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Abderrezak Trabelsi et les banques

Au début des années 2000, après avoir démissionné de la Satim, il s’engage dans un tout nouveau défi : l’implantation du leasing en Algérie, via la Arab Leasing Corporation (ALC), banque privée à capitaux algériens et étrangers (dont des fonds saoudiens).

« Alors que la réglementation ne permettait pas de telles pratiques, je suis allé voir le ministre des Finances, Abdelatif Benachenhou, et me suis engagé à prendre le risque si, d’ici deux ans, il s’engageait de son côté à changer les textes. L’ALC a été créée en octobre 2001, nous avons obtenu l’agrément en février 2002 et les premiers contrats ont pu être signés en mai 2002. Deux mois plus tard, la loi de Finances complémentaire prenait en compte les dispositions pour lever les obstacles au leasing. »Il ajoute : « Nous avons réussi parce que le secteur privé commençait à monter en puissance, or le leasing reste le moyen de financement privilégié de la PME. »

De cette expérience, Abderrezak Trabelsi a tiré une leçon : ne pas tout attendre de l’État, dont le rôle est de fixer un cap, et se constituer en force de proposition. Il prend en exemple le débat sur la relance du capital-investissement : « L’enjeu dépasse le capital-investissement : on est en train de parler de la relance de tous les marchés financiers. Alors oui, c’est à la Commission d’organisation et de surveillance des opérations de Bourse de donner le tempo, c’est à l’État de montrer l’exemple en introduisant en Bourse 10 % du capital des banques et des entreprises qui marchent bien, dans la téléphonie ou le secteur énergétique. Aujourd’hui, faire coter des entreprises publiques en Bourse n’est plus un tabou, mais c’est aux acteurs du terrain de prendre des initiatives ! », poursuit-il.

En septembre 2014, la Cosob a annoncé que huit entreprises publiques (le CPA, trois cimenteries du groupe industriel des ciments d’Algérie, la compagnie d’assure CAAR, Cosider, l’entreprise Hydro-aménage- ment et Mobilis) feraient leur entrée en Bourse.

En 2008, fatigué par les contraintes de la gestion, Abderrezak Trabelsi quitte le milieu de l’entreprise pour de nouvelles missions, comme le consulting, et de nouveaux projets, comme la création d’une société de leasing entre une banque locale et des institutions. Jamais très loin de ce secteur public qui l’a peut-être façonné.

« Mais il ne faut pas confondre secteur public et idéologie, nuance-t-il. Le secteur public m’a formé comme il a formé toute une génération de cadres, ce que le secteur privé, encore trop jeune, ne pouvait pas faire. Et j’espère que ce secteur public restera fort, avec une gouvernance renouvelée. Les 30 ans d’idéologie qui ont formaté les gens, c’est autre chose. Je me souviens, dans les années 1970, à l’université, on n’enseignait pas la monnaie ! Tout ce qui n’était pas Marx et Lénine ne comptait pas. Et quand les choses ont commencé à dégeler, on s’est retrouvé face à un manque de compétences, il n’y avait personne pour enseigner ! »

Des anecdotes, dans le porte- feuille d’Abderrezak Trabelsi, ce n’est pas ce qui manque. Il pourrait même en écrire un livre. « Écrire ? Oui, j’y pense, confie-t-il dans un sourire. Mais j’assimile l’écriture à une fin de carrière, alors je retarde l’échéance… ».

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