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Cameroun : Les puissants entrepreneurs du privé

Les visionnaires

Son compatriote, Francis Nana Djoumou, le PDG de Biopharma, considéré comme l’une des plus belles réussites entrepre­neuriales de ces dix dernières années au Cameroun, a lui aussi attrapé le virus de la diversification. Ses ambitions, en effet, vont bien au-delà de la cosmétique, même si ses produits aujourd’hui vendus dans 22 pays africains dominent déjà largement le marché camerounais. À Nkep, près de Bangou, dans la région Ouest qui l’a vu naître, l’industriel camerounais a construit un gigantesque complexe touristique sur 20 hectares du domaine familial, comprenant des bunga­lows ultramodernes, un jardin botanique abritant des espèces rares, un zoo et une ferme, des centres d’équitation, de confé­rences et de remise en forme, des terrains de foot, de basket et de tennis aux normes inter­nationales, ainsi qu’une vaste plantation de trois hectares destinée à l’agriculture bio. Ce complexe qui représente un investissement de 2 milliards de F.CFA (environ 3 millions d’euros), devrait être opérationnel d’ici à 2019 afin de servir de site d’hébergement pendant la CAN 2019 dont l’une des poules sera basée à Bafoussam.

D’autres entrepreneurs sortent du lot, tel Mohamadou Nana Bouba, directeur général du groupe qui porte son nom, aux marques réputées comme AZUR, Soacm. Ou bien Célestin Kawamoun Tawamba, le PDG de Panzani Cameroun, Société agroalimentaire équatoriale, La Pasta et de la Compagnie industrielle pharmaceutique (Cinpharm), qui vient d’être élu comme nouveau « patron des patrons » camerounais. Dès sa prise de fonction, le nouveau président du GICAM a commandé un audit afin de « restructurer et moderniser le GICAM en vue d’en accroître la légitimité, les capacités et l’efficacité, en tant que mouvement patronal de fédération, de représentation, d’expression, de promotion et de défense de tous les intérêts patronaux au sein de la société camerounaise ». Seul candidat, ce talentueux entrepreneur a été élu haut la main à l’issue de l’assemblée générale ordinaire et élective qui s’est tenue au siège du GICAM le 29 juin 2017. Il sera secondé par onze conseil­lers exécutifs, parmi lesquels Sanda Oumarou (président du conseil d’administration de Cenainvest), nommé premier vice-président et Emmanuel de Tailly (directeur général des Brasseries du Cameroun), son deuxième vice-président.

L’indispensable tissu de PME

Le « Monsieur Assurance » du Cameroun, Protais Ayangma Amang, préside la deuxième organisation patro­nale du pays, Entreprises du Cameroun (ECAM). Après des études de droit privé à Yaoundé, il a rejoint la Société camerounaise d’assurance et de réassurance (Socar, société d’État), dont il gravit un à un tous les éche­lons, avant d’entrer chez Soraraf, un cabi­net de courtage qu’il quitte en 1985, pour créer la Compagnie nationale d’assurances (CNA). Celle-ci devient La Citoyenne en 2001 et rejoint le groupe Colina en 2005 avant d’être vendue au marocain Saham. En 2008, il a été élu président de la FANAF (Fédération des sociétés d’assurances de droit national africaines). Installé à Douala, il préside également le conseil d’administra­tion de South Media Corporation, éditeur du quotidien Mutations. « Les PME sont souvent ignorées, moquées et marginalisées. Elles constituent pourtant le plus important (au moins en nombre) tissu entrepreneurial du pays », martèle-t-il. Pour lui qui nourrit de grandes ambitions pour développer au Cameroun la micro-assurance mais aussi la réassurance, la protection de ces PME-PMI est primordiale car il s’agit souvent de société uninomi­nale faisant vivre des dizaines de personnes. 

Autre visionnaire , Moïse Bayi, le directeur général adjoint permanent de Nexttel, le troisième opérateur télépho­nique du pays « qui n’a jamais eu autant le vent en poupe », affirme-t-il. Au vu des résultats exponentiels de ces deux dernières années, les chiffres – son domaine de prédi­lection – lui donnent raison. Après avoir conquis les zones rurales les plus reculées, l’opérateur téléphonique dont l’action­naire majoritaire est le vietnamien Viettel s’attaque maintenant aux centres urbains. Ce natif de la région littoral ne craint pas de se retrouver confronté à un géant comme Orange et entend au contraire accélérer sa « reconquête » du pays.

Même son de cloche du côté de Mathias Ngako, directeur exécutif de l’agence AG Partners Cameroun, qui est l’un des membres fondateurs du réseau AG Partners en Afrique. Depuis 2013, il a franchi la barre du milliard de F.CFA de chiffre d’affaires et, aujourd’hui, plus de 35 employés travaillent à l’agence de Douala. Un bond remarquable pour ce groupe de marketing et communication en partie racheté par Publicis en 2016, et qui se heurte de plein fouet au groupe Havas « pour les gros clients institutionnels ». Ayant choisi de vivre à Limbé, en zone anglo­phone, ce Bamiléké, très fier de ses origines, rêve d’une internationalisation plus pous­sée en direction de la Guinée équatoriale en plus des pays d’Afrique centrale qu’il gère actuellement (Tchad, RCA, Gabon).

Ferdinand Ngon Kemoum, le direc­teur régional d’Emerging Capital Partners (ECP) pour l’Afrique centrale, est lui aussi un fin connaisseur des « pays en crise » comme la RCA ou, jadis, le Rwanda. En tant que président du conseil d’adminis­tration de Groupe Finadev, il a acquis une riche expérience dans la banque et le capital développement en Afrique. Après avoir commencé sa carrière chez CCEI Bank, Méridien BIAO et plus tard Amity Bank dont il devient directeur adjoint en 1997, ce financier a ensuite travaillé pour Loita Capital Partners, une importante banque d’affaire sud-africaine, puis pour Bacar, une banque rwandaise. En 2003, il a été recruté comme gérant de Framlington Asset Management Central Management (groupe HSBC) en vue de lancer le Central Africa Growth Fund, un fonds ciblant les PME en Afrique centrale grâce au soutien de plusieurs agences de développement. Il est également directeur général adjoint d’Oragroup (ex-Financial Bank) depuis 2009 et siège au conseil d’administration de nombreuses sociétés dans la sous-région.

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