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Afrique : Accélérer sa transformation…

…se pencher sur l’épineux problème des données chiffrées, dont chacun admet le peu de fiabilité, et qui sont pourtant indispensables, ne serait-ce que pour identifier les secteurs d’activité à cibler prioritairement – « les poches qui marchent » –, les acteurs les plus pertinents, la réalité de l’activité, le chiffre d’affaires, et la capacité à oeuvrer utilement, à l’intégration de chaque région.

L’Afrique n’a pas atteint aujourd’hui le seuil technologique lui permettant de rivaliser avec les géants mondiaux. Il faut commencer par les biens de consommation courante, comme les produits du secteur agroalimentaire.

Et procéder, sous l’égide de l’UA qui y travaille dès à présent, à la création d’un système de paiement panafricain suffisamment fiable pour garantir l’effectivité des transactions. L’UA travaille également à la création d’un système de suivi de l’évolution des barrières non-tarifaires et d’un observatoire des échanges intra-africains.

Les accords de création de la ZLEC ne sont pas gravés dans le marbre. Un délai raisonnable de deux ou trois ans est attendu pour juger des premiers résultats et des adaptations nécessaires qu’il convient d’ajouter au traité. Enfin, l’UA aidera au développement des infrastructures sans lesquelles aucun commerce continental n’est possible.

Le poids des fonds souverains

On le sait, pas de commerce sans acheminement des marchandises. Aussi, comment faire face aux lourds investissements pour financer l’indispensable réseau d’infrastructure dont l’Afrique manque aujourd’hui de manière criante ? Le continent pourtant ne manque pas d’argent.

Pour autant, le recours massif aux importations de biens de consommation dû précisément à son manque d’industrialisation provoque une évasion non moins massive de ses capitaux disponibles vers d’autres continents. Une alliance des fonds souverains africains pourrait renverser la tendance, suggère l’initiative AfroChampions. Nul besoin de commencer par des projets démesurés.

Il suffit d’enclencher le mouvement du cercle vertueux, en commençant par favoriser l’émergence de marchés locaux au moyen de nouvelles infrastructures. Les premiers bénéfices favoriseront la poursuite de ce mouvement, et ainsi de suite. La libéralisation du ciel et la création d’un marché unique du transport aérien africain prévu par le programme SAATM – toujours sous l’égide de l’UA et sur la mise en oeuvre duquel 23 pays africains se sont engagés à ce jour, va également dans ce sens.

Le levier de l’économie numérique

Ce grand mouvement d’ensemble qui vient de s’amorcer, permettra-t-il enfin à l’Afrique de rattraper son retard, et de rejoindre enfin le train de l’économie mondialisée ? Certains de ses handicaps peuvent se transformer en opportunités d’inventer un modèle de développement nouveau, original et spécifique, différent de ceux des pays industrialisés dont elle n’aurait pas à corriger au préalable les erreurs et les excès, en matière d’environnement notamment.

D’autant que l’Afrique peut tirer profit des avantages de la révolution numérique qui lui permettent d’éviter de passer par les stades intermédiaires des révolutions industrielles du passé. Là encore, la création d’un marché unique africain du numérique va devoir affronter de nombreux défis.

À commencer par celui des coûts d’investissement. Car le secteur du numérique, s’il favorise le commerce pour la virtualité des échanges et des transactions, n’en repose pas moins sur des réseaux d’infrastructures physiques dont la construction doit être financée. Mais seul ce marché unique permettra à l’Afrique de prendre son destin en main en maîtrisant la réduction des coûts de fonctionnement.

Aujourd’hui, les transactions africaines passent le plus souvent par des plateformes étrangères, dont les tarifs annulent parfois les bénéfices de rapidité et de compétitivité que le numérique est censé apporter. C’était l’un des principaux sujets abordés en mai au Transform Africa Summit de Kigali. La ZLEC, pour être opérationnelle, devra être « intelligente ». Pour parvenir à dynamiser l’économie numérique en Afrique, et pour qu’en retour, en un cercle vertueux, l’économie numérique aide à faire que la ZLEC soit demain une réalité.

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