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Burkina Faso: les bonnes affaires

L’Inde est devenue un partenaire de choix du Burkina Faso. Les investissements indiens s’intensifient dans les secteurs de l’immobilier, l’agriculture, l’électrification rurale, notamment.

De l’électrification rurale à l’immobilier, en passant par l’agriculture et les TIC, la présence indienne est perceptible partout, au Burkina Faso. Outre la téléphonie, où l’indien Bharty détient l’opérateur Airtel, le secteur immobilier demeure l’un des domaines d’excellence de la présence indienne. En 2013, le Burkina Faso avait bénéficié d’une ligne de crédit de l’Export-Import Bank of India (Exim Bank) de près de 11,2 milliards de F.CFA dans le cadre du Programme 10.000 logements, afin d’améliorer les conditions de vie des populations à faible revenu.

scène ordinaire au Burkina Faso

L’apport indien a notamment permis le démarrage de la construction de 1 000 logements sociaux et économiques suivant la technologie indienne (plus de 80 % des travaux sont exécutés par des entreprises indiennes) à Bassinko, à la périphérie nord de la capitale. Dans le volet agricole, l’acquisition de tracteurs et équipements d’un montant de 15 milliards de F.CFA, entre 2009 et 2013, a été d’une grande contribution à la mécanisation agricole du Burkina Faso. La première phase a permis de mettre à la disposition du monde agricole 700 tracteurs et 1 200 motopompes.

Les tracteurs sont alloués à crédit aux agriculteurs, pour une durée d’environ cinq ans (pour des prix variant de 5,6 à 9 mil- lions de F.CFA). Une autre contribution importante est le financement de la construction de l’usine de la Société de transformation des fruits et légumes (STFL), à hauteur de 8 milliards de F.CFA. D’une capacité de 250 tonnes/jour, l’usine installée à Loumbila, à 20 km de la capitale, pourra traiter environ 50 000 tonnes de tomates par an.

L’ambassade du Burkina Faso à New Dehli a décidé, début 2014, de créer une plateforme électronique, iConnect Burkina, en vue de faciliter « des partenariats crédibles et gagnant-gagnant » entre Burkinabé et Indiens. Par le biais de cet instrument, les porteurs de projet et les investisseurs ont la possibilité de prospecter le marché indien.

L’entreprise indienne Mohan Exports conduit les travaux de construction de l’usine, qui devrait être opérationnelle en 2015. L’Inde a financé en 2014 l’acquisition de 135 bus, au profit des universités et grandes écoles de formation publiques, pour un montant de 11,8 milliards de F.CFA, par le biais de la Banque d’investissement et de développement de la Cedeao (BIDC). Dans le domaine de l’artisanat, le Burkina Faso a signé fin 2013 une convention avec la corporation nationale des petites et moyennes entreprises de l’Inde, pour la mise en œuvre d’un centre d’incubation d’entreprises et de métiers. Dernière société indienne à la conquête du marché burkinabé, Hero Motocorp a ouvert en février 2014, une succursale à Ouagadougou. Ce groupe a fait le choix de s’implanter en Afrique de l’Ouest à partir du Burkina Faso et de la Côte d’Ivoire, en s’alliant à la Société africaine de cycles (SAC).

Team 9 pour relancer l’électrification rurale

L’accès à l’énergie est l’une des priorités du gouvernement burkinabé pour atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement et lutter efficacement contre la pauvreté. L’ambition du gouvernement est de favoriser l’accès de 50 % de la population rurale aux énergies modernes, à l’horizon 2020. Pour ce faire, plusieurs projets sont en cours d’exécution qui permettront d’électrifier près de 250 nouvelles localités d’ici à 2020. Le projet d’électrification rurale Team 9, sur financement indien, apparaît comme une contribution de taille à l’atteinte de ces objectifs. Team 9 est un partenariat entre l’Inde et huit pays africains. Dans ce cadre, l’Inde a mis à la disposition de ces pays une ligne de crédit en vue de financer des projets dans chacun d’entre eux.

À ce titre, le Burkina Faso a bénéficié pour ses programmes d’électrification rurale, d’un prêt de 15,4 milliards de F.CFA. À l’évidence, les missions commerciales réciproques ces trois dernières années, ont contribué à consolider les liens. Ces échanges bilatéraux ont été matérialisés par la tenue d’un forum économique à Ouagadougou, en juin 2010. Depuis, environ 300 hommes d’affaires indiens issus de la Confédération des industries indiennes (CII) ont séjourné au Burkina Faso, selon la Chambre de commerce et d’industrie. « L’Inde a atteint un niveau d’évolution de son secteur industriel, ce qui conduit le pays à rechercher des partenaires pour étendre ses activités. Le Burkina Faso peut donc jouer un rôle dans ce sens », explique l’ambassadeur Idriss Ouédraogo.

Les chiffres sur les échanges commerciaux entre l’Inde et le Burkina Faso indiquent une nette amélioration. Le montant de ces échanges est passé de 25,8 milliards de F.CFA en 2007, à 44,1 milliards en 2009 et plus de 70 mil- liards en 2013. Quant aux exportations indiennes au Burkina Faso, leur volume est passé de 16,2 milliards de F.CFA en 2007 à 25 milliards en 2011 et 40 mil- liards de F.CFA en 2013. Le pays achète en Inde des produits pharmaceutiques, des véhicules et des pièces détachées, des produits sidérurgiques, des pièces mécaniques, des dérivés du caoutchouc. Le Burkina Faso exporte du coton, du sésame, de la noix de cajou, des peaux d’animaux.

L’ambassade du Burkina Faso à New Dehli a décidé, début 2014, de créer une plateforme électronique, iConnect Burkina, en vue de faciliter « des partenariats crédibles et gagnant-gagnant » entre Burkinabé et Indiens. Par le biais de cet instrument, les porteurs de projet et les investisseurs ont la possibilité de prospecter le marché indien. De même, les producteurs ont la possibilité de trouver des acheteurs pour tous les produits d’exportation prisés par les Indiens, tels le sésame, la noix d’acajou ou le beurre de karité.

ENCADRE

Des sillons pour le futur

L’Inde et le Burkina Faso se rapprochent d’année en année et des perspectives de partenariat prometteuses pointent à l’horizon. Dans le secteur minier, l’Inde se dit intéressée par l’exploitation des mines de phosphates de l’Est du Burkina et l’exploration de l’uranium.

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