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Afrique de l’Ouest : Un littoral en danger

  • Publiéjuin 27, 2017

Plus largement, les infrastructures portuaires grignotent le trait de côte. Pour Ibrahima Thiam, « depuis quelques années, les projets d’infrastructures viennent bouleverser l’écosystème. Un projet de port émerge en Mauritanie qui affecterait le parc du Diawling. Des contacts ont été pris avec les autorités pour manifester notre inquiétude et en même temps offrir notre soutien pour effectuer une étude d’impact environnemental. Notre objectif est de travailler avec les gouvernements pour leur apporter notre conseil tout en tirant sur la sonnette d’alarme lorsque c’est nécessaire».

Prise de conscience

Une préoccupation partagée par Charlotte Karibuhoye : « L’enjeu est de minimiser l’impact des infrastructures. Nous avons donc intégré dans notre stratégie cette question de la réduction de celui-ci sur le littoral. Dans le cadre de la Convention d’Abidjan, un accord international engagé par le PNUE, un processus est récemment initié pour construire des normes et standards réglementant les activités d’exploitation pétrolière offshore. Nous avons été sollicités non pas pour aider directement les États, mais pour accompagner la mise en oeuvre du protocole et produire de l’expertise».

Pour El Hadji Ballé Seye, coordonnateur de programmes à l’Union internationale pour la conservation de la nature, en charge de l’appui au réseau des parlementaires d’Afrique de l’Ouest, « la plateforme agit pour une prise de conscience des décideurs à améliorer la protection de l’environnement marin et côtier. Au Cap-Vert, un concours national a été organisé par une quarantaine d’élus pour retenir un site comme une merveille de la biodiversité du pays et l’inscrire sur la liste du patrimoine mondial naturel.

En Guinée-Bissau, l’Assemblée nationale tient une réunion mensuelle sur les questions environnementales avec l’audition d’un ministre sur une problématique, comme l’exploitation de la pêche, les questions minières ou pétrolières. L’enjeu est que les députés exercent leur mission de contrôle parlementaire et de production législative. Au Sénégal, le processus d’élaboration de la loi littoral a été conduit par les parlementaires avec la direction de l’environnement et des établissements classés».

Mais cette loi littoral, qui tarde à être votée, continue à faire l’objet de pressions de la part du Réseau des parlementaires pour la protection de l’environnement au Sénégal. Le Premier ministre, Mahammed Boun Abdallah Dionne, précisait en octobre 2016 que « cette loi sera adoptée cumulativement avec la loi sur le foncier ».

La déclaration de Dakar : un littoral pour tous

À l’échelle régionale, l’Uemoa réunit en 1997 la conférence des 11 ministres de l’environnement ouest-africain. Dix ans plus tard, sera adopté le Programme régional de lutte contre l’érosion côtière en Afrique de l’Ouest.

Consacré par la déclaration de Dakar en 2011, le Plan de prévention des risques côtiers et le Schéma directeur d’aménagement du littoral ouest-africain « affirment la volonté des États de mutualiser leurs moyens pour le lancement d’une mission régionale d’observation du littoral ouest-africain».

Une avancée régionale confortée, fin 2016, à Lomé avec l’adoption du « Bilan des littoraux ouest-africain 2015 ». Si la déclaration de Dakar a mis en lumière les enjeux de privatisation des espaces publics et la nécessité stratégique de mettre en oeuvre des démarches d’aménagement spatial maritime, dans le domaine de la protection du littoral, la route est encore longue pour susciter une adhésion de tous les pays.

Écrit par
Djamila

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