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Transport

Infrastructures : Les défis gabonais

Entre désenclavement régional et ouverture sur le monde, le Gabon a fait du développement des transports une priorité.

Dossier réalisé par Marie-France Réveillard. En partenariat avec Économie+ Gabon. Photos : Cédric Aboghé, sauf mention contraire.  

Doté de 10 000 km de routes principales, dont 10 % seulement sont bitumées selon le ministère des Transports (2016), le Gabon pâtit d’un manque d’infrastructures routières qui pénalise fortement l’économie.

Pendant la saison des pluies, les axes principaux deviennent impraticables et le transport des marchandises devient une véritable expédition, impactant directement les prix à la consommation. Afin de répondre à ce défi majeur, l’État vient de mettre en chantier un vaste programme de réhabilitation des axes routiers.

Pour réduire l’engorgement et les délais d’attente, le Gabon s’est doté d’un nouveau terminal portuaire, inauguré en grande pompe en octobre 2017.

Entre 2009 et 2014, le transport terrestre a connu une augmentation significative de 96 %, résultat d’investissements massifs. Cependant, malgré ces avancées, les besoins sont loin d’être comblés.

Le 28 février, la Primature a accueilli une rencontre avec l’Agence nationale des grands travaux d’infrastructures (ANGTI), – qui a récemment fait l’objet d’une vaste réorganisation interne – afin d’optimiser ses prérogatives dans un souci de transparence, pour apporter des solutions pérennes au développement du réseau routier.

Conformément à la stratégie de diversification engagée par l’État, le développement des infrastructures routières est devenu une priorité nationale. Le programme de désenclavement régional inscrit dans la vision « Gabon émergent » relève aujourd’hui le défi des infrastructures routières, en s’appuyant notamment sur les partenariats public-privé.

L’ANGTI s’est penchée sur les travaux de l’axe PK5-PK12 gérés par Colas, avec l’appui de la BDEAC, et a procédé à l’évaluation des appels d’offres des sociétés chinoises, candidates à la réhabilitation et à la construction de trois tronçons (Ayem Agoula-Nsile, PK 12-Nsile et Pont de la Bokoué-Nsile) pour un budget de 78 milliards de F.CFA (119 millions d’euros). Début juin, Colas a annoncé la reprise des travaux du tronçon PK5-PK12 et la filiale de Bouygues s’est engagée à terminer les travaux d’ici à septembre 2018.

Quel avenir pour le Transgabonais ?

Créé en 1978, le Transgabonais est composé d’une ligne de 669 km et relie le port minéralier d’Owendo, situé en périphérie de Libreville, à Franceville. Sa vocation repose essentiellement sur le transport de ressources minéralières et sur le transport de marchandises.

À l’origine, le Transgabonais était géré l’Office du chemin de fer transgabonais (Octra), avant d’être privatisé en 1999. Depuis 2003, son exploitation, prise en charge par la Société d’exploitation du Transgabonais (Setrag) du groupe Eramet est déficitaire.

Ce projet colossal qui a coûté près de 1 500 milliards de F.CFA (environ 2,3 milliards d’euros) à l’origine, pâtit aujourd’hui d’un entretien aléatoire. De plus, avec la densification du trafic liée à l’augmentation du tonnage, il ne suffit plus à écouler la production d’extraction minière. En février, le ministre d’État, en charge des Travaux publics, Jean Pierre Oyiba, le ministre des Transports, Estelle Ondo et Patrick Claess, directeur général de la Setrag se sont penchés sur les écueils du Transgabonais qui limitent les déplacements des passagers tout comme les activités des opérateurs économiques.

Par manque d’entretien, « le cycle naturel de vie reprend le dessus. D’où des zones de marécages et les lacs renaissent là où la contrainte humaine les a fait disparaître », a déploré la ministre en charge des Transports. Le gouvernement gabonais cherche aujourd’hui à mobiliser quelque 200 milliards de F.CFA pour la réhabilitation de ses chemins de fer dont les travaux devraient s’achever d’ici à 2021.

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