Close
Avez-vous trouvé cet article intéressant?

Uncategorized

AGOA

Mieux intégrer l’Afrique francophone 

Depuis la mise en place de l’AGOA, le Sénégal n’a toujours pas réussi à exporter sa production textile vers les États-Unis, contrairement à un petit pays comme le Lesotho qui fait travailler 40 000 personnes pour ce seul marché. Suite à la visite de Gail Strickler, la secrétaire d’État adjointe au Commerce pour le textile et l’habillement, le ministre sénégalais du Commerce a exhorté les privés nationaux à saisir cette opportunité pour créer des emplois et pénétrer l’un des plus grands marchés mondiaux. « Il faut écouter les clients et leur offrir des produits adaptés à leurs exigences. L’Afrique de l’Ouest compte trois principaux producteurs de coton : le Sénégal, le Mali et le Burkina Faso. Il n’est donc pas normal que nous importions des produits textiles alors que nous avons la matière première », a indiqué Alioune Sarr. 

Une solution serait de se spécialiser dans le domaine des produits 100 % coton, où les taxes sont très faibles. Le Sénégal devra aussi revoir le coût de l’électricité qui le défavorise par rapport à ses concurrents. Quant au secteur privé, il en a profité pour demander un laboratoire textile ainsi qu’un centre de formation. 

Pour des pays pétroliers comme le Tchad, deuxième exportateur après l’Afrique du Sud dans le cadre de l’AGOA, les hydrocarbures représentent 92 % du commerce avec les États-Unis. Les PME et les produits manufacturés ne sont, donc, pas une priorité. Mais cet état d’esprit est en train de changer dans un contexte de baisse historique du prix du baril. « Nous voulons changer de cap, diversifier nos économies par rapport au textile et aux produits issus de l’agro-industrie », affirmait Olivier Dimala, représentant de la Chambre de commerce du Cameroun, lors du Forum de Libreville. Clôturant les assises 2015, Gabriel Tchango, ministre gabonais du Commerce et des PME, a invité l’ensemble des participants à capitaliser sur les recommandations en vue de la préparation du Forum 2016, qui se tiendra à Washington. « Les modifications significatives intervenues dans la nouvelle loi AGOA doivent être perçues comme un signe d’encouragement à la poursuite des réformes engagées dans différents pays africains », n’ont eu de cesse de répéter les autorités américaines. Le Gabon et les pays voisins en Afrique centrale ont décidé, quant à eux, d’oeuvrer pour l’implantation d’un cadre sous-régional afin d’abriter un centre de compétitivité de l’AGOA. À cet effet, ces États, en collaboration avec l’Union africaine, doivent définir une nouvelle vision qui cadre avec les objectifs de l’AGOA. Un premier pas vers l’intégration par le commerce.

ENCADRE

L’AGOA en chiffre 

À ce jour, les 39 pays africains admissibles ont exporté pour près de 480 milliards $ de biens aux États-Unis aux termes de l’AGOA et du Système généralisé de préférence de l’OMC En 2014, les importations globales des États-Unis en provenance de l’Afrique se sont élevées à 2 314 milliards $. Celles des pays de l’AGOA se sont chiffrées à 25,6 milliards $, ce qui représente 1 % seulement du total des importations américaines d’Afrique. Sur ce total, le commerce non pétrolier AGOA a été évalué à 4,4 milliards $, une augmentation de 250 % par rapport à 2001. Ce commerce a permis de créer environ 300 000 emplois directs dans 23 pays africains. Il n’en reste pas moins très réduit par rapport aux échanges avec les autres régions du monde. Toutefois, avec une croissance de 46 % des importations américaines, hors produits pétroliers, en provenance du continent africains, depuis 2009, et des exportations en augmentation de 59 %, également hors produits pétroliers, l’existence de liens commerciaux croissants commence à se faire sentir. 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Related Posts