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Transport

Cotonou face à la pénurie de transports

L’initiative Bénin-taxi 

Pour autant, Benafrique ne baisse pas les bras, avec ses nouveaux bus Mercedes (verts et blancs pour les non-climatisés et roses pour les climatisés), l’entreprise se lance dans la location ciblée.

Que ce soit les ambassades à Cotonou, les universités ou les grands événements, la clientèle préfère des transports ponctuels. Mais pour son promoteur, aucun doute, « la solution pour Cotonou passe par les grands bus pour désengorger la ville et réduire la pollution ». 

Ouidah, Porto-Novo, Parakou, Abomey, Calavi, Bohicon et même à Natitingou dans l’extrême nord du pays, le projet a connu une rapide extension en deux ans.

Sa niche, les touristes et les jeunes entrepreneurs qui, pour des raisons de sécurité et de confort, préfèrent se passer des mototaxis. Une priorité du gouvernement dès l’arrivée de Patrice Talon au pouvoir, ces taxis jaunes avec Wifi et climatisation pallient un manque.

Le pays ne disposait pas de compagnies de taxis urbains. Et le volet emploi a motivé l’accélération du projet. Sauf que le coût moyen de la course, 2 000 F.CFA (3 euros), reste dissuasif pour la majorité de la population.

Si grâce à 300 véhicules du projet Bénin-Taxi mis en circulation, le gouvernement a créé une vague d’auto-emplois, les résultats attendus sont encore loin d’être atteints d’autant que seuls 40 % des conducteurs honorent régulièrement l’engagement de remboursement des véhicules. 

Une application pour les mototaxis 

Le projet prévoit un fonds dépendant des remboursements et permettant, au bout de quelques années, d’acquérir de nouveaux véhicules. Lors des récentes violences post-électorales que le pays a connues, des badauds s’en sont pris à Bénin-taxi, incendiant plusieurs dizaines de véhicules.

Pourtant, le projet a permis la création de plus de 700 emplois directs et indirects et surtout, selon le directeur du Centre de partenariat et d’expertise pour le développement durable (Ceped), « il a augmenté l’attractivité touristique ». À African Business, Assan Séibou confirme « l’extension prochaine du projet pour atteindre toutes les moyennes, petites et grandes villes du pays ».

Si Bénin-Taxi répond aux besoins d’une certaine élite, il ne permet pas de réduire les embouteillages, principaux handicaps de la circulation urbaine à Cotonou. 

Zempexpress. Une « ubérisation » des zémidjans, proposée par la start-up MobileLab, donne un coup de pouce technologique aux mototaxis. Dans un bureau au centre de Cotonou, une petite équipe reçoit de multiples coups de fil.

Instantanément et grâce à l’application, elle met en lien des conducteurs de mototaxi et des usagers. Cette start-up ne permet pas seulement de commander une moto pour son déplacement mais aussi se faire livrer en un temps record, un colis. Sa force ? Les mototaxis peuvent, dans un pays en déficit d’infrastructures routières, accéder aux coins les plus reculés de la ville. 

À l’instar de certains pays voisins, le Bénin doit se doter en urgence d’un réseau de transport urbain collectif adapté. Un méga plan de création de réseaux de transports urbains est prévu dans le Programme d’action du gouvernement, qui qui devrait, dans un premier temps, prendre en compte Cotonou, Porto-novo et Parakou, la seconde ville du pays.

Car tout comme la capitale économique, les principales villes du pays font face aux mêmes difficultés, c’est-à-dire l’absence totale de transports urbains collectifs. 

Aussi, la mairie de Cotonou réfléchit-elle « à la meilleure manière de faire face à la situation », un défi d’autant que la grande agglomération urbaine regroupant le centre ville, Godomey et sa banlieue Calavi, abritent près de trois millions d’habitants sur les douze millions que compte le pays. 

En attendant et à cause des embouteillages, chaque habitant de Cotonou devrait continuer à perdre environ 55 minutes en moyenne chaque jour pour se rendre à son lieu de travail. Un manque à gagner énorme pour l’emploi.

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