Close
Avez-vous trouvé cet article intéressant?

Uncategorized

Cameroun : Les puissants entrepreneurs du privé

Les « Diaspos » se font remarquer

Enfin, parmi les multiples talents du Cameroun, les « Diaspos » font de plus en plus entendre leur voix. De « jeunes cadres aux belles références managériales sont dispo­nibles pour servir de relais et/ou d’appuis aux nouveaux investisseurs qui frappent aux portes du Cameroun ! Il y a aussi des femmes et des hommes puissants dans le secteur privé international », martèle Yasmine Bahri- Domon, la directrice de publication d’Inves­tir au Cameroun.

Élisabeth Medou Badang est un « pur produit Orange » dont elle dirige la filiale à Douala depuis décembre 2013. Gwendoline Abunaw est une « authentique banquière » à la tête d’Ecobank Cameroun depuis mai 2017. Freddy Tchala est au coeur du réseau francophone de l’opéra­teur MTN, désigné Meilleur manager en 2015. Georges Wega est le premier Africain à gérer la filiale sénégalaise de la Société Générale, Mathieu Mandeng préside à l’avenir de Standard Chartered Bank à l’île Maurice. Bref, ces « têtes couronnées » issues de la diaspora camerounaise sont la preuve qu’aujourd’hui les politiques ne sont pas seuls à compter au Cameroun.

Daniel Claude Abate, le président du Mouvement des entrepreneurs du Cameroun (Mecam), la troisième orga­nisation patronale du pays, confie que s’il a voulu s’essayer à l’entrepreneuriat chez lui, après avoir travaillé pour des grands groupes comme Coca-Cola, Exxon et British Tobacco un peu partout en Afrique, c’est pour contribuer, « à son tour », au développement du Cameroun. Non sans quelques déboires avec un premier associé, car il lui a fallu d’abord liquider la société qu’il avait fondée à son arrivée à Yaoundé pour mieux rebondir. Il est actuellement seul patron de l’entreprise BFM Business Corporation après avoir été dirigeant asso­cié du Cabinet Compétences spécialisé en stratégie d’entreprise, ingénierie financière, management, marketing et ressources humaines. Très connecté politiquement puisqu’il a rejoint le parti au pouvoir, il officie dans plusieurs commissions présidentielles comme la Commission des marchés financiers ou le Comité de promotion de l’éthique ou de la gouver­nance des douanes camerounaises, qu’il préside. Ce qui ne l’empêche pas de garder une « distance critique », insiste-t-il, face à un certain nombre de travers du régime actuel. Il publie, en cette rentrée, un livre sur sa vision des affaires au Cameroun inti­tulé Émergence en eaux troubles dans lequel il décortique de l’intérieur « les pratiques, attitudes, habitudes collectives et institu­tionnelles qui freinent la marche du pays vers l’émergence en 2035 », explique-t-il.

Au coeur de la société civile

David Djipi a lui aussi décidé de faire un retour au pays pour se lancer dans l’agro­business. Tout en assurant ses arrières dans l’immobilier, moins risqué, puisqu’il est à la tête d’un complexe d’immeubles de luxe à Yaoundé construit « à partir de rien et qu’il a fallu lotir de A à Z », explique-t-il en montrant non sans fierté la vue impre­nable sur la forêt équatoriale depuis son appartement du dernier étage situé dans un nouveau quartier chic de Yaoundé.

Fier de son succès, cet ancien diplômé de l’ENSAE de Paris se revendique de la « nouvelle génération de leaders et bâtis­seurs de l’Afrique émergente ». En plus de son expertise qu’il met au service des pays africains et des grandes institutions conti­nentales comme la BAD, il officie dans le Conseil en organisation et en management (Cafsea). Mais il est, surtout, à l’origine d’une initiative citoyenne, l’Engagement citoyen et républicain, visant à promou­voir l’instauration d’institutions fortes et résilientes en Afrique centrale.

Il s’agit, pour lui, de « valoriser le rôle clé de la diaspora dans l’adéquation des ressources humaines aux différents défis de développe­ment de l’Afrique », mais aussi de « susciter un leadership fort et engagé de la jeunesse dans la promotion des bonnes pratiques de gouvernance et la recherche de l’équité répu­blicaine ». Devenu un citoyen engagé « par la force des choses », l’homme d’affaires compte amorcer le réveil de la société civile au Cameroun en sensibilisant un maxi­mum de jeunes pour qu’ils aillent voter lors des prochaines présidentielles de 2018. Tout en garantissant pour lui-même et les siens une indépendance économique qui le laisse libre de ses mouvements. 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Related Posts