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Africa50, la vocation d’un fonds

Trois questions à…

Amadou Kane, conseiller spécial du président de la BAD

Un montant de 3 milliards $ avait été annoncé lors du lancement d’Africa50 en 2013. Est-on à la hauteur des ambitions ?

Amadou Kane

L’ambition du fonds dans une période assez courte, un ou deux ans après sa création, est de rassembler 3 milliards $, et de mobiliser 10 milliards à moyen terme. Trois milliards constituent des ressources propres : les contributions des actionnaires. Il ne s’agit pas de dettes. Pour atteindre cette somme, la stratégie se fera par étapes. La démarche a consisté à dire : « Donnons de la crédibilité à ce projet africain en montrant que les Africains croient en l’Afrique. » Nous avons réuni 830 millions $ dans le premier tour de table. C’est un des montants les plus élevés pour ce type d’opération. Africa Re, Afreximbank et Shelter Afrique n’avaient pas attiré autant de pays et de souscriptions. L’Afrique croit à ses projets et a mis sur la table 830 millions $ alors que l’on s’attendait à 500 millions ! Cette première phase a été un succès, a créé un mouvement pour crédibiliser le projet Africa50, le rendre plus attrayant, notamment aux autres pays africains et rassembler plus d’arguments en direction d’institutionnels ciblés tels que les compagnies africaines, les sociétés d’assurances, les fonds souverains et encore plus les privés, les fonds d’investissement mais également en dehors de l’Afrique des actionnaires prêts à investir dans un véhicule crédible.

Comment comptez-vous attirer les autres pays membres qui n’ont pas participé au premier round, comme l’Afrique du Sud, l’Algérie, etc.?

L’Afrique du Sud viendra à travers ses institutions spécialisées. À ce niveau, une démarche est engagée qui s’apparente à celle engagée auprès des investisseurs de la classe C (privés) plutôt que de l’approche vers un État. Cette entrée de l’Afrique du Sud fait l’objet d’un suivi rapproché. On en parlera d’ici à la fin de l’année avec des indications claires et précises et des actions concrètes pour le closing. Pour l’Algérie, qui étudie le dossier actuellement, nous sommes en attente de sa position finale. Le Maroc accueille le siège. L’Égypte participe. Nous avons d’autres manifestations d’intérêt mais pour des raisons techniques liées à des problèmes d’inscription budgétaire, certains pays étant dans un cycle budgétaire différent, ils vont s’adapter pour participer au deuxième closing.

Pour ces projets menés sous forme de PPP, souvent coûteux, demander une rentabilité immédiate n’est-il pas ambitieux ?

Ce n’est pas ambitieux. Déjà, des projets ont fait l’objet de financement dans le secteur de l’énergie, au Nigeria ou au Togo ; dans le secteur des routes au Sénégal, des ponts comme le pont Bédié en Côte d’Ivoire. Ce sont des infrastructures qui sont rentables, nécessaires, structurantes qui contribuent à créer des conditions pour accélérer la croissance et dégagent une rentabilité suffisante qui, d’ailleurs, est la raison de l’intérêt que portent les privés. Et nous bénéficions de l’expertise et de l’expérience de la BAD. La Banque a investi ces dernières années un financement direct de 3 milliards $ ayant permis d’abonder des projets d’environ 30 milliards $. L’effet de levier est important. Nous espérons parvenir à des niveaux de mobilisation aussi importants du fait de la qualité de choix des projets, des pays, du montage financier public et privé qui tienne compte de la participation d’autres opérateurs, à la fois des institutions, le secteur privé ou des fonds d’investissement étrangers, de plus en plus intéressés par l’Afrique.

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