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Au service de l’émergence

Un des objectifs du PSE est de donner à l’agriculture un rôle moteur pour la croissance et d’augmenter les capacités de production en riz pour viser l’autosuffisance. Pensez-vous que cet objectif est réalisable, notamment dans la vallée du fleuve Sénégal ?

C’est plus qu’envisageable, compte tenu des énormes potentialités encore inexploitées dans ce secteur dont les marges de progression et les gains de productivité sont très importants. En effet, le potentiel exploitable dans le pays se situe autour de 500 000 hectares. Or, environ 15 % seulement sont mis en valeur avec des rendements à l’hectare encore faibles. En ce qui concerne l’autosuffisance en riz, la volonté politique est forte ; la stratégie gouvernementale est claire et on ne peut que saluer l’union sacrée de tous les acteurs de la filière autour de cet objectif. Tout le monde a conscience des obstacles à surmonter, notamment le rythme des aménagements hydro-agricoles, la question foncière, les problèmes d’intrants et de crédits, la mécanisation agricole, les aspects de la transformation et de la commercialisation. Quant à la possibilité pour la vallée du fleuve Sénégal d’augmenter ses capacités de production en riz, je peux dire qu’elle est réelle. Les superficies exploitables sont de l’ordre de 240 000 ha et environ 60 000 ha sont mis en valeur, soit le quart. En 2014, les rendements dans cette zone sont impressionnants, près de 10 tonnes à l’hectare.

Le taux de chômage déclaré au Sénégal est de 25,7 %, dont 40,4 % pour les femmes. Est-ce un axe de vos interventions ?

En effet, le Sénégal est confronté à une crise de l’emploi affectant surtout les femmes, les jeunes et les plus diplômés. La BAD accompagne le gouvernement pour faire face à ce défi à travers le Projet d’appui à la promotion de l’emploi des jeunes et des femmes qui vise à contribuer à la création d’emplois décents et de revenus durables par le renforcement des compétences et l’émergence de micro, petites et moyennes entreprises de jeunes et de femmes, principalement dans le secteur agricole et celui des services. Le projet permettra de générer au moins 15 000 emplois durables et décents en milieu rural et périurbain dont 60 % de jeunes et 40 % de femmes. Il s’agira également de renforcer les capacités techniques et managériales de 17 000 promoteurs.

Quel est votre regard sur le pays, ses freins, ses richesses, et en quoi le PSE apporte-t-il une nouvelle approche du développement ?

Le Sénégal est un pays qui a beaucoup d’atouts et d’opportunités, notamment sa stabilité politique, sa position géographique, la diversité de ses ressources agricoles, hydro-agricoles et minières et la qualité de ses ressources humaines. Il fait aussi face à des contraintes, caractérisées par une croissance économique insuffisante, une offre de services sociaux limitée et des possibilités réduites d’insertion dans le marché du travail. L’originalité du PSE tient à la démarche planificatrice pertinente, qui sur la base d’un diagnostic sans complaisance de la situation actuelle, définit le futur désiré pour le Sénégal à l’horizon 2035, les voies et moyens de l’atteindre avec des indicateurs de performances, ainsi qu’un dispositif de suivi et évaluation. Elle tient aussi à la combinaison de projets structurants et de réformes fondamentales et à la synergie d’actions entre les secteurs public et privé, pour une transformation structurelle de l’économie en vue de promouvoir une croissance forte et inclusive. 

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