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African Banker

Assemblée générales de la BAD : Adesina : « L’Afrique va prospérer ! »

Lors des Assemblées générales de la Banque africaine de développement, le président Akinwumi Adesina a résumé le bilan et les objectifs de son institution, tournée vers la croissance durable du continent. Principaux extraits.

Par ABKF

Avant la pandémie, les six économies les plus dynamiques du monde se trouvaient en Afrique. Il n’en est plus ainsi. Les effets de la pandémie sur l’économie du continent ont été considérables. Les pertes cumulées du PIB de l’Afrique sont estimées à entre 145 et 190 milliards de dollars.

La BAD étudie la possibilité de créer des banques d’investissement pour promouvoir l’entrepreneuriat des jeunes. Ces banques financeront et favoriseront la croissance des entreprises des jeunes, stimuleront l’emploi et permettront aux jeunes de créer de la richesse.

L’Afrique aura besoin de beaucoup de ressources pour soutenir son redressement. Les pays d’Afrique subsaharienne à faible revenu auront besoin à eux seuls de 245 milliards $ d’ici à 2030, tandis que l’ensemble de l’Afrique subsaharienne aura besoin de 425 milliards $ d’ici à 2030.

La pandémie a rendu le défi du développement encore plus ardu. En effet, 30 millions de personnes ont basculé dans l’extrême pauvreté et, selon les estimations, 39 millions de personnes pourraient sombrer dans la pauvreté d’ici à fin 2021. Il faut des mesures fortes pour accompagner la relance de l’Afrique. La BAD a pris des mesures fortes.

La Banque a émis une obligation à impact social de 3 milliards $ sur les marchés financiers mondiaux. Nous avons annoncé une Facilité de réponse à la crise dotée de 10 milliards $. Nous avons octroyé 28 millions $ aux Centres africains de contrôle et de prévention des maladies. Nous avons sauvé des vies et des moyens d’existence. Nous avons préservé l’avenir. Nous avons fait du péril des possibilités d’action.

La situation reste délicate, sans aucun doute, mais l’Afrique commence à nouveau à aller de l’avant. Progressivement, les vaccins deviennent disponibles. Les confinements sont levés. Les restrictions sont assouplies. Les entreprises rouvrent leurs portes. Un sentiment de normalité revient lentement. Les économies du continent sont sur la voie de la reprise, les prévisions établissant une croissance moyenne du PIB à 3,4 % pour 2021.

Cette reprise est conditionnée par l’accès aux vaccins et la résolution de la dette africaine. L’Afrique produit moins de 1 % de ses vaccins. L’Afrique ne devrait pas avoir à mendier des vaccins ; elle devrait en produire ! La BAD va aider l’Afrique à produire des vaccins, dans le cadre du plan vaccins de l’Union africaine. La Banque prévoit également de consacrer 3 milliards $ au développement de l’industrie pharmaceutique en Afrique. Nous tirerons parti de nos propres ressources (…) en partenariat avec d’autres.

Des approches nouvelles face à la dette

La Banque prend des mesures pour faire face à la dette de l’Afrique. Nous avons lancé un Plan d’action sur la dette et une nouvelle Stratégie pour la gouvernance économique. Ces deux initiatives aideront les pays à faire face au problème de la dette et à entreprendre des réformes plus audacieuses en matière de gouvernance économique pour éviter une crise de la dette. Nous saluons les efforts positifs déployés par le FMI et le G20 pour faire face à la situation de la dette, notamment l’Initiative de suspension du service de la dette et le cadre commun du G20.

La récente décision du FMI d’émettre 650 milliards $ de droits de tirage spéciaux (DTS) nous offre une réelle opportunité de faire face de manière plus décisive, aux défis de la dette de l’Afrique. (…) Pour utiliser les DTS, nous devons adopter des prismes nouveaux, des approches nouvelles, car nous vivons des temps extraordinaires.

Ces DTS devraient également être utilisés pour orienter les financements vers l’Afrique, par l’intermédiaire de la BAD, et rétrocéder des prêts aux banques publiques de développement africaines, afin de soutenir une reprise verte, résiliente au climat et inclusive, et favoriser la stabilisation des économies. Mais soyons très clairs : l’Afrique ne demande pas un traitement de faveur.

