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Au coeur des stratégies régionales

Pas question de s’ouvrir à la Finance mondiale en ordre dispersé. Les places s’organisent pour harmoniser leur réglementation, région par région. Dans le même temps, les Bourses de Londres et Euronext rivalisent pour attirer les entreprises africaines.

La double cotation, sur une Bourse africaine et en Europe (Londres, Paris) est à la mode. L’arrivée en simultané sur le marché de Londres (LSE) et l’Egyptian Exchange de l’entreprise agroalimentaire Edita Food Industries a permis d’accroître de 890 millions de dollars la capitalisation boursière des entreprises africaines cotées au LSE. Le choix de la Bourse ne semble pas anodin : entre Londres et Paris se joue une guerre d’influence sur les terres africaines.

« La capacité de renforcer, mobiliser et préserver les capitaux en Afrique correspond à la recherche de mécanismes de financement innovants », explique Carlos Lopes, secrétaire exécutif de la Commission économique pour l’Afrique (ONU). « Ces dernières années, les gouvernements africains ont contribué activement à la modification des possibilités d’investissement. L’aide n’est plus la panacée. Cette évolution va de pair avec des politiques reposant sur des bases concrètes. L’activité prospère grâce à la multiplicité des sources de capitaux. À mesure que la réputation de l’Afrique grandit sur les marchés des capitaux au niveau mondial, chaque initiative particulièrement réussie fait du continent une destination de choix pour les flux mondiaux de capitaux. On attend des gouvernements dotés d’une vision stratégique qu’ils se servent de ces capitaux pour financer des projets de transformation. »

Les gouvernements africains cherchent à tirer parti de cette nouvelle manne financière potentielle que peut apporter le financement direct, et ce en favorisant autant que possible les Bourses comme vecteur d’investissement dans les entreprises nationales. Les trois Bourses de la zone franc ont ainsi toutes pris des mesures : réétude de la tarification, organisation de solutions de fractionnement des titres et de titrisation ; approfondissement des réflexions quant à un rapprochement des marchés et leur meilleure intégration dans des zones économiques.

Les régions ont, en outre, pris des mesures pour promouvoir des marchés de capitaux à leur échelle. L’Afrique de l’Ouest s’est dotée du Conseil de l’intégration des marchés de capitaux ouest-africains (Wacmic), basé au Nigeria, visant à favoriser les initiatives des Bourses de la zone Cedeao (BRVM, Bourses du Ghana, du Nigeria, de la Sierra Leone). Cette initiative a pour objectif d’offrir aux investisseurs un accès à un marché plus profond, avec plus de possibilités de placement, une meilleure liquidité, un rendement des titres plus important et une plus grande flexibilité dans le choix des investissements. En Afrique centrale, dès l’origine, l’étude de faisabilité militait en faveur d’une seule Bourse. Avec leurs 25,5 millions d’habitants, soit près de la moitié de la population de la Cemac, le Cameroun et le Gabon représentent plus de la moitié du PIB de la sous-région. La question du rapprochement des deux Bourses, sans cesse posée, relève d’un enjeu majeur, au risque sinon, selon les analystes, de compromettre durablement leur développement. 

Avec la montée de l’intérêt de l’Afrique ces dernières années, de plus en plus d’investisseurs, individuels comme institutionnels, opérant à Londres, marquent leur intérêt pour les entreprises africaines, au-delà des seules matières premières.

En Afrique de l’Est, le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie réfléchissent à la même option. En Afrique australe, la SADC a également émis des propositions dans ce sens. Les efforts gouvernementaux portent sur la diminution des coûts de cotation et de maintien en Bourse, la création de fonds de pension pour capter l’épargne naissante des nouvelles classes moyennes, et l’harmonisation du droit entre les bourses pour faciliter les multiples cotations. 

Les Bourses africaines veulent profiter de la croissance du continent, et l’avenir de ces places financières semble passer par la création de pôles régionaux, dont deux ou trois parviendront à tirer leur épingle du jeu, à terme, vraisemblablement. La coopération avec des places internationales comme Londres, avec la double cotation, semble également nécessaire pour davantage attirer les investisseurs internationaux. 

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