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Bintou Diallo* : Créer son entreprise en 24 h

L’Agence de promotion des investissements du Burkina Faso participe à développer l’attractivité économique auprès des investisseurs privés. Bintou Diallo, sa directrice générale, revient sur son fonctionnement et ses prérogatives.

Propos recueillis par Marie-France Réveillard

De quelle manière l’API-BF accompagne-t-elle les investisseurs ?

Notre Agence assure la promotion des investissements étrangers et des investissements nationaux de grand volume. Elle est, à ce jour, la principale « porte d’entrée » des investisseurs. Nous gérons la phase de facilitation et d’accompagnement des investisseurs en nous appuyant sur un guichet unique, basé au sein de la Maison de l’entreprise. Depuis 2017, avec l’allègement des procédures réglementaires et la numérisation des données, il est possible de créer une entreprise en 24 heures.

Quels sont les moyens dont dispose l’API-BF ?

L’API est un organisme public à caractère particulier qui compte une vingtaine de salariés, dotée de fonds publics, rattachée à la Présidence. Le conseil d’admi­nistration est présidé par le secrétaire permanent du conseil présidentiel.

En qualité de membres du comité de pilotage, nous avons participé à l’élaboration du PNDES (Plan national de développement économique et social), puis à sa diffusion, ainsi qu’à la sensibilisation des inves­tisseurs.

Deux sessions annuelles définissent les orientations prioritaires que l’API est en charge d’opérationnaliser. Certes, à ce jour, nos ressources sont limitées et la situation politique nous a fortement impactés. De plus, nous cherchons à gagner en visibilité, car l’agence est encore mal connue.

En termes d’outils, nous disposons d’une banque de projets regroupés par secteur qui nous permet de mettre en lien les inves­tisseurs avec les porteurs de projets publics ou privés. Actuellement, l’API-BF est structurée comme les autres agences régionales, mais nous ne disposons pas encore des mêmes moyens techniques ou financiers. Néanmoins, en qualité de membres du comité de pilotage, nous avons participé à l’élaboration du PNDES (Plan national de développement économique et social) puis à sa diffusion, ainsi qu’à la sensibilisation des inves­tisseurs. L’API-BF a donc été fortement impliquée dans le PNDES 2016-2020.

Quels sont les secteurs d’investissement prioritaires ?

Le secteur des mines et énergies, le tourisme et l’hôtellerie, l’immobilier, le transport, la santé, l’éducation et les TIC. Surtout, l’agriculture et l’agrobusiness représentent « le » secteur prioritaire qui a été redynamisé, soutenu par les bailleurs internationaux. Ce sont des projets à long terme qui s’inscrivent dans le PNDES. Nous avons notamment développé des pôles de croissance tels que Samandéni et Sourou qui permettront d’augmenter la productivité. Nous développons l’agriculture bio notamment dans le coton, depuis près de cinq ans. Fin février 2018, nous avons inauguré une unité d’égrenage de coton à Koudougou. L’API organise également un Salon du coton et du textile en octobre pour promouvoir le coton conventionnel et bio.

Quels sont les principaux investisseurs étrangers ?

Depuis dix ans, nous observons la montée en puissance des investisseurs américains et asiatiques, face au net recul des Européens. Cela tient notamment à l’essor du secteur minier.

ENCADRE

Un système intégré

Depuis dix ans, le Burkina Faso intensifie ses efforts en matière de simplification des procédures, en réduisant ainsi le coût des documents administratifs. La création d’un Guichet unique du foncier, dès 2008, relatif aux actes de construction, permet l’accès aux documents fonciers qui relevaient de plusieurs administrations, en un seul lieu. Le cadastre est en cours de numérisation.

Simultanément, l’État a réduit les frais de transfert pour faciliter l’acquisition des terres et il n’existe aucune distinction en termes de procédures, concernant l’achat de terres par un Burkinabè ou par un ressortissant étranger. Ensuite, un Guichet unique pour la création d’entreprise centralise désormais toutes les formalités administratives et réglementaires, depuis 2012.

Enfin, un nouveau guichet, le Système intégré des guichets uniques (SIGU), recueille depuis 2016 l’ensemble des demandes des investisseurs. Cette simplification des procédures dépend toutefois de la connectivité qui demeure aléatoire sur le territoire.

*Directrice générale de l’Agence de promotion des investissements

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