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Cameroun : Inflation de diplômes professionnels

À la différence de leurs homologues du privé, l’université propose également des filières de doctorat professionnel. Ce diplôme, délivré notamment à Yaoundé II, revient à 4,5 millions de F.CFA (6 860 euros) pour les trois années d’enseignements.

Le savoir-faire et le savoir être priment

La valeur de ce montant conjuguée aux critères de sélection basés essentiellement sur le principe de la validation des acquis suscitent des doutes quant à la sincérité de cette initiative. S’agit-il d’une opération pure­ment mercantile ? « Si l’argent était notre seule motivation, on n’aurait pas refusé du monde. Et puis s’agissant du coût de nos doctorats profes­sionnels, il est bien plus élevé dans d’autres pays, comme en Côte d’Ivoire où il avoisine les 9 millions de F.CFA, soit le double », se défend le professeur Magloire Ondoa, doyen de la faculté des Sciences juridiques et politiques de Yaoundé II.

Quid de la valeur même de ces diplômes sur le marché de l’emploi. « La problématique de l’emploi ne doit pas seule­ment s’appréhender sous l’angle du diplôme, qui, même s’il est préférable qu’il ait été obtenu dans une grande école, n’en est pas la finalité. D’autres facteurs que le savoir académique, à l’instar du savoir-faire et du savoir être, appa­raissent plus décisifs pour accéder à l’emploi », résume Nathalie Atangana, cadre au Fonds national de l’emploi.

Même raisonnement chez Charles Fono, patron d’un établisse­ment de microfinance à Yaoundé, pour qui la personnalité du demandeur d’emploi est bien plus déterminante que le diplôme qu’il présente.

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ENCADRE

Trois questions à…

Cyrille Chatelain Ewolo Promoteur d’un centre de formation dans l’audiovisuel

Comment expliquez-vous ce foisonnement d’instituts de formation professionnelle ?

Ce phénomène répond simplement à une réalité : les diplômes académiques avec leur caractère essentiellement théorique, n’ouvrent plus vraiment les portes de l’emploi. Voilà pourquoi le ministère de l’Emploi et de la formation professionnelle a été créé.

Il est la tutelle de certaines de ces structures dont les enseignements sont davantage pratiques, donc plus adaptés aux besoins du monde professionnel. Par exemple, dans l’audiovisuel, la formation professionnelle s’impose. Et avec la multiplication des médias – dans la seule ville de Yaoundé on compte 56 radios FM –, un bon joueur ne peut jamais manquer d’équipe !

Cela signifie-t-il que l’implémentation du « système LMD » (licence, master, doctorat), qui lui aussi, vise la professionnalisation des enseignements, n’a pas réussi ?

Sans émettre un jugement de valeur, je pense que le système LMD est encore à un stade embryonnaire au Cameroun ; il poursuit sa phase d’expérimentation. Ce système se cherche encore. C’est pourquoi la formation professionnelle a toujours plus de valeur, mais il faut aussi reconnaître que cela se vérifie davantage dans certains secteurs que dans d’autres.

N’y a-t-il pas un doute quant à la crédibilité des diplômes ?

Pas du tout ! Les diplômes délivrés par les centres de formation sont reconnus par le ministère de l’Emploi et de la formation professionnelle, qui leur délivre les agréments pour leur fonctionnement.

On ne peut pas négliger les actes posés par un gouvernement souverain. Même au plan international, ces diplômes tels que le DQP (diplôme de qualification professionnelle) ou le CQP (certificat de qualification professionnelle), sont également référencés notamment par l’OIT (Organisation internationale du travail) et par l’Unesco.

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