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African Banker

Afreximbank finance le groupe OCP

Le producteur marocain de phosphates OCP reçoit une facilité de prêt d’Afreximbank, qui inaugure là un partenariat nouveau avec le Maroc. D’autre part, OCP espère encore un revirement de dernière minute dans le dossier des taxes américaines.

Par Marie-Anne Lubin

Le chaud après le froid. Après sa déconvenue américaine, le groupe OCP reçoit un renfort de poids, celui de la Banque africaine d’import-export. L’Afreximbank a signé une facilité de prêt à terme de 350 millions de dollars, sur sept ans, destinée au leader mondial du phosphate et de la production d’engrais. Cette facilité soutiendra les plans d’expansion du groupe marocain en Afrique.

Le président d’Afreximbank, Benedict Oramah, a déclaré qu’à travers ce partenariat avec un acteur majeur de l’industrie des engrais, fortement implanté en Afrique, « Afreximbank s’acquitte de son mandat, qui consiste à faciliter le développement des exportations sur le continent et à promouvoir le commerce et les investissements intra-africains ».

Selon diverses voix, aux États-Unis, les situations d’urgence, comme aujourd’hui la crise sanitaire, montrent que de multiples sources de produits phosphatés sont nécessaires pour assurer la fiabilité de l’approvisionnement et pour répondre aux besoins logistiques des agriculteurs américains.

« Il s’agit d’une opération importante qui soutient le développement de la capacité agricole de l’Afrique. Les produits du groupe OCP, qui sont adaptés aux besoins des agriculteurs africains, vont permettre une amélioration substantielle de la capacité du continent à être compétitif sur les marchés agricoles internationaux », a souligné « Professeur Oramah ».

Qui précise que cette facilité a également une valeur symbolique, dans la mesure où « elle marque le début d’une relation productive et étroite entre Afreximbank et le groupe OCP ». Benedict Oramah se déclare « ravi d’annoncer cette facilité » qui se trouve être la première démonstration « des relations solides qu’entretiennent la Banque et le Maroc ».

Une stratégie validée

Le groupe OCP est engagé depuis plusieurs années dans une stratégie d’expansion en Afrique. Loin de vouloir imposer des produits standardisés à toute force, il tente au contraire de coller au plus près des besoins de ses clients agriculteurs et agro-industriels, afin de leur permettre de monter en gamme. La puissance du groupe tient davantage dans sa force de proposition et de R&D.

En tant qu’acteur africain, il s’est engagé à développer la coopération Sud-Sud, en plaçant l’Afrique au cœur de son plan de croissance pour contribuer à renforcer l’ensemble de l’écosystème agricole africain, en fournissant au continent les bonnes quantités et qualités d’engrais. Voilà qui rejoint la mission d’Afreximbank visant à faire progresser le commerce régional en Afrique. Dans ce cadre, la banque privilégie ses soutiens aux activités des multinationales africaines surnommées « Champions du commerce intra-africain » – reflétant leur statut d’acteurs clés dans l’expansion et l’accélération du commerce intra-africain.

D’autre part, OCP n’a pas dit son dernier mot dans l’affaire qui l’oppose à la compagnie américaine Mosaic, croit savoir la presse spécialisée. Sans surprise, l’ITC (International Trade Commission) a confirmé, le 11 mars, l’application de droits compensateurs de 19,97% sur les engrais phosphatés en provenance du Maroc. Le changement d’Administration à la tête des États-Unis n’a donc pas modifié la donne. Ce droit « compense » les subventions reçues par une entreprise privée de la part de son pays d’origine.

Du côté marocain, cette décision passe mal. Elle intervient en dépit des arguments présentés par le groupe OCP, qui conteste l’importance des aides publiques reçues. Il a maintes fois fait valoir du soutien des producteurs agricoles américains (qui de facto, paieront leurs engrais OCP plus chers), tandis que des parlementaires ont aussi refusé de donner raison à Mosaic, jugeant le marché des engrais phosphaté peu concurrentiel.

Hausse des prix aux États-Unis

Dans leur lettre conjointe adressée à l’ITC, les trois associations américaines qui soutiennent l’OCP, déclarent : « Les droits compensateurs sur ces importations auront un impact négatif sur la disponibilité des engrais phosphatés aux États-Unis et affecteront négativement la production agricole et les moyens de subsistance des agriculteurs. »

De plus, soulignent diverses voix aux États-Unis, les situations d’urgence, comme aujourd’hui la crise sanitaire, montrent que de multiples sources de produits phosphatés sont nécessaires pour assurer la fiabilité de l’approvisionnement et pour répondre aux besoins logistiques des agriculteurs américains. Ils font observer que depuis le début du bras de fer avec OCP, les prix ont bondi de quelque 25%…

Autant d’arguments qui pourraient, in fine, faire pencher la balance en faveur du producteur, espère-t-on encore du côté marocain. En effet, l’ITC doit publier son avis définitif et argumenté d’ici le 13 avril. Un mince espoir, donc, qu’entretient OCP en continuant à fournir le marché américain, en dépit des contraintes financières. En cas d’échec, il sera difficile au groupe marocain de maintenir sa présence sur un marché qui a représenté 2 milliards de dollars, entre 2017 et 2019.

ML

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