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Capitaliser et amplifier ses acquis

Fort de son expérience au plus haut niveau de la BAD, le Zimbabwéen Thomas Zondo Sakala appelle de ses voeux une meilleure organisation de l’Institution, qui doit mieux capitaliser ses réussites.

Thomas Zondo Sakala Ancien vice-président de la BAD

 

Quelle serait la première mesure que vous prendriez, si vous étiez nommé président de la BAD ?

Je vais m’assurer que chaque membre du personnel de la Banque a bien compris ma vision et ce que j’attends de tous en termes de performance, pour soutenir la transformation de la Banque et celle du continent. Il est primordial de s’entourer d’une équipe qui gagne, motivée par l’obligation de résultats. En particulier au niveau des directeurs et vice-présidents. Une bonne équipe doit avoir des compétences diverses et variées et des aptitudes pour travailler ensemble. Sur le plan pratique, ma vision va nécessiter des réglages très précis d’organisation et une bonne communication à l’endroit des partenaires internes et externes. J’échangerai avec eux sur davantage de points de ma vision et recueillerai leurs avis sur les actions que la Banque devra mener en priorité pour se maintenir sur sa trajectoire et progresser tout en restant proactive vis-à-vis de l’environnement à la fois dynamique et versatile de l’Afrique.

 Quelle est la meilleure raison de voter pour vous ?

Je suis persuadé que le plus important défi que les gouverneurs devront relever au moment de voter, et cela vaut aussi pour la nouvelle équipe de direction, sera de trouver la manière la plus rentable pour la mise en oeuvre effective de la Stratégie et des autres initiatives importantes sur la table. Cela nécessite à la fois une consolidation et des innovations bien choisies et soigneusement élaborées. Je pense contribuer à la transformation de l’Afrique. En plus, ma longue expérience au sein de la Banque et dans de nombreux domaines clés telles les opérations, la gouvernance et les réformes ont valu à la Banque sa position actuelle. J’ai une vaste connaissance des pays africains, de leurs économies et de leurs dirigeants. Ma conviction est forte : l’Afrique a les moyens de faire davantage pour elle-même. Enfin, ma grande connaissance du milieu du développement international me confère le profil à la fois unique et idéal pour bâtir à partir des succès obtenus par Donald Kaberuka et obtenir des résultats probants. Par-dessus tout, j’assurerais une transition en douceur avant de capitaliser et amplifier les acquis.

Qu’est-ce qu’il faut changer dans le « logiciel » de la BAD pour que l’Afrique décolle durablement ?

D’abord et avant tout, il est de la responsabilité des dirigeants de chaque pays d’élaborer la feuille de route du développement de leur pays ou région et de la mettre en oeuvre avec détermination. La Banque doit, par conséquent, forger chez l’Africain la confiance dans sa capacité à élaborer et mettre en oeuvre des programmes de développement et poursuivre son rôle de conseil. En général, la direction de la Banque et le personnel doivent être informés en temps réel de ce qui fonctionne et de ce qui ne fonctionne pas, et être disposés à réviser leurs approches du développement si celles-ci entraient en conflit avec des idées nouvelles provenant des champions africains des réformes et du développement. La Banque doit se tenir prête pour jouer pleinement son nouveau rôle de passerelle entre les banques de développement à la mode ancienne et les nouveaux acteurs et autres institutions telles les BRICS. Pour résumer, je dirai que la Banque doit être plus engageante dans la prise de risque, passionnée, attentive et innovante avec par-dessus tout une vision et un environnement institutionnel qui permette l’éclosion de ces qualités.

Il est de la responsabilité des dirigeants de chaque pays d’élaborer la feuille de route du développement de leur pays ou région et de la mettre en oeuvre avec détermination. 

Avez-vous un exemple concret où la BAD a fait ce que les autres banques n’ont pas fait et répondu ainsi aux besoins spécifiques de l’Afrique ?

Je vous en donnerai trois ! La BAD a apporté des réponses rapides et en temps opportun, lors de la crise financière de 2008-2009. La Banque a noué un partenariat fructueux avec l’Union africaine sur la question du Soudan et du Soudan du Sud. Enfin, la création du fonds Afrique50 est une réponse aux besoins de financement des infrastructures.

L’Afrique va voir émerger des dizaines de nouveaux milliardaires ces prochaines années. Faut-il une taxe spéciale milliardaire ?

Je présume que l’émergence de ces millionnaires ou milliardaires sera le résultat d’un environnement davantage propice à l’éclosion des idées et permettant à tout citoyen le désirant, de créer de la richesse en toute légalité et avec le minimum d’entraves. Si c’est le cas, alors ce serait un développement positif à encourager afin de permettre à chaque village d’avoir ses millionnaires ! On devrait encourager un secteur privé résilient et florissant, créateur d’emplois et crédible dans la tenue de ses responsabilités sociales. La Banque devrait, par conséquent, aider les gouvernements à entreprendre des réformes et améliorer les systèmes d’imposition, encourager l’émergence de nouveaux entrepreneurs et aider à instaurer la transparence et la responsabilité dans l’utilisation des ressources publiques.

Comment faire exister vos propres idées et priorités du moment, tandis que la Stratégie décennale 2013-2022 est en cours d’exécution ?

Comme son nom l’indique, la Stratégie décennale a une durée de vie de dix ans. Elle dresse les contours d’une feuille de route crédible pour la Banque, dans sa quête pour être au centre du programme de transformation de l’Afrique. Et je faisais partie de l’équipe de la haute direction qui l’a élaborée et proposée aux actionnaires. La Stratégie prévoit la nécessité de révisions périodiques et d’ajustements sur la base des résultats et l’avènement de nouvelles situations. J’envisage une première révision en 2016. Un moment tout indiqué pour un alignement plus ferme avec le Programme 2063 de l’Union africaine et avec les Objectifs de développement durable de l’après-2015. Ce point d’étape sera également l’occasion de tirer les leçons de l’épidémie Ebola. Toutefois, les infrastructures, l’intégration régionale et le secteur privé seront les domaines prioritaires au coeur de nos opérations, tandis que l’égalité des genres, les questions de la fragilité et de la sécurité alimentaire jouiront d’une attention toute spéciale.

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