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Cofina mise sur les femmes

  • Publiéjuin 18, 2015

Avec plus de 13 000 clients sur les trois pays, Cofina apporte un financement total de 10 milliards de F.CFA dont 8 milliards en direction de 1 500 PME. Les secteurs d’intervention varient d’un pays à l’autre ; en Guinée, le commerce est majoritairement financé ; au Sénégal, la société s’adresse à la fois au commerce et au BTP ; en Côte d’Ivoire, elle soutient l’agriculture avec l’hévéa et le cacao. 

Si de manière générale, la clientèle est constituée à 60 % d’hommes, les femmes sont de plus en plus présentes. D’ailleurs en Guinée, elles sont majoritaires. Et Cofina déploie une politique d’accès aux crédits en leur faveur. Comme le souligne la Banque mondiale, le taux de féminisation de l’entrepreneuriat féminin est plus élevé en Afrique et la femme africaine est un atout pour propulser le continent vers la prospérité. Les statistiques sur l’entrepreneuriat féminin en Afrique restent rares. Pour autant, il ressort d’une étude menée par la BAD et l’OIT en 2013 que les entreprises dirigées par les femmes représentent 48 % des PME. Pourtant, les femmes restent le parent pauvre de l’accès au crédit : à peine 1,5 % des PME dirigées par des femmes ont accès aux financements bancaires. 

Consciente que l’accès au crédit permettra à davantage de femmes d’intégrer l’économie formelle, la jeune institution financière mène une action volontariste dans ce domaine, notamment en Guinée-Conakry, où elle soutient, à la demande du ministère de la Microfinance, le démarrage d’activités de création d’entreprises. Si l’objectif ambitieux de toucher 1 200 femmes n’est pas encore atteint, 134 projets de création d’entreprises sont aujourd’hui financés, notamment dans les secteurs du BTP, de l’informatique, du transport et de la pharmacie. 

La dynamique est identique en Côte d’Ivoire où plus de la moitié de la clientèle féminine capte 64 % des crédits, principalement dans le commerce. 

Au Sénégal, l’initiative de Cofina est de sensibiliser les femmes au plus près de leur activité, par exemple dans les marchés de poissons, à Dakar, à Touba. Même si ce secteur reste majoritairement informel, les femmes participent activent à l’économie du pays. Au total, 1 283 commerçantes sénégalaises bénéficient de financements, soit quasiment 60 % du portefeuille clients. 

Madame Kâ, à la tête d’une structure de nettoyage industriel qu’elle a créée il y a 12 ans, s’est tournée vers Cofina « car les banques commerciales bloquaient », y compris la Banque nationale de développement économique du Sénégal (BNDE) dont la mission est l’accompagnement des PME, où le dossier est resté sans réponse depuis six mois. Cofina a répondu favorablement en une semaine et le financement a été obtenu en 15 jours. « Certes, le taux d’intérêt est de 17 % mais le crédit m’a permis de lancer l’achat de consommables et de poursuivre le développement de ma société présente au Sénégal, ainsi qu’en Mauritanie et au Mali. » Son entreprise emploie sept salariés, une centaine de journaliers et fournit plus de 100 entreprises sur la place de Dakar. 

En pariant sur l’avenir des PME et des femmes chefs d’entreprise en Afrique, l’enjeu est d’apporter des outils innovants là où la frilosité de la prise de risque est patente. Encourager l’accès au crédit de l’entrepreneuriat féminin par des montants de crédits plus élevés à de faibles taux d’intérêt remboursables sur une longue échéance, reste un défi pour le développement économique. Et sur cette nouvelle voie, les institutions qui sauront définir les modalités d’une ingénierie financière adaptée aux attentes de ce secteur, pourront bénéficier d’une croissance accrue de leurs activités ainsi que de leur rentabilité. Une niche d’avenir.

Écrit par
African Banker

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