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Burkina Faso: bilan d’étape

TROIS QUESTIONS À…

Salimata Kouamé Traoré

Économiste, enseignant-chercheur au Laboratoire d’analyse quantitative appliquée au développement – Sahel à l’université Ouaga II du Burkina Faso

Le premier cycle de la Scadd a-t-il favorisé la croissance et a-t-il permis de réduire la pauvreté ?

La Scadd entre dans la politique de développement burkinabè dans le cadre d’un projet à long terme, Burkina 2025. Le découpage quinquennal permet qu’à chaque étape, nous puissions procéder à un bilan et proposer de nouvelles révisions avant de poursuivre. Cette première phase qui s’achève sera évaluée, les acquis seront identifiés et conservés, les défis restant à relever seront définis pour la prochaine phase. Dans la perspective de 2025, il faut surtout travailler à chaque fois à conserver les acquis. Bien sûr, les chantiers sont énormes en matière de développement. De fait, les progrès mettent du temps à se matérialiser. Les objectifs visés ne seront atteints qu’avec du temps et beaucoup d’efforts, mais l’essentiel est de progresser. Pour que la croissance soit partagée et réellement plus profitable aux plus pauvres, il faut que le processus de croissance augmente les opportunités d’emploi et le champ des ressources productives des pauvres. La création de richesses doit s’accompagner d’une meilleure allocation des facteurs ; ce qui passe, par exemple, par la réduction des distorsions des prix. De nouvelles politiques commerciales favoriseraient les produits à haute intensité de main-d’œuvre. On constate que lorsqu’apparaît une imperfection sévère du marché du capital, cela bloque les possibilités des plus pauvres, ceux qui sont sans qualification, ceux qui sont sans actifs. C’est vrai qu’il ne peut pas exister de marchés vraiment « parfaits », mais il faut qu’on travaille à des mesures favorisant l’accès des pauvres aux marchés financiers. En somme, il faut mettre en place des politiques « pro- pauvres » pour mieux canaliser les fruits de la croissance.

Quels sont, à vos yeux, les secteurs prioritaires pour la prochaine Scadd ?

Il faut travailler à renforcer la capacité institutionnelle du pays, c’est-à-dire les moyens dont nous disposons sur le plan de l’administration et de la gestion, en particulier dans la mise en œuvre des politiques économiques. Lorsque les capacités sont insuffisantes, et que pour cette raison, le pays ne peut pas mettre effectivement en oeuvre ses propres politiques, il peut y avoir de lourdes conséquences pour la société. Il faut donc, dans la prochaine phase de la Scadd, que l’on renforce les actions concernant les ressources humaines à travers l’éducation, la santé, l’emploi professionnel, la formation… Les capacités institutionnelles couvrent un champ et un éventail d’aptitudes extrêmement vastes et il faut pouvoir former les ressources humaines nécessaires. Il est essentiel de développer les aptitudes locales. Étant donné sa capacité à créer des emplois, il faut privilégier l’industrie, mais sans négliger le secteur agricole, également créateur de richesses.

Le pays compte sur le partenariat public-privé et les investissements étrangers pour accélérer sa croissance. Le Burkina Faso est- il attractif ?

Bien sûr ! Le Burkina Faso est davantage attractif depuis environ sept ans, avec le boom minier. Depuis, les mines contribuent fortement aux recettes d’exportation du pays. En dehors des mines, nous avons d’autres atouts. Sur le plan énergétique par exemple : le Burkina Faso dispose de potentiels pour le développement des énergies renouvelables comme le solaire et la biomasse. Concernant le partenariat public-privé, il peut être un moteur de croissance parce que ce type d’alliances permet à l’État et aux collectivités de faire réaliser des infrastructures par des fonds privés.

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