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L’économe ministre Amadou Bâ

Plus de 80 % de l’économie est dans l’informel. Comment l’élargissement de l’assiette fiscale tient-il compte de ce handicap structurel du pays ?

C’est vrai, le secteur informel occupe une place importante dans l’économie du Sénégal. Il contribue à hauteur de 55 % du PIB et permet de capter la plupart des initiatives de création d’emplois.

L’emploi informel, qui représente plus de 60 % des emplois non agricoles, s’accentue avec l’urbanisation. La sortie du secteur informel offrirait la possibilité d’exporter facilement, à moindre coût, avec une meilleure opportunité de grandir grâce à des commandes plus larges et régulières.

Il y a donc nécessité pour l’État de fournir un meilleur accompagnement afin de libérer les initiatives et le potentiel économique dont recèlent les unités de production du secteur. Le PSE table sur une modernisation graduelle de ce secteur. En effet, l’économie sociale et solidaire figure au rang des six secteurs prioritaires identifiés et retenus dans le PSE. Les activités concernent notamment l’artisanat d’art et de confection, le microtourisme, le commerce, etc. Deux niveaux d’intervention sont envisagés.

D’abord, assurer un accompagnement financier (inclusion financière) et en termes de capacitation pour les nombreux ménages dont les revenus proviennent des activités de subsistance (petit informel) de manière à les extraire de la spirale de la pauvreté. S’agissant du gros informel, nous cherchons à assurer un accompagnement à la carte pour stimuler le potentiel de créativité et d’entrepreneuriat.

La modernisation graduelle de l’économie informelle et la modernisation de l’administration fiscale contribueront certainement à l’élargissement de l’assiette fiscale.

 Le Yonnu Yokkuté, c’était le programme du candidat Macky Sall, mais le Président a décliné sa vision dans le PSE

En 2013, l’emploi a reculé de 1,4 % dans le secteur industriel et de 1,2 % dans les services. Comment expliquez-vous ce phénomène ?

L’emploi fait partie des secteurs les moins bien suivis en termes de statistiques. En raison, justement, de la structure même de notre économie marquée par un fort poids de l’informel. Le suivi de l’emploi fait à la DPEE (Direction de la prévision et des études économiques) ne concerne que le secteur moderne, autrement dit les salariés régulièrement inscrits dans les fichiers des impôts. On doit donc insister sur le terme « salarié » eu égard à l’énorme différence entre les contractuels (exclus de l’indice) et les personnes salariées.

Les premières citées sont parfois en nombre plus important que les autres dans certaines branches d’activité. En définitive, ce qu’il faut retenir est que l’emploi non salarié et informel est beaucoup plus important que ce que nous mesurons. Du coup, même si l’emploi salarié baisse, l’emploi informel (90 % à 95 % du total) peut s’accroître, et réciproquement.

La destruction créatrice est donc à considérer dans le cas de l’économie sénégalaise dans son ensemble. La prochaine déclaration de politique générale du Premier ministre va permettre de consolider les acquis, tout en déclinant de façon plus exhaustive la politique de l’État en matière de création d’emplois.

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