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Anta Babacar Ngom Bathily DG de Sedima

Diversification

Se voulant pragmatique, Anta Ngom se définit comme « une femme d’impact et non d’influence ». Autrement dit, au-delà des gains économiques, son ambition est d’investir dans des projets qui vont concrètement changer les conditions de vie des populations. Comme lorsque la Sedima décide d’investir dans la minoterie, contribuant à une « guerre des prix » au grand bonheur des consom­mateurs. « Qu’est-ce qui motive un investis­sement ? Nous, nous voyons quel problème on peut régler, et à ce moment-là, il fallait régler le problème du pain qui était de mauvaise qualité et qui coûtait cher. Il fallait s’armer de courage et entreprendre quelque chose ».

Anta Babacar Ngom Bathily voit grand pour la Sedima. Elle a l’ambition d’amener l’entreprise «aussi loin que possible». Pour cela il faut continuer la diversification et aller à la conquête d’autres marchés. Elle ne regarde pas uniquement le marché sénégalais, mais voit l’Afrique comme un seul pays. « On a commencé au Mali et on envisage d’aller vers d’autres pays. Une entreprise qui veut impacter doit continuer à grandir, à se diversifier, parce que les réponses à nos questions, comment améliorer les conditions de vie des populations, ne se trouvent pas forcé­ment dans notre coeur de métier».

De nombreuses récompenses

La Sedima a ainsi investi plus de 15 milliards de F.CFA (23 millions d’euros) dans la construction d’un abattoir, « le plus moderne et le plus capacitaire [4 000 poulets par heure] » d’Afrique de l’Ouest, en dehors du Nigeria. Le premier poulet en est sorti au mois de février. Jusque-là, les 30 millions de poulets consommés annuellement au Sénégal étaient abattus de façon artisanale. Le groupe est aussi présent dans l’immobilier et la mino­terie.

Et ne compte pas s’arrêter là. L’objectif est d’être le premier groupe agroalimentaire en Afrique de l’Ouest en 2020, puis sur tout le continent en 2025. La compétition exige d’aller vite : « Avant, c’étaient les grands qui mangeaient les petits, maintenant, ce sont les plus rapides qui mangent les plus lents ! » Une entrée en Bourse est même « envisageable », même si la priorité, sur les deux prochaines  années, est « le développement intrinsèque de notre coeur de métier ».

La jeune femme, qui veut faire bouger les lignes, empile les distinctions depuis deux ans. Nommée par Forbes Afrique parmi les leaders africains de moins de trente ans en 2015, elle est citée par l’Institut Choiseul dans la liste des 100 leaders économiques de demain. En 2016, le MEDEF lui décerne un Business Award lors du Sommet France-Afrique à Bamako, puis en 2017, elle est désignée Jeune CEO de l’année lors de l’Africa CEO Forum.

Au-delà d’un « léger sentiment de satisfac­tion », Anta Ngom voit cette reconnaissance portée sur « une jeune femme qui travaille dans l’agroalimentaire, dans les usines, comme une opportunité pour les autres femmes qui y croient ». À celles-ci et aux jeunes porteurs de projets, celle qui a été choisie pour présider l’édition 2017 du Forum « Les Héroïnes » a un seul message : « Il faut commencer, ne pas avoir peur de l’échec, mais surtout attendre beaucoup de soi-même et moins des autres».

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