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Africa 2017 : Un rendez-vous trois fois gagnant

En Afrique de l’Ouest, on les appelle les « Repats ». À Abidjan, Fabienne a ouvert un café à l’européenne, où le client peut passer la journée pour se détendre ou travailler, tout en consommant des produits locaux. « Les Ivoiriens ne sont pas habitués à ce type d’espace, qui petit à petit, rentre dans les moeurs », explique la jeune entrepreneuse qui a fait de sa double culture un atout pour monter son projet. L’an prochain, lors de la troisième édition à Paris, peut-être Laure expliquera-t-elle devant un panel comment elle a réussi à marier dans son échoppe le design européen et le café ivoirien et le ghraïba tunisien. Pour la prochaine édition africaine dans deux ans, le Sénégal est plébiscité pour accueillir les Rencontres Africa.

ENCADRE

Trois questions à…

Marc Hoffmeister, commissaire général des Rencontres Africa

En quoi les Rencontres Africa sont-elles différentes des nombreux autres événements à visée économiques ?

Il ne s’agit pas d’un événement institutionnel, comme a pu l’être le Sommet de l’investissement qui s’est déroulé à Tunis, en novembre 2016. Les Rencontres ont pour but de faire des affaires, ou plutôt de tisser des liens avec de potentiels partenaires. C’est pour cela que le plus important pour nous, ce n’est pas les personnalités présentes, même si nous sommes honorés que trois Premiers ministres aient ouvert la session à Tunis, mais le nombre de rendez-vous entre les entrepreneurs. Et avec près de 4 500 rendez-vous B2B officiels, mission accomplie !

L’économie africaine est-elle réellement en train de se transformer ?

Les fondamentaux de l’économie africaine ne vont pas disparaître. Par exemple, en Tunisie, la production et l’exportation de phosphate resteront un secteur stratégique. Mais ce qu’il faut comprendre, ce que les emplois de demain ne seront plus dans les matières premières. L’emploi dans le phosphate en Tunisie, par exemple, C’est fini. Nous misons sur les entreprises. Pas les grands groupes qui sont déjà implantés en Afrique, mais les PME françaises qui peuvent trouver des partenariats avec des sociétés africaines dans des secteurs innovants. Qui auraient parié sur le e-commerce sur le continent voici dix ans ? Maintenant, on peut payer avec son téléphone au Kenya. Pour cela, les entreprises du CAC 40 doivent être plus « partageuses ».

Quelles sont les prochains marchés, les nouvelles tendances économiques à venir ?

On observe déjà une tendance lourde vers les marchés anglophones de l’Afrique de l’Est. La nouvelle génération d’entrepreneurs est davantage bilingue que la précédente. La Côte d’Ivoire est également un marché à fort potentiel car le pays est en période de post-crise politique. Je voudrais aussi que l’année 2018 soit celle où l’on mette en avant la diaspora. Elle peut servir de d’intermédiaire entre les entreprises françaises et le tissu local. Elle favoriserait les partenariats pour voir plus grand : il vaut mieux être à 50 % dans un projet qui fonctionne, qu’à 100 % dans un projet voué à l’échec.

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Abidjan fait la promotion du secteur privé

Les autorités ivoiriennes ont vanté l’apport du secteur privé pour maintenir la croissance économique (8 % à 9 % l’an), lors des réunions du 2 au 3 octobre à Abidjan. Réunion qui vise à « relancer les échanges entre la France et l’Afrique dans le secteur privé », a déclaré le vice-président ivoirien, Daniel Kablan Duncan. Pour qui la réunion constitue « une marque de confiance et de reconnaissance des efforts du gouvernement ivoirien pour faire du secteur privé le moteur de la croissance économique ».

Si les défis demeurent « complexes et urgents », la mise en oeuvre des plans d’émergence et les réformes profondes ouvrent de bonnes perspectives et la Côte d’Ivoire peut se positionner comme une porte d’entrée pour les opérateurs économiques français.

Le vice-président a remis un trophée d’honneur à Grégory Clemente, directeur général de Proparco, pour saluer les 40 ans d’engagements de cette institution en Côte d’Ivoire. Gilles Huberson, ambassadeur de France, a salué la participation d’environ 400 entreprises françaises et 500 représentants du secteur privé de l’Hexagone qui ont été à la base de plus de 3 000 rencontres B to B enregistrées. L’ambassadeur a invité les investisseurs « à croire en l’Afrique et au potentiel de développement de nos relations commerciales et industrielles ». Et de lancer au secteur privé français : « Osez l’Afrique ! Nous vous y aiderons. »

Égrenant les questions qui ont fait l’objet de discussion, le ministre de la Défense, Hamed Bakayoko, a salué la qualité des échanges sur la transformation de la chaîne des valeurs agricoles et agroalimentaires à l’échelle locale et régionale, le mix énergétique pour une croissance durable et inclusive. Chacun reconnait la pertinence des débats sur la formation de la jeunesse pour l’employabilité et l’entrepreneuriat, en vue de faire face aux défis de l’avenir et des financements innovants pour soutenir le secteur. C.K.

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