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African Banker

Capital-investissement : L’Afrique est attractive

Au-delà des turbulences actuelles, l’Afrique reste une terre d’investissements prometteuse, considère l’Association africaine de Private Equity et de capital-risque. L’Afrique de l’Ouest et l’Afrique de l’Est concentrent les projets.

Par Laurent Soucaille

L’AVCA, Association africaine de Private Equity, a rendu public ses chiffres annuels, dressant un bilan plutôt encourageant de la période 2014-2019, et publie parallèlement une grande enquête auprès des investisseurs potentiels, d’une part, et des gérants de portefeuille, d’autre part.

Bien sûr, ses conclusions ne tiennent pas compte du coup de frein actuel de la croissance économique en Afrique et dans le monde.

Dans leur grande majorité, les investisseurs considéraient l’Afrique de l’Ouest comme la région la plus attractive, suivie par l’Afrique de l’Est et l’Afrique du Nord ; le pays africain le plus cité étant le Kenya.

Entre 2014 et 2019, l’Afrique de l’Ouest a généré 10,2 milliards $ de valeurs dans le cadre des activités de Private Equity. La sous-région se place devant l’Afrique du Nord, l’Afrique australe, l’Afrique de l’Est et l’Afrique centrale. Dans sa globalité, l’Afrique a vu la réalisation de 1 046 transactions de Private Equity, pour une valeur globale de 25,3 milliards $.

En 2019, les fonds mobilisés ont atteint 3,9 milliards $, un montant record depuis 2016. Le fonds Actis, spécialisé dans les financements de long terme des infrastructures, a contribué à près de la moitié de cette mobilisation avec une opération à 1,2 milliard $.

Les performances de l’Afrique de l’Ouest ont été tirées par le Nigeria qui a concentré 68% de la valeur des transactions et 55% du nombre des opérations de Private Equity. Sur la période, le pays a présenté une croissance modeste mais jugée solide (2,3% par an, en moyenne) et a pris diverses mesures visant à améliorer le climat des affaires et susceptibles d’attirer les investisseurs. Le Ghana et la Côte d’Ivoire ont également attiré des capitaux.

D’autre part, l’AVCA publie les conclusions d’une enquête auprès de 33 investisseurs internationaux et de 46 gestionnaires de portefeuille en Afrique. L’enquête révèle que les commanditaires restent positifs à l’égard du Private Equity à l’africaine.

Une majorité (58%) d’entre eux, avant la crise récente, envisageait une augmentation de leur exposition à l’Afrique, dans une perspective de trois ans. Ils étaient 53% lors de l’enquête publiée en 2019. À noter qu’ils n’étaient que 16% à envisager un accroissement de leurs investissements dans les marchés développés.

Amélioration du climat des affaires

Dans leur grande majorité (89%), les investisseurs considéraient l’Afrique de l’Ouest comme la région la plus attractive, suivie par l’Afrique de l’Est et l’Afrique du Nord ; le pays africain le plus cité étant le Kenya.

Sur le plan sectoriel, les investisseurs privilégient les investissements dans les secteurs liés à la consommation, puis l’agrobusiness et les services financiers. Parmi leurs motivations à choisir l’Afrique, un profil risque/retours attractif (pour 73% des interrogés), la performance de l’investissement, son impact, et la volonté de diversification.

ENCADRE 

Les « deals » continuent 

L’opération était attendue. SPE Capital Partners, une firme de Private Equity dirigée par Nabil Triki a finalisé, le 13 avril, le rachat de Saham Pharma, une entreprise pharmaceutique marocaine, engagée dans la fabrication d’antibiotiques.

Proparco, la branche de financement du secteur privé de l’AFD (Agence française de développement) a participé à l’opération, en acquérant une participation minoritaire.

L’entreprise rachetée est ancienne filiale de la holding Saham Group de Moulay Hafid Elalamy, qui poursuit, depuis deux ans, son désengagement secteur de la santé. « Nous pensons que le secteur pharmaceutique marocain a de solides fondamentaux de croissance et de résilience », a commenté Nabil Triki, directeur général SPE Capital.

Dont il s’agit, comme pour Proparco, du deuxième investissement direct dans le secteur de la santé au Maroc.D’autre part, IFC (Banque mondiale), a engagé près de 20 millions de dollars dans un nouveau gestionnaire de fonds de capital-investissement institutionnalisé indépendant, opérant dans la région MENA, pour aider les petites et moyennes capitalisations de la région à améliorer leur accès au capital institutionnel et à croissance. 

Le fonds SPE AIF I est géré par SPE Capital Partners et se concentrera principalement sur l’Égypte, le Maroc et la Tunisie. SPE Capital dispose de représentations en Tunisie, au Maroc, en Égypte et en Côte d’Ivoire.

Evidemment, qui dit investissement dit risque. En Afrique, les risques monétaires et politiques sont considérés comme étant les plus importants ; à moyen terme, les investisseurs estiment que la réglementation devra davantage faciliter les opérations de sorties, afin d’attirer davantage les capitaux.

De leur côté, les gestionnaires de fonds se déclarent aussi très optimistes à l’égard du Private Equity en Afrique. Ils considéraient, dans cette enquête publiée fin mars, que l’environnement économique devrait s’améliorer, à horizon trois ans. Tant en termes de croissance économique qu’en matière de climat des affaires.

La quasi-totalité d’entre eux envisageaient de nouvelles opérations, à court terme. En revanche, ils placent plus volontiers (à 89% d’entre eux) l’Afrique de l’Est – Kenya en tête – comme étant la zone la plus attractive à leurs yeux. S’ils citent également les secteurs liés à la consommation, ils ne négligent pas le secteur de la technologie dans leurs choix d’investissements. Seul obstacle majeur cité, la difficulté à réunir des fonds.

À ce sujet 69% des investisseurs et 86% des gestionnaires estiment que le capital local – au contraire de l’investissement étranger – est de nature à catalyser l’industrie du Private Equity en Afrique.

 

Dans l’ensemble, d’ailleurs, les gérants de fonds se montrent davantage confiants que les investisseurs. Alors que seulement 17% de ces derniers s’attendent à ce que les rendements du Private Equity africain dépassent un rapport de 3,0 fois au cours des dix prochaines années, 50% des gérants estiment cet objectif atteignable. Kenya, Nigeria et Éthiopie sont les trois pays le plus souvent mentionnés par les différents acteurs interrogés par l’AVCA.

Les progrès de la RSE

Sur la méthode, la plupart privilégient la participation à un fonds d’investissement ou à un fonds de capital-risque, davantage que la participation à une offre publique de vente d’actions ou l’achat d’actions sur un marché.

Parmi les motivations qui déterminent leurs choix, les investisseurs sont attentifs à l’historique de l’investissement, à la réputation du gestionnaire dans le choix et le soutien aux entreprises cibles, ainsi que l’expertise desdites entreprises au sein de leur secteur.

À noter que les investisseurs sont attentifs à la RSE (responsabilité sociétale de l’entreprise), surtout en matière de gouvernance, de respect de l’environnement, ainsi que des facteurs sociétaux. Ils se déclarent d’ailleurs plutôt « confiants » sur ce sujet, concernant les entreprises africaines.

En matière de risques qui pourraient faire obstacle à un investissement, les professionnels notent, outre le risque de change et le risque politique, celui de de devoir prolonger leur investissement sur longue période et le risque d’un retour sur investissement moindre qu’attendu.

Peu redoutent des modifications de fiscalité ou des contraintes réglementaire, ou bien encore à un défaut d’informations de la part des entreprises.

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