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Afrique de l’Ouest et centrale

Zenith Bank demeure en tête de notre palmarès des meilleures banques d’Afrique de l’Ouest, malgré un recul de ses fonds propres de catégorie 1 : de 2,9 milliards $ l’an dernier, ils s’éta­blissent à 2,7 milliards $ cette année.

Au 3e rang l’an dernier, Ecobank Transnational se hisse au 2e rang, détrônant First Bank of Nigeria qui perd une place. Bien que les banques nigérianes ne connaissent pas une période très prospère, elles continuent de dominer notre tableau régional. Le Top 25 ouest-africain compte 16 banques nigérianes, qui figurent toutes parmi les 19 premières. Les trois autres pays qui brisent ce monopole nigérian sont le Togo, où est basé Ecobank, le Mali avec Bank of Africa, et le Gabon avec BGFI Bank.

Atlas Mara, cotée à la Bourse de Londres et dirigée par Bob Diamond et Ashish Thakkar, est l’un des nouveaux acteurs de ce marché. Fondée fin 2013, la société a déjà acquis des banques au Rwanda et au Botswana et s’intéresse à présent à l’Afrique de l’Ouest. Atlas Mara a pris une participation de 77 % dans le capital de la Banque rwandaise de développement et a investi 265 millions $ dans BancABC, présente sur cinq marchés de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC). En septembre, la holding d’investissement a porté sa participation dans Union Bank of Nigeria à 29,9 % en rachetant 20,9 % du capital détenu par Amco (Asset Management Corporation) pour 270 millions $. Amco est une filiale de la Banque centrale du Nigeria, chargée de gérer les actifs détenus par les banques défaillantes.

Le Ghana est le deuxième pays le mieux représenté dans notre classement, avec la présence de Ecobank, Standard Chartered Bank et Ghana Commercial Bank. Compte tenu du taux de croissance écono­mique actuel qu’affiche le pays, il serait étonnant que ces banques ou d’autres banques ghanéennes ne figurent pas plus haut dans les classe­ments de ces prochaines années. La baisse du seuil nécessaire pour figurer dans notre palmarès confirme la relative fragilité des banques nigérianes. Il a fallu à Access Bank Ghana 91 millions $ de fonds propres de catégorie 1 pour se hisser à la 25e et dernière place de notre classement 2013, mais seulement 81 millions $ à Afriland First Bank du Cameroun pour occuper le même rang cette année.

Le résultat des banques nigérianes et ghanéennes a été affecté par la faiblesse du naira et du cedi. L’Afrique centrale est, de loin, la région du continent la plus mal représentée dans notre classement. BGFI et Afriland First Bank sont les seules banques d’Afrique centrale au palmarès, en dépit de l’importance de la population et des abondantes ressources minières et pétrolières de la région. Le secteur privé est peu développé dans l’ensemble de la région, sauf au Cameroun. La plus grande partie de la richesse provient des sociétés minières et pétrolières.

En un an, Union Bank of Nigeria a bondi de la 15e à la 6e place du classement de la zone, passant du 47e au 21e rang dans notre hiérarchie panafricaine, suite au quasi-triplement de ses fonds propres ; ils s’élèvent à 1,21 milliard $ contre 420 millions $ l’an dernier. Qatar National Bank (QNB) a, quant à elle, acquis 12,5 % du capital de Ecobank Transnational (ETI) pour la somme de 220 millions $, avant de s’offrir 11 % supplémentaires, pour 283 millions $. Ecobank fait partie du trio de tête dans 15 pays d’Afrique. « Cette transaction consolide la stratégie d’expansion qu’a adoptée QNB ces dernières années », précise un porte-parole de l’institution qatarie. QNB a pour objectif de devenir la première banque du Moyen-Orient et d’Afrique d’ici à 2017.

Bien que l’établissement sud-africain Public Investment Corporation détienne une participation de 20 % dans le capital de Ecobank, certains craignent que le caractère panafricain de la banque ne pâtisse du fait que QNB devienne l’actionnaire le plus important. Néanmoins, Nedbank ayant récemment acquis de nouvelles actions, la participation du groupe qatari devrait être réduite. « Cette montée au capital est très complémentaire de Nedbank. QNB est du Golfe. Nedbank est du Sud. Cela pourrait aider notre institution à se développer plus vite », se réjouit le directeur général de Ecobank, Albert Essien.

Nedbank, qui avait formé une alliance stratégique avec Ecobank afin de disposer d’un vaste réseau panafricain, a octroyé en 2011 à son partenaire un prêt de 285 millions $, qu’il vient de convertir en actions. La banque sud-africaine a d’autre part injecté 206 millions $ supplémentaires. « Nous prévoyons une dilution de la participation de QNB à environ 10 %, suite à l’opération réalisée par Nedbank. La présence de QNB est un signe positif pour Nedbank dans la mesure où il s’agit d’un vote de confiance en faveur d’ETI. D’autre part, ETI pourra obtenir des fonds supplémentaires pour son expansion s’il le souhaite », a expliqué Ilan Stermer, analyste de Renaissance Capital.

« La transaction prouve que la banque est satisfaite de la manière dont le directeur général Albert Essien a su gérer la crise qui a secoué Ecobank et renforcer la structure du capital pour amorcer une nouvelle phase. D’autre part, cet investissement, ainsi que celui réalisé par Atlas Mara dans Union Bank, démontrent l’intérêt que portent les investisseurs internationaux aux banques africaines », conclut Miguel Azevedo, directeur de la banque d’investissement en Afrique chez Citi.

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