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Bilan flatteur

L’Afrique s’est orientée, depuis quelques années déjà et avec succès, vers l’investissement privé et la mobilisation des ressources nationales. Plusieurs Bourses africaines figurent parmi les plus performantes au niveau mondial.

Les marchés financiers jouent un rôle de plus en plus important dans le financement du secteur privé africain. « Leur récente montée en puissance est indéniable – malgré le coup d’arrêt porté par la crise de 2008 : flux de capitaux multipliés par six en dix ans, ouverture de places boursières, introduction en Bourse de sociétés publiques et privées, etc. Pour poursuivre le développement de ces marchés, il est essentiel de libérer l’épargne africaine – retenue captive par des actifs de faible rendement et par l’absence d’offre de qualité – et de savoir mieux capter les flux d’investissement de portefeuille », estime Cyrille Nkontchou, fondateur et directeur associé de Enko Capital Management.

Bien que ne représentant qu’environ 2 % de la capitalisation boursière mondiale, les Bourses africaines pèsent plus de 1 100 milliards $ ; plusieurs d’entre elles figurent parmi les plus performantes au niveau mondial.

Dans son enquête Financer la croissance africaine en 2015-2020. Perceptions des investisseurs internationaux, parue le 25 mars 2015, Havas Horizon (fruit de l’association de l’Institut Choiseul et de Havas Worlwide Paris) dresse un portrait de l’Afrique financière vue par les investisseurs. Le Nigeria, première économie africaine, y est cité comme la place boursière africaine la plus prometteuse par 69 % des sondés. Les investisseurs placent en deuxième position la Bourse de Johannesburg (59 %), alors même que l’Afrique du Sud ne figure pas dans le top 5 des pays les plus prometteurs. Le dynamisme du Maghreb s’illustre par la 3e position obtenue par la Bourse de Casablanca, citée par 44 % des sondés. La Bourse de Nairobi et la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) d’Afrique de l’Ouest ont été mentionnées par, respectivement, 39 % et 34 % du panel de l’étude.

Le continent africain ne comptait qu’une douzaine de places boursières dans les années 1990, pour une capitalisation boursière de 257 milliards $, contre 23 aujourd’hui (et une capitalisation boursière de 1 112 milliards $), dont deux Bourses régionales. Néanmoins, beaucoup ne sont pas très actives et ne comptent que très peu de sociétés cotées : la volonté nationaliste et de souveraineté étatiste joue au détriment de la diversification des sources de financement des entreprises. À ce jour, seules les Bourses d’Afrique du Sud, du Nigeria et d’Égypte ont plus de 100 sociétés cotées. Première place boursière d’Afrique, Johannesburg reste, en volume d’activité, loin devant, avec plus de 380 milliards $ de capitalisation en 2014, soit 60 % de la capitalisation boursière du continent. Elle est suivie de l’Égypte (83 milliards $), du Maroc (64 milliards $), du Nigeria (40 milliards $) et du Kenya (23 milliards $).

L’Afrique profi te aussi du capital- investissement par l’intermédiaire des marchés locaux et régionaux. Il se peut qu’elle ait, en fin de compte, trouvé le moyen d’aiguiser l’appétit des investisseurs privés.

Avant la crise financière, l’amélioration des conditions sur le marché et des perspectives de profit ont amené un grand nombre d’investisseurs étrangers à s’intéresser aux marchés boursiers africains. Au-delà de l’Afrique du Sud, de l’Égypte et du Maroc, le Kenya, Maurice, le Nigeria, le Ghana, la Tunisie et le Botswana fi guraient dans le classement des indices boursiers intermédiaires de MSCI ou de S & P. Les marchés boursiers africains en ont profité pour amorcer leur croissance, et des financements de plus en plus élevés sont devenus disponibles pour les sociétés africaines. L’éclatement de la crise financière a eu de graves eff ets sur les bourses africaines et a inversé la tendance. Cependant, les marchés boursiers africains ont bénéficié ces deux dernières années de la recherche d’investissements à forte rentabilité, par les investisseurs internationaux.

Selon l’OCDE, les apports financiers extérieurs ont doublé entre 2005 et 2014 (de 109,2 à 206,5 milliards $), bénéficiant davantage de la progression des flux privés (passés de 73,4 à 151,4 milliards $) que de l’aide publique au développement (qui a progressé de 35,8 à 55,2 milliards $).

Les flux d’investissement en portefeuille sont cependant très volatils, ils augmentent en moyenne de 10,5 milliards $ par an sur la période, évoluant entre -24,6 milliards (en 2008) et +23,9 milliards (en 2014). Parallèlement, les transferts des migrants et les investissements directs étrangers (IDE) ont doublé, passant d’un peu plus de 33 milliards à, respectivement, 67,1 et 60,5 milliards $, entre 2005 et 2014. Ces flux ont bénéficié en majorité aux pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure (55 %), aux pays à faible revenu (27 %) et aux pays les plus riches du continent (18 %). La répartition n’a que très peu évolué en dix ans. Les flux d’IDE vers l’Afrique ont été dominés par de grandes multinationales étrangères et orientés principalement vers l’exploitation des ressources du continent. Selon l’Overseas Development Institute (ODI), l’encours des stocks d’investissements de portefeuille en Afrique en 2012 était de 200 milliards $, soit quasiment cinq fois plus qu’en 2002, une progression qui traduit la montée en puissance des marchés africains de titres de participation et de créance et la disposition des investisseurs étrangers à prendre des risques sur ces marchés. À elle seule, l’Afrique du Sud a capté 70 % de cet encours. Maurice confirme depuis plusieurs années sa deuxième place dans les destinations préférées des investisseurs de portefeuille, avec un encours de 15 milliards $. En 2011, les États-Unis détenaient le plus important stock d’investissements de portefeuille en Afrique, d’une valeur de 86 milliards $, soit 43 % du total, selon les données du FMI. 

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