années.

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