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Asa, le retour de l’inimitable

Envoûtante, vibrante, mélodieuse…telle est la musique d’Asa, la célèbre auteur-compositeur interprète nigériane. Son troisième album, Bed of Stone, révèle une artiste plus affirmée. 

En écoutant votre nouvel album, on a le sentiment que vous avez mûri. Quelle est la différence entre Bed of Stone et les précédents albums ?

En effet, j’ai grandi depuis l’album prédécent ! Chaque album marque une évolution. Je cherche quelque chose et je le dis. Je projette mes désirs. Avec cet album, je me sens moi-même ; je me sens à l’aise. Chacun de mes trois disques évoque des sentiments différents, car je les ai écrits dans un état d’esprit différent. Pour le premier, j’étais beaucoup plus jeune et rebelle. Je me posais des questions et j’écrivais sur l’amour. Je ne cesserai jamais d’écrire sur l’amour, d’ailleurs ! Le deuxième album était beaucoup plus joyeux. J’avais envie de danser et je voulais que les gens voient une face de moi-même qu’ils ne connaissaient pas. Ce dernier album est un mélange des deux premiers : c’est l’heure de l’introspection. J’ai besoin d’être fidèle à moi-même et de dire ce que je vis à cette époque de ma vie. Je veux me sentir vivre à nouveau.

On retrouve la grâce mélodieuse pour laquelle vous êtes célèbre mais, cette fois-ci, vous vous affirmez davantage. On a même qualifié votre musique de « troublante ». Retenez-vous ce terme ?

Asa

Chaque personne perçoit ma musique différemment selon son état d’esprit au moment où elle l’écoute. Non, je ne dirais pas que ma musique est troublante. Je dirais qu’elle est un exorcisme de la vie et des sentiments qui nous animent chaque jour. Pendant l’écriture de l’album, je recherchais des contacts avec des gens que je ne connaissais pas, je voulais avoir une vie normale. J’écrivais sur les choses que je désirais – l’amour, le besoin des autres. Je ne voulais pas être simplement une chanteuse sur scène tous les soirs, et qui rentre ensuite chez elle, dans une maison glaciale ! Je pensais aux autres aussi. J’ai vu quelques documentaires qui m’ont marquée. La chanson Moving On évoque les femmes déplacées par la guerre, violées et qui n’ont d’autre choix que d’avancer. Leur sort m’a encouragée aussi à avancer. Ce n’est pas toujours facile, mais la vie continue.

Votre musique transcende les frontières. Elle est écoutée en Afrique, en Europe, en Amérique du Nord. Elle a trouvé une place dans le cœur de beaucoup de gens, qui appartiennent à des sphères sociales et à des cultures différentes…

Je ne suis pas vraiment les modes, mais j’aime bien être à la mode et j’aime les nouveaux sons. Parfois, j’incorpore des sons acoustiques aux sons électroniques pour apporter quelque chose de nouveau mais le fond reste le même. Il faut toujours être soi-même et être authentique. C’est intemporel. Je pense que c’est ce qui parle aux gens.

Les premières paroles de Dead Again, premier titre de l’album, sont « disons les choses comme elles sont… Tu as pris le couteau et tu m’as coupée en deux… tu as remué le couteau dans la plaie… tu m’as encore tuée ». Vous êtes très directe et on a le sentiment que vous confrontez quelqu’un qui vous a trahie. Pourquoi cette nouvelle approche ?

Cela s’est fait tout naturellement parce que j’ai vécu cette situation. Je me suis sentie trahie par une personne en qui j’avais confiance depuis des années. J’étais vraiment blessée et j’ai décidé d’être plus agressive. Je n’ai pas envie d’être aimable en ce moment. Alors que j’écrivais cette chanson, je me suis rendu à Hastings pour rencontrer un producteur. C’était la première fois qu’il me voyait et il a rencontré une fille en colère ! (rires). Il m’a demandé ce qu’il se passait. Je lui ai tout raconté. Il s’est mis à gribouiller sur une feuille de papier et il m’a proposé d’en faire une chanson. C’était totalement imprévu. La chanson initiale a été complètement transformée.

Asa, Nigéria

Vous avez toujours bien réussi à intégrer votre culture Yoruba dans votre musique et à lui faire traverser les frontières. Pourquoi est-ce si important pour vous ? 

Je pense que tous les artistes, surtout ceux qui ont du succès, apportent une certaine originalité à leurs œuvres, même s’ils ne parlent que l’anglais.

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