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Burkina Faso: agriculteur modèle

ENCADRE:

Dans ce pays sahélien qu’est le Burkina Faso, l’agriculture génère plus de 30 % du PIB et occupe plus de 86 % de la population active. Selon le ministère de l’Agriculture et de la Sécurité Alimentaire, plus de 70 % de la production nationale agricole est assurée par les petits producteurs. Toutefois, le secteur, dépendant des aléas climatiques, est insuffisamment performant, utilisant peu de semences améliorées, d’engrais et d’autres intrants modernes. D’où la volonté du gouvernement de tabler sur les semences améliorées.

Le secteur semencier du Burkina Faso connaît depuis 2008, un développement important grâce aux efforts de l’État et ses partenaires techniques et financiers (l’Union Européenne, Agra, l’Agence japonaise de coopération internationale, la FAO, etc.). Le nombre des producteurs semenciers est passé de 2 750 en 2009 à 4 000 en 2013, après l’intervention de l’État dans la distribution de quantités importantes de semences aux producteurs, à des prix fortement subventionnés. En 2013, le gouvernement a commandé 8 600 tonnes de semences, auprès de l’Union, pour environ 5,8 milliards de FCFA, au profit des producteurs du pays. Le gouvernement vend les semences, à raison de 1 000 F.CFA le sac de 25 kg dans les 302 communes rurales du pays. Il espère que dès 2015, la moitié des producteurs utiliseront des semences améliorées. De 200 t en 2004, la production est aujourd’hui estimée à 18 000 t. Les projections de production de semences certifiées pour 2015, sont de 25 000 t. Le pays vient de se doter d’un Comité national des semences (CNS) en vue de dynamiser cette filière et progresser vers l’autosuffisance alimentaire.

Afin de faciliter les opérations de triage et calibrage, l’entreprise s’est dotée en 2013 d’une unité moderne de traite­ment et conditionnement des semences, d’une capacité de 4,5 t/heure. Cette initiative a déjà fait des émules au Mali, au Niger et au Ghana.

Le défi de Nafaso est d’emblaver 1 000 ha pour la production de 3000 t de semences de maïs hybride en 2015. « Nous projetons une production de 10 000 t de semences à l’horizon 2020 et d’augmenter jusqu’à 50 le nombre de boutiques à travers le Burkina Faso, afin de rapprocher les semences des producteurs », commente Abdoulaye Sawadogo.

Selon son fondateur, Nafaso doit sa réussite « au courage, à la volonté, à la vision, à l’amour du travail et à l’envie de rendre service aux autres. Nous ne produi­sons pas ce que nous ne pouvons pas vendre. Là où il y a la possibilité de produire dans une région donnée du pays, nous mettons le paquet pour le faire ».

Premier lauréat de l’innovation en agriculture pour la production de l’hybride Bondofa, le perfectionniste qu’il est a aussi tenté des expériences innovantes, dont Komsaya la faim est finie », en langue mooré), une variété de maïs qui peut produire jusqu’à 12 t à l’hectare contre 6 t pour les autres varié­tés. Il expérimente également, depuis 2009, une nouvelle variété de pomme de terre, susceptible de pousser dans le Sahel burkinabé. « Notre exemple consti­tue aujourd’hui un espoir pour les autres producteurs africains qui auront des semences adaptées à nos conditions clima­tiques », confie-il.

L’importance de la filière semencière a poussé les autorités burkinabé à s’inté­resser à l’organisation du secteur. Portée sur les fonts baptismaux en 2004, l’Union nationale des producteurs semenciers du Burkina Faso (UNPS-BF) regroupe plus de 4 000 membres avec une production de 20 000 t de semences certifiées par an, tous produits confondus (maïs, riz, niébé, arachide, soja, sésame, mil, sorgho).

« Nous sommes présents dans les 13 régions du Burkina et organisés en unions provinciales et régionales de producteurs ou groupements de producteurs semenciers », explique Abdoulaye Sawadogo, porté à la tête de l’Union en 2010.

Ce responsable sait que la compéti­tivité du secteur semencier burkinabé et le dynamisme de la recherche variétale au Faso demeurent des défis à relever. Aussi, il vise « le renforcement des capaci­tés techniques des producteurs semenciers, des agents d’encadrement et des inspecteurs semenciers ». L’une de ses préoccupations est d’augmenter le taux d’utilisation des semences améliorées au Burkina Faso qui tourne autour de 17 %, la moyenne obser­vée dans les pays de la Cedeao. Il se donne « pour ambition de faire remonter ce taux à 25 % d’ici à 2017 ».

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