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Bénin: difficile relance du coton

La reprise en main par l’État béninois de la filière coton, ces trois dernières années, a permis de franchir la barre des 300 000 tonnes produites. Néanmoins, les dysfonctionnements persistent.

 La campagne cotonnière 2013-2014 a pris fin sur une bataille de chiffres dans les médias du Bénin. Néan­moins, la production nationale s’est stabilisée à 307 354 tonnes. Si cette performance est encore loin d’atteindre le record de 427 000 t de 2005, le gouver­nement s’en sort satisfait dans sa politique de restaurer la filière.

Au bout de deux campagnes marquées par le retour tempo­raire du gouvernement, la production a connu une augmentation de 133 000 t, soit 76 % par rapport à la campagne 2011- 2012. « Pour ce qui concerne les producteurs qui ont vendu leur coton, il leur a été versé, au total, 51 milliards de F.CFA au titre de la campagne cotonnière contre 36 milliards de F.CFA, la campagne précédente », se réjouit Idrissou Bako, directeur géné­ral de la Société nationale de promotion agricole (Sonapra).

Encadré: En quête de relais de croissance

Avec les crises successives connues par la filière coton, le Bénin a entamé une série de réformes en vue de dynamiser son agriculture. Parmi elles, figure la diversification des filières de rente. « Deuxième culture d’exportation après le coton au Bénin, la noix d’anacarde est fortement promue par environ 60 000 ménages agricoles, et 200 000 intervenants impliqués dans le commerce, la transformation, le transport et l’exportation. La dynamique observée au sein de la filière permet à l’économie nationale de mobiliser des revenus substantiels », souligne Marie-Elise Gbèdo, ancienne ministre du Commerce. L’anacarde représente quelque 7 % du PIB agricole du Bénin, qui fait figure de pionnier en Afrique de l’Ouest dans ce domaine. Le pays consent les mêmes efforts pour la production, l’exportation et la transformation locale du karité, de l’ananas et du palmier à huile. Premier pays producteur dans les années 1960, le Bénin cherche à reprendre sa place.

Dans le même temps, Christian Adovelande, président de la BOAD, a exprimé la satisfaction du pool bancaire qui avait permis la mobilisa­tion des 115 milliards de F.CFA néces­saires au financement de la campagne. « À la date du 31 juillet 2014, nous étions à un chiffre d’affaires de 116 milliards de F.CFA, auxquels vont s’ajouter les recettes futures », révèle Bio Séko Tabé, directeur commercial de la Sonapra.

Si, en 2004, une production de 420 000 t suffisait au Bénin pour être le premier producteur de l’Afrique de l’Ouest, il va falloir atteindre 620 000 t pour détrôner l’actuel leader, le Burkina Faso. Une performance bien difficile à réaliser dans le contexte actuel, car les dysfonctionnements persistent et attendent toujours d’être résolus.

Selon le groupe ICA (Industries cotonnières associées), « 20 % du coton produit présente une fibre de mauvaise qualité. Un triste record ! Par le passé, le Bénin n’a jamais enregistré plus de 2 % de coton de mauvaise qualité ».

 Comment dynamiser la filière

Une révélation balayée du revers de la main par les responsables en charge du secteur : « Les usines ayant effective­ment participé à la campagne ont récep­tionné au total 307 354 t de coton graine. De cette réception, 107 000 tonnes ont fait l’objet de stockage. La commercia­lisation de ce coton est lancée depuis le 30 novembre 2013. Au 31 juillet 2014, date de fin d’égrenage, les usines ont traité sur les 307 000 t, 296 281 t, soit un taux de réalisation de 96,4 %. Ces données ont été validées par le cabinet d’expertise inter­nationale Cotimex Afrique », explique Victor Godo, responsable des unités d’égrenage à la Sonapra.

 

 

 

 

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