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Algérie L’essor difficile du renouvelable

  • Publiémars 29, 2018

Le troisième handicap est académique. Les universités algériennes forment encore très peu d’ingénieurs et de techniciens spécialisés dans la mise en valeur des énergies renouvelables. Des initiatives existent, mais de l’aveu même de leurs concepteurs, elles restent très insuffisantes. Sonelgaz a formé 300 techniciens en Algérie et à l’étranger ; selon son PDG, ce chiffre est très en deçà des besoins.

De son côté, Schneider Electric vient d’annoncer le financement de filières techniques dans le domaine des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique, au sein de trois centres de formation professionnelle. Quelques unités de recherche ont été installées, mais elles ne disposent pas d’assez de moyens pour engager de vastes travaux et assurer une veille technologique permanente qui leur permette d’actualiser leurs savoirs.

Le respect des engagements internationaux

Résultat, l’Algérie reste en dépit de ses capacités – le Sahara étant souvent comparé à une pile électrique inépuisable –, très dépendante aux énergies classiques. En 2017, la consommation électrique a englouti un tiers de la production de gaz, estimée à 83 milliards de m3. Les experts estiment le niveau de cette consommation, d’ici dix ans, à 40 millions de mégawatts, qui serviront à alimenter en partie l’habitat et les transports.

Outre la crainte de voir les ressources fossiles s’épuiser au fil du temps, l’Algérie risque de rater sa mue écologique. « Nous ferons face à de sérieux problèmes s’il n’y a pas de transition énergétique avant 2050 », prévient Abdelmadjid Attar. De son côté, l’ancien ministre des Finances, Bachir Messaïtfa, redoute que le pays soit « blacklisté » s’il ne respecte pas ses engagements internationaux sur le climat et le développement durable.

Il rappelle à cet égard le traité de la COP21, à Paris, ratifié par le gouvernement algérien. Cet accord impose une transition énergétique en 2020, avec une inversion de la parité actuelle entre les ressources fossiles et les ressources renouvelables qui devrait être de 13 % pour la première et de 87 % pour la seconde, dans l’objectif de réduire de 22 % ses émissions de gaz carbonique. Au cours d’une réunion de l’ONU sur les changements climatiques à Bonn en novembre dernier, la ministre de l’Environnement avait affirmé que l’Algérie s’engagerait justement à réduire les émissions des gaz à effet de serre de 7 % d’ici à 2030.

Dans un message envoyé aux participants d’un séminaire sur la transition énergétique, Le président Abdelaziz Bouteflika a appelé à lutter contre le réchauffement climatique en privilégiant de plus en plus l’usage des énergies renouvelables. Mais dans un pays où l’exploitation des hydrocarbures constitue 90 % des revenus, l’après-pétrole reste encore un horizon lointain. 

Écrit par
Samia

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