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Transport

Côte d’Ivoire : Amadou Koné ministre des Transports

D’ici à 2020, tout le monde pourra constater qu’il n’y a plus de dysfonctionnements dans le transport à Abidjan ! Tel est l’objectif. Mon ministère est aussi attentif au transport multimodal ; depuis avril 2017, les nouvelles sociétés de bateau-bus ont commencé à exploiter le plan lagunaire en vue de faciliter la circula­tion de nos concitoyens.

Cette modernisation du transport bénéficie-t-elle à l’intérieur du pays ?

Le problème est différent. Hors Abidjan, nous avons affaire à beaucoup plus de véhicules de deux ou trois roues. Avec la réforme du permis que nous portons, il faut d’abord s’assurer que les autorisations pour conduire des motos d’une certaine puissance sont effectives. Nous devons donc beaucoup sensibiliser sur les textes, sur la sécurité routière. J’entends ouvrir des délégations de l’OSER à l’intérieur du pays. Dans les grandes villes, nous créerons un système calqué sur celui d’Abidjan avec des taxis-compteurs et des autobus de la Sotra.

Trois compagnies de transport lagunaire, n’est-ce pas un peu trop pour la ville d’Abidjan ?

Vous ne connaissez pas la lagune d’Abidjan…

Sans doute…

Elle touche toutes les dix communes de la ville. Le transport lagunaire est le mode de transport à Abidjan pour passer rapidement d’une commune à une autre. De notre point de vue, il faut densifier la circulation sur la lagune et avoir des correspondances bien organisées avec les autres types de transport, notamment les taxis et les bus de la Sotra. Notre ambition est de faire en sorte qu’avec un ticket unique, vous puissiez prendre le train, le bus, le bateau-bus pour aller à votre destination.

L’aéroport d’Abidjan veut devenir un « hub » pour l’Afrique de l’Ouest, qu’en est-il de cette ambition ?

En réalité, aujourd’hui en Afrique de l’Ouest, l’aéroport d’Abidjan est un des hubs. Abidjan « pesait » 600 000 passagers en 2010, l’aéroport devrait dépasser le cap de 2,1 millions de passagers fin 2017. Du fait de la crise, nombreuses sont les compagnies qui étaient parties d’Abidjan et qui, aujourd’hui, sont de retour. Air Côte d’Ivoire est la compagnie de référence en Afrique de l’Ouest, elle dessert vingt destinations, soit autant de capitales, et monte en puissance. Oui, nous travaillons à faire en sorte qu’Abidjan devienne le principal hub en Afrique de l’Ouest ! Pour cela, l’État continuera de soutenir Air Côte d’Ivoire, rendra l’aéroport encore plus compétitif, par de nouveaux inves­tissements. Des travaux sont en cours…

Quelle est la situation des ports ivoiriens, hier désertés à cause de la crise de 2010 ?

Le sujet, aujourd’hui, que ce soit Abidjan ou San-Pedro, est la congestion de nos ports. Nous sommes en train de réaliser un investissement de 850 milliards de F.CFA (1,3 milliard d’euros) au port d’Abidjan. L’État a signé avec un partenaire privé (MSC) un accord de 120 milliards de F.CFA (183 millions d’euros) d’investissements pour le port autonome de San-Pedro. Il va signer bientôt pour 186 milliards de F.CFA (283,6 millions d’euros) d’investissements, encore à San-Pedro.

Il nous faut aller vite, parce que nos ports commencent à être dépassés, pour deux bonnes raisons : la croissance économique est forte dans la région et le dynamisme de la Côte d’Ivoire ne se dément pas. Les ports d’Abidjan et de San-Pedro ont repris leur place, mais ils sont devenus petits face aux volumes de marchandises. En 2010, ils représentaient 17 à 18 millions de tonnes pour le port d’Abidjan ; en 2016, nous étions à 22 millions de tonnes. En 2018, rien que les cimentiers pourraient drainer 25 millions de tonnes de marchandises ! En 2019, le port d’Abidjan sera compétitif, car les grands travaux seront achevés.

À San-Pedro, notre ambition est de finir, en 2022, la construction du terminal commercial polyvalent pour que ce port devienne le premier port de transbor­dement en Afrique de l’Ouest et centrale. Nous avons aussi cet important projet « d’aéro-cité » à Abidjan et à San-Pedro. Dans cette optique, nous allons construire un deuxième aéroport international à San-Pedro.

Certains craignent la construction d’infrastructures bas de gamme qui ne résistent pas à l’épreuve du temps…

Le gouvernement en est conscient. Le ministre des Infrastructures a tenu des réunions avec les différentes entreprises. Il nous a assuré que les routes seront de meilleure qualité. Il entend sévir en ce qui concerne le comportement des uns et des autres par rapport à l’utilisation de la route. On a investi beaucoup dans la construction des routes, on dépense beaucoup dans leur entretien. Malheureusement, ces routes sont malmenées. Sans doute, des entreprises qui ont conçu et qui ont réalisé ces routes ont leur part de responsabilité, elles n’ont pas été à la hauteur, mais nous devons dénoncer aussi l’incivilité de nos concitoyens sur les routes.

Quels seront les transports de la Côte d’Ivoire de l’après-2020 ?

Un transport collectif de qualité : un transport de masse et propre. Après avoir corrigé les déséquilibres en matière de réalisations des infrastructures de trans­port – tel est le sens de tous ces investissements dont nous avons parlé –, nous devons, après 2020, aller vers un transport moderne qui soit adapté aux exigences de protection de l’environnement. Il nous faut aussi démocratiser l’usage des transports en commun

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