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Yaoundé-Paris, rapports détériorés

Lesquels, au pays jadis des Bamilékés entreprenants – « jadis », car à présent tous les Camerounais s’y sont mis – sont… Africains ! Le Nigeria exporte aujourd’hui plus que la France et de très loin, si l’on y inclut l’informel. Et les cinq premiers clients du Cameroun sont, dans l’ordre, mais très près les uns des autres, le Portugal, l’Espagne, les Pays-Bas, la Chine et le Tchad. Rien d’étonnant alors que la foule de Yaoundé bouscule et hue l’ambassadrice de France au Cameroun, Christine Robichon, lors d’une marche de soutien à la lutte contre Boko Haram.

La presse n’a pas relayé l’événement, mais le Web s’est déchaîné. Certes, l’expression est libre au Cameroun, à un point qui effraierait bien des Français habitués au respect des puissants. Paul Biya est souvent traîné dans la boue et pas mal de journalistes ont pâti de leurs débordements réels et exagérés à cet égard : les langues et les plumes s’étaient donc un peu civilisées ces dernières années. C’est qu’en outre, le Cameroun bruisse de rumeurs sur la provenance des armes de Boko Haram.

Les armes saisies par les troupes tchadiennes et camerounaises lors de leurs combats contre la secte terroriste s’étant avérées en grande partie d’origine française. Le président tchadien, Idriss Déby Itno, s’est étonné de cette provenance, le gouvernement français n’ayant pas vraiment expliqué le phénomène ; selon le quotidien Le Monde, il s’agit probablement des armes fournies aux rebelles libyens par l’ancien président Nicolas Sarkozy et revendues aux rebelles nigérians financés par « un État du Golfe ».

On suppose que ce dernier est un ami de la France, ce que n’ignorent pas les Africains. Alors l’ambassadrice, son ministre Laurent Fabius et les rares hiérarques du PS français qui s’intéressent au continent, répètent que la France est l’amie du Cameroun. Il en faudra plus, beaucoup plus, pour sauver ce qui peut l’être de la présence française dans ce pays.

Les filiales des banques françaises n’existent déjà pratiquement plus, laminées par la croissance phénoménale des « banques bamilékés » créées à partir des vieilles tontines et contre lesquelles lesdites filiales ont rageusement combattu dans les années 1980 ; et le Cameroun n’est plus du tout prioritaire pour les investisseurs français qui le plaçaient déjà au 66e rang de leurs préoccupations en 2011 !

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