La résolution de la dette doit être renforcée par une gouvernance économique et une gestion des finances publiques plus fortes, une gestion plus efficace et transparente des ressources naturelles de l’Afrique, et une mobilisation des ressources nationales.

Toutefois, nous ne devons pas laisser la pandémie masquer les gains réalisés en cours de route. Nous devons préserver ces acquis et faire encore plus pour aider l’Afrique à retrouver le chemin d’une reprise plus rapide.

Au cours des cinq dernières années, avant la pandémie, les High 5 de la Banque ont contribué à améliorer la vie de 335 millions d’Africains.

Grâce au soutien à la production de 3 000 mégawatts d’électricité, l’accès à l’électricité s’est accru pour environ 20 millions de personnes sur le continent, passant de 49 % à 56 % depuis que la Banque a lancé son « Nouveau pacte pour l’énergie en Afrique ». L’électricité a permis aux hôpitaux et aux cliniques de fonctionner pendant la pandémie et de stocker les vaccins en toute sécurité.

Objectif « Faim zéro »

La Banque a lancé l’initiative « Du désert à l’électricité », un programme de 20 milliards de dollars, qui vise à produire 10 000 mégawatts d’énergie solaire dans le Sahel et à fournir de l’électricité à 250 millions de personnes. Il s’agira de la plus grande zone solaire au monde.

Pour les agriculteurs, nous déployons des options qui n’avaient jamais été considérées comme possibles. Au Soudan et en Éthiopie, la Banque a aidé les agriculteurs à accéder à des variétés de blé résistantes à la chaleur qui, pour la première fois, permettent au Soudan de renforcer son autosuffisance.  Quelle incroyable réussite !

La Banque, en collaboration avec le Fonds international de développement agricole, a organisé un dialogue mondial des dirigeants sur le thème « Nourrir l’Afrique », et a mobilisé 17 milliards $ pour soutenir le renforcement de la sécurité alimentaire. Les dirigeants ont appelé à la création d’une Facilité pour la sécurité alimentaire et la nutrition en Afrique afin de permettre à des millions d’agriculteurs d’accéder aux technologies et de réaliser l’objectif « Faim zéro » d’ici à 2030.

La Banque prend des mesures décisives en matière de climat et de relance verte. La Banque, en partenariat avec le Centre mondial pour l’adaptation, a lancé le Programme d’accélération de l’adaptation en Afrique, pour aider à mobiliser 25 milliards $ pour l’adaptation au changement climatique en Afrique. La Banque soutient les pays africains dans la mise en œuvre de leurs contributions déterminées au niveau national, afin de promouvoir la croissance verte et les transitions énergétiques.

La Banque prend des mesures pour accroître les débouchés économiques pour les femmes. Dans le cadre de notre Initiative pour favoriser l’accès des femmes au financement en Afrique (AFAWA), nous avons approuvé une garantie de portefeuille de 250 millions $. Elle permettra de débloquer jusqu’à deux milliards $ de financement pour les entreprises dirigées par des femmes. Les effets se font déjà sentir.

La Banque prend des mesures pour libérer le potentiel des jeunes. Le programme « Codage pour l’emploi » de la Banque a déjà doté plus de 23 000 jeunes dans 45 pays de compétences numériques qui leur permettront de créer leur propre entreprise.

La Banque étudie avec les pays la possibilité de créer des banques d’investissement pour promouvoir l’entrepreneuriat des jeunes. Ces banques financeront et favoriseront la croissance des entreprises des jeunes, stimuleront l’emploi et permettront aux jeunes de créer de la richesse. Enfin, la BAD engage des actions décisives pour relancer les investissements.

Il est plus que jamais indispensable de faire fonctionner la Zone de libre-échange continentale africaine. La Banque continuera d’investir dans les infrastructures régionales et de promouvoir l’intégration régionale, notamment l’intégration des marchés financiers et des marchés des capitaux.

À l’approche de l’édition 2021 du Forum pour l’investissement en Afrique, la BAD et ses partenaires ont déjà préparé une réserve de 230 projets évalués à 208 milliards $, afin de favoriser les perspectives d’opérationnalisation de la ZLECAf. Je suis très optimiste pour l’Afrique. L’Afrique va se relever. L’Afrique va mieux se reconstruire. L’Afrique va prospérer ! « 

 

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