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Christian Josz parle des crédits

Quelles sont les dépenses que les autorités ont supprimées, pour pouvoir assumer le coût de cet avion ?

L’État a dû abandonner d’autres investissements. J’ignore lesquels, mais elles ne concernent ni la santé, ni l’éducation, ni le développement social, car le Mali a un accord avec le FMI à ce sujet. Pour autant, d’autres dépenses d’investissement en ont souffert, cela est exact.

La seconde grande source d’inquiétudes réside dans un contrat d’équipement passé par le ministère de la Défense, pour 105 millions d’euros. Fallait-il, comme l’a fait le Mali, passer par un intermédiaire ?

Non, l’audit a démontré à suffisance que cet intermédiaire n’était absolument pas nécessaire. Ce contrat de 69 milliards de F.CFA fait apparaître quelque 29 milliards de surfacturation ! La différence entre les factures pro forma, avant la conclusion de la transaction, établies par les fournisseurs à l’extérieur du Mali, et les factures présentées par l’intermédiaire au ministère de la Défense, montre bien ce niveau de surfacturation assez hallucinant. Certains exemples nous ont même fait sourire, comme celui de chaussettes facturées à 10 000 F.CFA (15 euros), dix fois plus que ce que paie l’armée française pour ses militaires !

Cela signifie-t-il que l’intermédiaire, qui a procédé à ces surfactu­rations, voulait s’approprier la différence ?

Exact, mais il ne s’est pas encore mis l’argent dans la poche ! Nous nous sommes mis d’accord, avec le gouvernement malien, pour que seules les factures pro forma soient payées, et que l’intermédiaire soit oublié. Suivant en cela une recommandation du Vérificateur général.

Cette transaction repose également sur une garantie de 100 milliards de F.CFA, qui a été octroyée de manière illégale. Elle est complètement contraire à l’orthodoxie budgétaire et aux principes de bonne gestion des finances publiques : les garanties doivent être données par le fournisseur pour prouver sa bonne foi, ce n’est jamais à l’État de garantir la dette d’un fournisseur vis-à-vis des banques ! L’annulation de cette garantie fait partie des engagements pris par le gouvernement pour que la coopération avec le FMI se poursuive.

L’opposition malienne affirme que l’intermédiaire en question est un proche du président malien. À votre connaissance, est-ce le cas ?

Disons que ce n’est pas très clair… L’audit du Vérificateur général montre que Monsieur Kagnassi, qui est conseiller à la Présidence, apparaît comme signataire de ce contrat ; il apparaît aussi comme mandaté par la présidence de la République pour passer des contrats d’armement. Mais dans un autre contrat déposé auprès des banques, pour la même transaction, ce n’est pas son nom qui apparaît, mais celui d’une autre personne, dirigeante de la société Guo-Star. Or, le Vérificateur général n’a pas pu établir que Monsieur Kagnassi avait un rôle dans cette société.

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