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Club des dirigeants : Entre innovations et risques

« Les Africains sont en avance sur certaines techno­logies, le mobile banking par exemple, et sont très avides de tout ce qui est réseaux sociaux. La banque africaine de demain devra pouvoir s’aligner sur ces besoins, mais également s’an­crer sur les réalités de son terroir. »

Pour éviter d’être coupées du client, d’être concurrencées par des acteurs en relation avec tout le monde, comme les gestionnaires de flux, les banques doivent penser de nouveaux modèles bancaires plus agiles, avec moins d’agences, mais avec plus de services à valeur ajoutée, conseille Blaise Ahouantchédé, direc­teur général du GIM-Uemoa : « Plutôt qu’une stratégie digitale, il faut une digitalisation de la stratégie des banques».

Autrement dit, penser le client avant le produit. En matière d’inno­vation financière, l’Afrique est en avance par rapport au reste du monde. « Même l’Europe et l’Amérique viennent regarder ce qui se passe en Afrique australe et de l’Est. Cela démontre que les banques africaines, dans un contexte difficile, ont su s’adapter et de créer des produits innovants », se félicite Éric Ouattara. Reste à aller plus loin.

Un McFadden à l’africaine ?

L’autre défi, d’ordre réglementaire, est lié au rôle grandissant des banques transfronta­lières. Ces groupes sont « tellement indispen­sables pour la croissance, mais ils peuvent avoir des effets dévastateurs en termes de risques systémiques », souligne Dhafer Saïdane, le conseiller du Club des dirigeants de banques et d’établissements de crédit d’Afrique.

Il invite les pays en développement à « reconsi­dérer » le rôle de ces banques pour éviter les effets de contagion, surtout pour les pays qui n’ont pas de réglementation solide, en cas de crise. Le marché bancaire, « de plus en plus panafricain », a besoin d’être « organisé », explique Dhafer Saïdane.

Pour éviter le risque d’un « too big to fail », il suggère de réfléchir à un McFadden Act à l’africaine, ou tout au moins, à des garde-fous afin de limiter l’action géographique de ces groupes bancaires. Dans l’Uemoa, les treize groupes bancaires les plus importants représentent 80 % des actifs. Ce qui pose un risque systémique. Se pose égale­ment la question de la concentration des prêts, essentiellement au profit de l’État – les titres publics représentent 27 % des avoirs bancaires dans l’Uemoa – et des grandes entreprises.

Dans cette zone, le marché interbancaire reste aussi peu opérant. Selon Bassambié Batiano, conseiller spécial du directeur de l’économie et de la monnaie à la BCEAO, 400 milliards de F.CFA (610 millions d’eu­ros) dorment dans les caisses des banques, au moment où certaines ont besoin de liquidités, pour cause de manque d’un système d’infor­mation à l’interne. Des défis beaucoup plus urgents que la concurrence des nouveaux acteurs, estime le banquier central.

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