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Yaoundé-Paris, rapports détériorés

Cet axe est directement concurrent de celui du Cameroun pour tout le commerce en Afrique centrale et notamment au Congo Kinshasa dont la façade maritime occidentale est très mal desservie ; Matadi n’est reliée à l’intérieur que par le fleuve Congo avec des rapides insurmontables en amont et par un chemin de fer antédiluvien. On voit bien que, dans ce cas à la fois précis et primordial pour le Cameroun, la France agit davantage en fauteur de trouble qu’en ami. Les relations entre les deux pays ne pouvaient donc que se détériorer, indépendamment de toutes autres polémiques.

Or, des polémiques, il y en eut et en grand nombre ! Pêle-mêle, le traitement réservé par la foule à l’ambassadrice française ; un contentieux relatif à des condamnés français de droit commun, Paris refusant le verdict des tribunaux camerounais ; les relations personnelles glaciales entre un président français socialiste qui n’a jamais mis officiellement les pieds à Yaoundé et un président camerounais jugé « trop longtemps au pouvoir » par l’entourage du premier. La presse française a même été jusqu’à mettre en doute le moral de l’armée camerounaise, au moment où celle-ci enregistrait les premières victoires africaines contre Boko Haram !

Cela sonne comme un véritable tir de barrage face au locataire du palais d’Etoudi, lequel a pourtant rassemblé l’immense majorité de la population autour de lui : les opposants, d’habitude virulents, n’osent plus critiquer l’armée du régime et sont obligés de ménager le Président en place. La France intervint dans une autre bataille, pour aider son ami Omar Bongo au détriment du Cameroun : celle du siège de la Bourse des valeurs mobilières des États d’Afrique centrale. Elle aurait dû s’établir à Douala, où résident nombre d’entre-prises susceptibles d’être cotées, et pourtant le choix se porta sur Libreville, un choix refusé bien entendu par le Cameroun.

Si bien qu’aujourd’hui coexistent deux Bourses, l’une gabonaise et l’autre camerounaise, toutes deux inopérantes. Ce qui est remarquable dans ces relations franco-camerou-naises, c’est que leur détérioration est continuelle, comme si la France n’avait jamais cherché à comprendre son ancien partenaire. Peut-être parce que le pays ne fut pas totalement francophone, partagé à Berlin entre la France, l’Allemagne et l’Angleterre ? Un temps d’ailleurs, le Cameroun rejoignit le Commonwealth, c’est dire ! Peut-être cela fut-il une chance pour le Cameroun : les baisers de la France peuvent être mortels…

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