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Politique

Afrique du Sud : Le président Jacob Zuma se constitue prisonnier

L’ex-président sud-africain, Jacob Zuma (79 ans), s’est rendu à la police dans la nuit du mercredi 7 juillet pour se constituer prisonnier.

Par Kimberly Adams

Coup de théâtre. Alors qu’il s’était installé dans un bras de fer politico-judiciaire, le président sud-africain (mai 2009-février 2018), Jacob Zuma, a quitté sa résidence de Nkandla dans le KwaZulu-Natal mercredi peu avant minuit pour se constituer prisonnier. A défaut, il risquait l’arrestation de force par la police.

MISE A JOURVendredi 16 juillet 2021 

Jacob Zuma prisonnier, troubles dans le pays

Depuis le vendredi 09 juillet après l’incarcération de l’ex-président Jacob Zuma, les violences et pillages se multiplient dans le pays. Les autorités tentent de ramener le calme et parlent de 121 morts.

Ce vendredi 16 juillet, le président sud-africain le président Cyril Ramaphosa s’est rendu dans la province du KwaZulu-Natal, l’une des plus touchées par ces émeutes.

À Durban, il a dénoncé ces troubles, indiquant qu’ils sont  « provoqués, planifiés et coordonnés » par des intrigants tapis dans l’ombre. Selon lui : « Nous allons les poursuivre, nous en avons identifié un bon nombre, nous ne permettrons pas l’anarchie et le chaos ».

De son côté, la police suspecte douze personnes d’être derrière le déchaînement de violences qui a fait plus de 121 morts depuis une semaine, dont 95 dans le KwaZulu-Natal. Une d’entre elles a été arrêtée, jeudi 15 juillet dans la journée, et onze autres sont sous surveillance, assure-t-elle. 

La province du Kwazulu-Natal (Est), d’où est originaire Jacob Zuma, est la plus enflammée du pays avec des dizaines de morts. Ces violences déclenchées initialement par son incarcération présentent un bilan peu flatteur « le nombre total de personnes arrêtées s’élève à 1 234, tandis que les décès est de 72 », selon un communiqué de la police.

Le Premier ministre de cette province, Sihle Zikalala a précisé que plusieurs de ces décès avaient eu lieu lors de « bousculades dans ce contexte d’émeutes ».

Les troubles sont également nourris par un ras-le-bol général, sur fond de chômage record à 32,6 % et des restrictions réimposées fin juin pour limiter une troisième vague meurtrière de contaminations à la Covid-19.

En effet, Jacob Zuma a été condamné à 15 mois de prison ferme pour outrage à la justice. Motif ? Il avait refusé en février de comparaître devant la Commission nationale anticorruption.

Après avoir ignoré un premier ultimatum dimanche, il avait donc jusqu’au mercredi minuit pour se rendre aux autorités policières, selon la Cour constitutionnelle, évitant ainsi une intervention des forces de l’ordre.

Depuis le début de ses ennuis politique et judiciaire, l’ancien Président a multiplié les les recours engagés en urgence par son équipe juridique, réuni quelques milliers de supporters devant chez lui pour leur promettre de ne jamais se rendre à la police, afin d’éviter l’incarcération.

Mais cela n’a pas suffit !

Mercredi peu avant minuit, Mzmanele Manyi, porte-parole de l’ancien chef d’Etat annonçait : « Ce n’est pas un aveu de culpabilité. (Mais) le président Zuma a décidé de se conformer à l’ordre d’incarcération. Il est en route pour se rendre dans un établissement correctionnel », précisément la prison d’Escourt.

Une information confirmée un peu plus tard par le ministère de la police sur twitter qui annonce que : « L’ancien président de l’Afrique du Sud, Jacob Zuma, a été placé en détention ».

Certes à 79 ans, le président Zuma a passé sa première nuit en prison pour une peine de 15 mois de prison ferme. Mais rien n’est figé. Car lundi 12 juillet la Cour constitutionnelle étudiera à nouveau sa condamnation.

De plus, le président Zuma a également saisi une cour provinciale pour obtenir l’annulation de son arrestation. Celle-ci doit se prononcer dans 24 heures, c’est-à-dire ce vendredi.

Le président Cyril Ramaphosa, qui affirme avoir « le cœur lourd » n’a pas manqué d’évoquer le caractère inédit de ces violences depuis l’avènement de la démocratie post-apartheid, faisant allusion notamment aux routes bloquées, aux pillages et aux incendies.

Le président sud-africain a toutefois rappelé que les « frustrations et la colère » exprimées avaient « des racines politiques », (et) « aucune cause ne peut justifier » ces violences.

En décidant de se livrer comme prisonnier à la police, Jacob Zuma a pris de court son beau monde, car personne ne le voit se livrer aux autorités. Il n’en tire pas de gloire, mais il n’est pas non plus humilié et le mythe Zuma continue.

ENCADRE

Stratège

En décidant de se livrer comme prisonnier à la police, Jacob Zuma a pris de court son beau monde, car personne ne le voit se livrer aux autorités. Il n’en tire pas de gloire, mais il n’est pas non plus humilié et le mythe Zuma continue.

KA

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