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Burkina Faso : Nouvelle ère pour les marchés publics

  • Publiémars 9, 2018

La plateforme de dématéria­lisation présente, comme princi­paux avantage, le renforcement de la transparence, la réduction des litiges, des coûts et des délais dans la passation des marchés publics.

Plusieurs raisons ont milité en faveur ce choix, notamment le retard dans l’exécution des programmes, le faible taux d’exécution des marchés et l’impossibilité de répondre dans les délais aux besoins des popula­tions.

Les autorités le conçoivent comme un moyen pour plus de transparence, de traçabilité pour éviter la corruption à tous les niveaux. « Nous voulons profiter de ce que nous offrent les technologies de l’information et de la communication pour non seulement rattraper le retard de notre pays, mais aussi le positionner parmi les pays réformateurs dans ce domaine », explique Hadizatou Rosine Coulibaly, ministre de l’Économie, des finances et du développement.

La loi sur les PPP que prévoit le gouver­nement pourra passer des contrats pour la construction de plusieurs centres de santé, d’écoles, d’universités et routes par la procédure de l’enttente directe avec des entreprises privées.

Pour une partie de l’opi­nion publique et l’opposition politique, ce procédé constitue une voie royale pour offi­cialiser le pillage des ressources financières publiques du pays. Les députés de l’oppo­sition arguant que cette procédure est une voie ouverte à la corruption avaient d’ail­leurs quitté l’Hémicycle avant l’examen et l’adoption de ce projet de loi.

« La passation des marchés publics est une gangrène au Burkina Faso. La plupart des marchés sont ciblés. On met des conditions uniquement pour favoriser une entreprise sachant que seule celle-ci peut satisfaire à la condition imposée. La plupart des membres des commissions d’attribution des marchés sont affiliés à des entreprises qu’ils favorisent en mettant des conditions pour éliminer les concurrents », reconnaît ce diplomate d’une chancellerie occidentale.

« Nous avons proposé de créer un dispositif qui va relever de la loi pour le contrôle a posteriori, ce n’est pas vraiment pas un boulevard ouvert pour la corruption ! », fait observer Hadizatou Rosine Coulibaly, pour tenter de rassurer l’opinion publique. N

ENCADRE

Gagner la bataille de la corruption

Selon les rapports annuels du Réseau national de lutte anti-corruption (Ren- Lac), le « trio de tête» des services perçus comme les plus corrompus est constitué des marchés publics, de la Douane et de la Police municipale.

Pour inverser la tendance, le Réseau a émis de fortes recommandations. Il suggère, entre autres éléments, la création d’une procédure pénale spéciale pour sanctionner les crimes économiques ; l’amélioration du contrôle de la commande publique ; l’exclusion définitive des procédures de mise en concurrence des marchés publics, des entreprises déclarées deux fois défaillantes ou épinglées pour des faits d’atteinte à la probité ou coupables de fraude fiscale.

Il est une structure dont tout le monde souhaite renforcer l’action : l’Autorité supérieure de contrôle d’État et de lutte contre la corruption (ASCE-LC) qui n’a pas totalement les moyens financiers de sa politique.

Convaincu que la corruption est « une infraction dissimulée », le patron de l’Autorité, Luc Marius Ibriga (photo) estime que « si véritablement on veut lutter contre elle, il faut renforcer l’ASCE-LC ». Signe des temps, le gouvernement a transmis fin 2017, au parlement, un projet de loi portant prévention et répression de la corruption au Burkina Faso.

Dans cette nouvelle mouture, la reprise de la loi permettra notamment d’accepter l’introduction de la déclaration électronique. Également, comme innovation, l’inopposabilité du secret bancaire et professionnel.

Écrit par
African Business french

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