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Cofina mise sur les femmes

Jeune institution financière panafricaine, Cofina ambitionne de devenir le modèle de la finance inclusive. Elle parie sur l’accompagnement des femmes chefs d’entreprise. Un défi à relever pour le développement de l’Afrique face à la frilosité du secteur bancaire.

Aux origines de la Compagnie financière africaine, Jean-Luc Konan, figure emblématique de la finance qui a fait ses classes à la tête de la Barclays Bank, Ecobank puis United Bank for Africa Sénégal (UBA) qu’il redresse et place en tête des établissements bancaires de la zone Uemoa en 2013. Promoteur de la mésofinance, ce segment de l’offre de financement de l’entreprise, généralement peu ou pas développé dans les institutions de microfinance et dans les banques, Jean-Luc Konan souhaite développer ce chaînon manquant ou missing middle, milieu où les PME peinent à se financer alors que, dans les pays en développement, elles représentent l’un des principaux moteurs de croissance.

Cofina ambitionne, selon ses propres termes, de devenir le modèle panafricain de la finance inclusive, car cette dernière constitue « une fabuleuse niche qui représente 90 % des entreprises en Afrique, 60 % des emplois informels mais n’est financé qu’à hauteur de 5 % par les banques ».

Créée en 2013 par des investisseurs privés et des hommes d’affaires sur trois pays, l’institution financière a l’ambition d’en couvrir 16 en 2021, la zone Uemoa, les six pays de la Cemac, la RD Congo et la Guinée.

Le choix s’est porté sur l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale car « ceux qui dirigent Cofina connaissent ces territoires et le besoin des PME dans ces deux marchés. On ne s’arrête pas à un pays car le marché est considéré comme trop petit pour notre domaine d’activité ».

De plain-pied dans l’actualité et l’affirmation du rapport Attali remis en 2014 que la Francophonie économique peut-être un moteur de croissance durable, les dirigeants veulent concentrer leur stratégie dans des pays francophones.

Implantée dans une première phase au Sénégal, en Guinée-Conakry et en Côte d’Ivoire, l’institution d’épargne et de crédit pour les PME et les particuliers est en attente d’agrément au Gabon, au Congo et au Mali. Depuis peu, elle est en phase d’expansion de son capital avec l’entrée d’institutionnels comme la compagnie d’assurances NSIA.

Son objectif est d’offrir à ses clients une offre globale : épargne, crédits, services financiers de proximité, mais également dans le cadre d’un partenariat l’accès au logement social et à des services d’assurance.

Encourager l’accès au crédit par des montants de crédits plus élevés à de faibles taux d’intérêt remboursables sur une longue échéance, reste un défi pour le développement économique.

Sur le modèle de cette devise « think global, act local », la stratégie d’implantation intègre un maillage territorial entamé par une localisation dans la capitale, puis par un déploiement dans les régions. Le processus dure en général deux ans, la première année étant consacrée à l’ouverture d’une agence dans la capitale et la seconde année à un développement en régions. Au Sénégal, la Compagnie financière africaine est présente sur 22 sites, deux agences principales et 20 cash-count, des espaces plus petits que des agences. Ne pas se limiter à la capitale, c’est jouer le créneau de la proximité.

Pour Maréma Bao, directrice des Ressources, de la technologie et des supports, « Cofina propose une offre innovante car nous ne proposons pas de catalogue standard. Notre discours est le suivant : dites-nous ce que vous faites et ce dont vous avez besoin. Nous voulons d’abord comprendre ce dont le client a besoin afin d’adapter progressivement une solution à ses attentes. » L’institution financière se singularise par la rapidité de sa réponse aux demandes de prêts ainsi que la simplicité des dossiers à constituer. L’innovation se concrétise à travers la monétique, avec le SMS banking pour les transactions, le web banking. « Ce n’est pas parce que nous sommes dans ce secteur d’activité que nous ne pouvons pas utiliser toutes les technologies. L’enjeu est de faire gagner du temps à nos clients. » 

Tous ces arguments ont convaincu Awa Tall de frapper à la porte de Cofina. L’entrepreneur, dont la SARL dans le secteur de l’alimentation générale emploie trois personnes, a été orientée par le chargé de clientèle de sa banque. « J’étais confrontée à des demandes de dossiers compliqués, de garanties, une procédure très lente alors qu’à cette période de l’année en pleine fête religieuse de la Korité, j’avais besoin d’importer très rapidement des produits alimentaires. Je suis satisfaite d’avoir obtenu un prêt en un mois mais je regrette l’absence de différé de paiement pour les remboursements. » 

En Afrique, les PME qui représentent près de 90 % des entreprises, sont à l’origine de près de la moitié des créations d’emplois. Pourtant, à peine 2 % d’entre elles accèdent au crédit. 

Cofina cible les entreprises dont l’activité génère un chiffre d’affaires inférieur à 250 millions F.CFA (environ 380 000 d’euros) et 50 employés, mais aussi les entreprises informelles. Pour Marema Mbao, « il faut les ramener vers le secteur formel sinon elles iront vers la tontine, la famille. Une fois qu’elles sont dans le système, on les accompagne vers le formalisme. L’enjeu est de leur montrer l’intérêt de sortir de l’informel, notamment pouvoir bénéficier de prêts plus importants, d’accompagnement avec les structures institutionnelles de soutien aux PME, des institutions avec lesquelles nous avons des conventions. Nous pouvons à la fois financer des entreprises qu’elles accompagnent et à la fois amener vers ces institutions des entreprises que nous finançons ». 

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